16-12-2007 13:38 - Non à l'oubli: hommage à Ten Youssouf gueye
Hommage à ten Youssouf Gueye
La politique négationniste du régime d'exception des années 80 et 90 à l'encontre de la communauté négroafricaine de Mauritanie a privé l'Afrique et le monde de l'un des plus grands écrivain et historien du 20 siècle.
Le seul écrivain francophone de Mauritanie fut l'une des premières victimes de la barbarie raciste du régime déchu génocidaire de ould taya. C'est là sans doute l'une des pages les sombres de l'histoire de la Mauritanie contemporaine.
Pour des raisons de protestation contre une inégalité criante entre les composantes du pays et la réclamation légitime de plus d'équité, de justice et de partage du pouvoir, des intellectuels négromauritaniens peulh furent arrêtés et déportés vers le fort de oualata, ville historique devenu tristement célèbre depuis cet événement.
Ten youssouf gueye faisait partie de ses illuminés citoyens qui sont les premiers à indexer les dérives du pouvoir arbitraire et génocidaire du dictateur de Nouakchott. Et il fut aussi l'un des premiers martyrs de ce système odieux qui a incarné pendant deux décennies une politique d'exclusion, de torture et de négation de toute la composante noire du pays et dont les conséquences se feront ressentir plusieurs années encore.
Ten Youssouf gueye est un illustre homme du fouta connaisseur des traditions africaines sorti de l'école William ponty du Sénégal, il fut l'un des premiers cadres de la Mauritanie contemporaine. Après avoir enseigné des années durant en Mauritanie, il mena une brillante carrière diplomatique en Belgique, aux USA, et fut également responsable de l'OTA (office du tourisme africain).
Historien de son temps il parlait avec aisance aussi bien de l'occident que de l'Afrique. Littéraire, sa plume était l'une des plus belles d'Afrique et sa voix rassurait tous ceux qui l'écoutaient dans ses innombrables conférences très enrichissantes et édifiantes.
Né un jour de 1928 à Kaedi au sud de la Mauritanie, tene a fortement marqué la culture négro africaine de Mauritanie à travers ses émissions à la radio mauritanienne au début des années 80. l'histoire de notre chère vallée n'avait aucun secret pour lui. Et il décrivait aisément toutes les œuvres grandioses des figures historique du fouta, de la province du toro jusqu'au confins du guidimakha.
Grâce à lui, le sud mauritanien, que les régimes racistes successifs ont voulu gommé restera connu dans le monde entier. Le lecteur qui fini de lire son essai:" quelques aspects du sud mauritanien" a tout de suite envie de voyager dans les contrées du fouta et de découvrir les beaux paysages et les paisibles habitants de cette partie verdoyante de la Mauritanie.
Malheureusement, ce beau sud mauritanien au bord du fleuve Sénégal qui l'a vu naître et qu'il aimait décrire passionnément dans ces écrits fut meurtri, humilié, détruit assiégé par des troupes racistes à la solde du criminel ould taya et ses acolytes durant les années de braises. Car après sa dispartion tragique, d'autres innocents perdront encore et encore leurs vies pour rien. la barbarie des racistes beydhane fera plusieurs victimes et les forêts du sud mauritanien sont encore parsemés de fosses communes où d'innocents villageois attendent toujours que la justice fasse son travail.
Cependant ce beau sud et ses paisibles habitants que tene aimait bien décrire dans ses belles oeuvres littéraires notamment dans son roman "rella ou les voies de l'honneur" ou dans "à l'orée du sahel", relèvera sans doute tous les défis, grâce à l'éveil qu'il a suscité et le courage qu'il a semé…
Aujourd'hui encore 20 ans après sa disparition, le fouta pleure ses fils pendus et fait encore son deuil d'autant plus que ses bourreaux ne regrettent rien et ne veulent ni expliquer leur ignoble geste, ni demander pardon.
Tene, tes œuvres méritent d'être enseigner dans les écoles pour que les jeunes mauritaniens apprennent ensemble à se découvrir et à s'aimer mais aussi pour que ceux qui veulent nous alliéner saches que nous avons une identité, une histoire, des traditions millénaires et une culture solide.
Tene youssouf gueye ton corps est resté à oualata mais ton âme est parmi nous, elle vit en nous, elle est en tout citoyen épris de paix et de justice: tu n'es pas mort pour rien, car la lutte continue. Que ton âme repose en paix. Non à l'oubli.
