03-01-2018 00:00 - Troisième mandat : évitons l’amalgame

Troisième mandat : évitons l’amalgame

Le Courrier du Nord - Les appels pour un troisième mandat reprennent de plus belle. Au sein de l’Assemblée nationale, mais ils viennent cette fois, non pas de « ministrés » soucieux de conserver leurs postes mais de « dépités » qui veulent préserver leurs privilèges.

C’est d’autant plus inquiétant que le parlement mauritanien ne compte plus aujourd’hui qu’une seule chambre largement acquise au pouvoir, et donc susceptible de transgresser les lois qu’il est censé protéger.

On doit cependant éviter l’amalgame entre le respect impérieux de la Constitution et le désir, la « nécessité », prétendue par certains, de permettre au président Mohamed Ould Abdel Aziz de « poursuivre son programme », de « parachever ses réalisations ».

Si l’on s’accorde sur le premier point, même si « la constitution n’est pas le Coran », l’on comprend très bien la subjectivité qui entoure le second. Les « réalisations » sont appréciées – ou dépréciées – selon qu’on soit « majoritant » ou opposant. Il n’y a pas de seuil de tolérance fixé pour dire qu’un président mérite un mandat « bonus ». Parce qu’on ne sera jamais d’accord sur la quantité et surtout la qualité des réalisations.

Si tous les Mauritaniens acceptent que Nouakchott avait bien besoin d’un nouvel aéroport international, beaucoup critiquent cependant l’opacité qui a entouré cette « réalisation » et l’improvisation qui nous fait payer aujourd’hui un surcoût inestimable dans la gestion d’une infrastructure surdimensionnée et excentrée. Qu’en est-il de l’usine de production de sucre qu’on attend depuis 2009 ? De la grande mosquée de Nouakchott ? De la ville touristique « Ribat el bahr » destinée à accueillir 50000 habitants ?

Les réalisations, bonnes ou mauvaises, sont à inscrire dans un mandat présidentiel, qui sera réussi ou raté, mais en aucun cas, elles ne peuvent servir de prétexte pour le maintien d’un président au mandat finissant. Sinon ce sera la porte ouverte à tous les amalgames, à tous les risques.

Sneiba Mohamed



Les articles, commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité


Commentaires : 5
Lus : 1486

Postez un commentaire

Charte des commentaires

A lire avant de commenter! Quelques dispositions pour rendre les débats passionnants sur Cridem :

Commentez pour enrichir : Le but des commentaires est d'instaurer des échanges enrichissants à partir des articles publiés sur Cridem.

Respectez vos interlocuteurs : Pour assurer des débats de qualité, un maître-mot: le respect des participants. Donnez à chacun le droit d'être en désaccord avec vous. Appuyez vos réponses sur des faits et des arguments, non sur des invectives.

Contenus illicites : Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Sont notamment illicites les propos racistes ou antisémites, diffamatoires ou injurieux, divulguant des informations relatives à la vie privée d'une personne, utilisant des oeuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).

Cridem se réserve le droit de ne pas valider tout commentaire susceptible de contrevenir à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, promotionnel ou grossier. Merci pour votre participation à Cridem!

Les commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité.

Identification

Pour poster un commentaire il faut être membre .

Si vous avez déjà un accès membre .
Veuillez vous identifier sur la page d'accueil en haut à droite dans la partie IDENTIFICATION ou bien Cliquez ICI .

Vous n'êtes pas membre . Vous pouvez vous enregistrer gratuitement en Cliquant ICI .

En étant membre vous accèderez à TOUS les espaces de CRIDEM sans aucune restriction .

Commentaires (5)

  • ahznar (