19-12-2007 22:27 - 2007: Année la plus mortelle pour les journalistes

2007: Année la plus mortelle pour les journalistes



Le nombre de journalistes tués en 2007 a été exceptionnellement élevé, ce qui en a fait l'année la plus mortelle pour la presse en plus d'une décennie, selon une analyse du Comité pour la protection des journalistes (CPJ) basé à New York.

Dans un document transmis mercredi à la PANA, le CPJ indique que 64 journalistes ont été tués dans le cadre direct de leur travail en 2007, contre 56 l'année dernière. Le comité est en train d'enquêter sur 22 autres décès pour déterminer s'ils sont liés ou non au travail des journalistes.

D'après le CPJ, une seule année a vu plus de journalistes être tués dans l'exercice de leur métier: c'était l'année 1994 où 66 journalistes avaient été tués, pour la plupart dans des conflits, en Algérie, en Bosnie et au Rwanda.
En Afrique, 10 journalistes ont été tués dans le cadre de leur travail cette année, ce qui fait plus qu'en 1999, quand 13 journalistes sont morts, dont 10 dans la guerre civile en Sierra Leone. Le violent conflit en Somalie a coûté la vie à sept journalistes, ce qui fait de ce pays de la Corne de l'Afrique le second pays où le plus de journalistes ont trouvé la mort à travers le monde.

Selon le CPJ, l'horreur des violences en Irak a occulté la dégradation croissante de l'environnement de la presse en Somalie, où les journalistes sont chaque jour confrontés à de gros risques.

Parmi les sept assassinats en Somalie figurent ceux de deux journalistes de renom qui se sont suivis de peu. Mahad Ahmed Elmi, directeur de la radio Capital Voice à Mogadiscio, a d'abord été abattu de quatre balles dans la tête. Quelques heures plus tard, une mine terrestre déclenchée à distance a ôté la vie à Ali Iman Sharmarke, le copropriétaire de HornAfrik Media, la première radio indépendante de la Somalie, alors qu'il revenait de l'enterrement de son confrère.

"Les assassinats de MM. Elmi et Sharmarke ont marqué le début d'une propension inquiétante à cibler les journalistes locaux pour leur couverture du conflit opposant le gouvernement de transition somalien et ses alliés éthiopiens aux rebelles islamistes dans la ville de Mogadiscio détruite par la guerre", souligne le comité.

Deux journalistes de renom ont également été abattus en Erythrée, que le CPJ considère comme étant le "plus grand geôlier des journalistes en Afrique". Plusieurs sources proches de la diaspora érythréenne ont révélé au CPJ, en février dernier, que Fesshaye Joshua Yohannes, copropriétaire de "Setit", l'ancien grand quotidien érythréen, était mort dans une des prisons secrètes du pays.

Les autorités érythréennes se sont refusées à tout commentaire, mais M. Yohannes faisait partie d'une dizaine de journalistes détenus sans aucun contact avec l'extérieur, sans qu'aucune charge n'ait été retenue contre eux et sans qu'ils aient été jugés depuis septembre 2001. En juin, Paulos Kidane, un présentateur de la télévision nationale, est mort dans des circonstances mystérieuses après avoir tenté de passer la frontière de son pays avec le Soudan avec un groupe de demandeurs d'asile.

Au Zimbabwe, Edward Chikomba, un cameraman vétéran a trouvé la mort dans les violences politiques du mois de mars. Il a été trouvé battu à mort à la périphérie de Harare deux jours après avoir été enlevé par un groupe d'hommes armés à bord d'un véhicule 4X4.

Mais le CPJ a indiqué que pour la cinquième année consécutive, l'Irak reste le pays du monde le plus meurtrier pour les journalistes, avec ses 31 victimes représentant près de la moitié du bilan de 2007. Il a révélé que la plupart des journalistes tués dans ce pays avaient été ciblés et abattus, comme le reporter du "Washington Post" Salih Saif Aldin, tué à Bagdad d'une balle dans la tête.

En tout, 24 des journalistes abattus en Irak ont été victimes de meurtres, tandis que les sept autres ont perdu la vie lors d'échanges de tirs entre combattants. Le bilan des victimes de 2007 en Irak est sensiblement le même qu'en 2006, lorsque 32 journalistes avaient trouvé la mort. "Travailler comme journaliste en Irak reste un des métiers les plus dangereux de la planète", a estimé le directeur exécutif du CPJ, Joël Simon.

"Les membres de la presse sont pourchassés et abattus avec une régularité alarmante. Ils sont enlevés sous la menace d'une arme et retrouvés morts par la suite ou abattus sur le coup", a-t-il ajouté.

Le CPJ a cependant indiqué qu'il y a eu des développements positifs pour la presse dans certains pays. Ainsi, il n'y a pas eu de meurtres de journalistes en Colombie cette année, pour la première fois en plus de 15 ans, alors que pour la première fois depuis 1999, pas un seul journaliste philippin n'a été tué dans l'exercice de son métier.

Le meurtre reste la principale cause de décès des journalistes dans le cadre de leur travail partout dans le monde, estime encore le CPJ, qui a annoncé une campagne mondiale contre l'impunité en novembre pour réclamer justice devant les meurtres de journalistes.

Cette campagne se concentrera sur les Philippines et la Russie, les deux pays où le plus de journalistes ont été tués ces 15 dernières années. Malgré de récentes condamnations dans ces deux pays, le taux d'impunité pour les meurtres de journalistes y reste d'environ 90 pour cent.

PanaPress


Commentaires : 0
Lus : 1572

Postez un commentaire

Charte des commentaires

A lire avant de commenter! Quelques dispositions pour rendre les débats passionnants sur Cridem :

Commentez pour enrichir : Le but des commentaires est d'instaurer des échanges enrichissants à partir des articles publiés sur Cridem.

Respectez vos interlocuteurs : Pour assurer des débats de qualité, un maître-mot: le respect des participants. Donnez à chacun le droit d'être en désaccord avec vous. Appuyez vos réponses sur des faits et des arguments, non sur des invectives.

Contenus illicites : Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Sont notamment illicites les propos racistes ou antisémites, diffamatoires ou injurieux, divulguant des informations relatives à la vie privée d'une personne, utilisant des oeuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).

Cridem se réserve le droit de ne pas valider tout commentaire susceptible de contrevenir à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, promotionnel ou grossier. Merci pour votre participation à Cridem!

Les commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité.

Identification

Pour poster un commentaire il faut être membre .

Si vous avez déjà un accès membre .
Veuillez vous identifier sur la page d'accueil en haut à droite dans la partie IDENTIFICATION ou bien Cliquez ICI .

Vous n'êtes pas membre . Vous pouvez vous enregistrer gratuitement en Cliquant ICI .

En étant membre vous accèderez à TOUS les espaces de CRIDEM sans aucune restriction .

Commentaires (0)