12-08-2017 11:54 - CEDEAO-Mauritanie : union scellée, malgré la réserve des chefs d’Etat

CEDEAO-Mauritanie : union scellée, malgré la réserve des chefs d’Etat

La Tribune Afrique - La Mauritanie et la CEDEAO ont officiellement signé mercredi dernier à Lomé, l’accord d’association conclu en mai dernier entre les deux parties.

En juin dernier pourtant à Monrovia, les chefs d’Etat et de gouvernement de l’organisation communautaire avaient refusé de valider la requête mauritanienne qui a été invitée à introduire plutôt une demande de réadmission au sein de l’organisation qu’elle avait quittée en 2000.

La Mauritanie tient coûte que coûte à réintégrer par la petite porte de la CEDEAO, une organisation qu'elle a pourtant choisi de quitter en 2000 après en avoir été membre fondatrice en 1975.

Le mercredi dernier à Lomé, en marge des travaux du Forum Afrique-Amérique sur l'AGOA, les deux parties ont signé l'accord d'association conclu en mai dernier entre la Commission de la CEDEAO et le gouvernement mauritanien. La Mauritanie devient donc officiellement membre associé de l'organisation d'intégration sous-régionale ouest-africaine à travers cette alliance actée par la ministre mauritanienne du Commerce, Naha Mint Mouknass, et son homologue sénégalais, Alioune Sarr.

La Mauritanie frappait depuis plusieurs années à la porte de la CEDEAO qu'elle entendait intégrer à travers un accord d'association pour un partenariat économique et en ce sens, les négociations engagées ont conduit à la conclusion, le 5 mai dernier, du document qui en acte la nouvelle alliance.

En juin dernier pourtant, à l'occasion de leur dernier sommet tenu à Monrovia, les chefs d'Etat et de gouvernement des pays membres avaient émis une fin de non recevoir à la demande de la Mauritanie qui a été invitée plutôt à «réintroduire une demande de réintégration».

Le pays n'entend visiblement pas passer par cette procédure qui fera de lui un membre à part entière, mais compte toutefois profiter des opportunités que recèle ce vaste marché de plus de 350 millions de personnes réparties à travers 15 pays membres de l'organisation. Et pour atteindre cet objectif, la Mauritanie s'appuie sur la décision de la 44e session ordinaire de la Conférence des chefs d'Etat et de gouvernement de la CEDEAO des 28 et 29 mars 2014 qui a donné son aval à la Commission, l'instance exécutive, pour négocier un accord d'association avec la Mauritanie.

Un marché régional

La Mauritanie devrait donc attendre le prochain sommet de l'organisation prévu en décembre prochain à Lomé pour véritablement se fixer sur son nouveau statut au sein de l'organisation. La conférence des chefs d'Etat et de gouvernement est en effet la seule instance habilitée à donner une suite à cette procédure. Mais d'ici là, l'accord d'association pourrait permettre au pays de préparer son retour au sein du marché régional.

Selon les dispositions de l'accord entériné lors de la visite qu'a conduite, du 2 au 5 mai à Nouakchott, Marcel A. de Souza, président de la Commission de l'organisation, les deux parties étaient parvenues à «un texte consensuel de l'accord d'association qui contribuera au rapprochement des populations de l'ensemble de la région Afrique de l'Ouest et au renforcement des relations économiques et commerciales entre les Etats membres de la CEDEAO et la Mauritanie», comme le détaillait le communiqué publié à la fin des négociations.

«A travers cet accord d'association, les deux parties se sont engagées à renforcer leur coopération dans plusieurs domaines d'intérêt commun, notamment l'institution du libre-échange, l'application du tarif extérieur commun, la promotion de la libre circulation des personnes, le développement d'une politique commerciale commune ; toutes choses devant favoriser l'accroissement des échanges à l'intérieur de la région et la création du marché commun de l'Afrique de l'Ouest».

La CEDEAO et la Mauritanie se sont par la suite engagées à poursuivre les efforts en vue de la finalisation de la signature de cet accord de partenariat économique qui devrait également permettre au pays d'intégrer les négociations en cours pour un nouvel accord entre l'organisation et l'Union européenne (UE).

C'est ce qui vient d'être acté à Lomé en dépit de la réserve des chefs d'Etat. D'ailleurs, l'un des premiers dossiers qui seront sur la table des deux parties, c'est la convergence de certains textes visant à renforcer la libre circulation des biens et des personnes dans la sous-région. Il s'agit notamment d'harmoniser, dans un premier temps, les différents tarifs douaniers en plus d'intégrer la Mauritanie dans le processus entamé par la CEDEAO dans le cadre de la mise en œuvre d'un tarif extérieur commun (TEC-CEDEAO).

D'après l'échéancier fixé entre les deux pays, la mise en œuvre de l'accord d'association devrait permettre l'ouverture, le 1er janvier 2019, d'une zone de libre-échange entre la Mauritanie et les pays de la CEDEAO.

Par Aboubacar Yacouba Barma



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Commentaires (7)

  • jakuza (H) 13/08/2017 00:52 X

    La CEDEAO ne va pas imposer à la Mauritanie une option unique, de réintégrer ou rien! Nous y allons à notre rythme, qui protège nos intérêts sans empiéter sur ceux des autres!

  • bleil (H) 12/08/2017 22:42 X

    Je ne m’encombre pas des détails lugubres de notre histoire récente ! Mais figurez-vous je pense sincèrement que le pays (trait d’union trait d'union entre Maghreb et Afrique subsaharienne) a été laminée par des extrémistes et les régimes militaires qui ont saccagé la Mauritanie et ses paisibles populations. Figurez-vous aussi que la Chine et Israël ont un accord de libre-échange (ALE) …

  • lass77 (H) 12/08/2017 21:36 X

    Je suis persuadé que les chefs d'État de la CEDEAO ne vont pas validé cet accord à minima. Pas de CEDEAO à la carte car l'Afrique avec ses organisations sous régionales doit marcher vers les États-Unis d'Afrique qui manifestement depuis la mort de khaddafi n'a plus d'adepte sur le continent et pourtant c'est le salut de la jeunesse africaine. Laisser la Mauritanie dans son orgueil et égoïsme raciste.

  • jakuza (H) 12/08/2017 16:39 X

    bleil (H), vous donnez l'impression d'ignorer l'histoire ancienne et travestissez la plus récente. Le retrait de la CEDEAO décidé à l'époque a empêché qu'au prétexte de protéger les négro-mauritaniens, victimes d'un soit disant génocide selon le FLAM de (foutatoro?), les troupes de la CEDEAO ne défilent à Nouakchott. Ensuite, en ce qui est de l'accord d'association c'est la Mauritanie qui a souhaité en rester là pour le moment et contrairement à ce que vous avancez la CEDEAO a plutôt demandé à la Mauritanie de réintégrer et n'a jamais refusé qu'elle réintègre. Vérifiez vos informations...

  • a.bennan (H) 12/08/2017 14:44 X

    Soyons clair:l'aventure passee d'une intégration mal ficelée ns appris une foule de choses.Il ns est impossible d'appartenir à un Afr.de l'ouest qui ne possède ni notre langue ni notre culture.C' aussi simple que ça.

  • foutatoro (H) 12/08/2017 12:19 X

    Tournez en rond ! Tournez en rond ! La vérité c'est que ce pays n'aime pas le nègre même s'il aime l'argent du nègre chez le nègre. C'est tout.

  • bleil (H) 12/08/2017 12:14 X

    C'est ce genre de décision, prise par Ould Taya, qui fait de l'idiotie des militaires le plus grand fléau de La Mauritanie ... l'arrogance et l'ignorance coûtent cher aux états; observez le petit coréen qui menace le géant américain ... Une organisation que nous avons créée en 1975 dont les membres refusent de nous réintégrer parce que nous avons une gouvernance bédouine, erratique, sans fiabilité ... membre fondatrice en 1975, pays associé et le GRIM est content ... quels idiots !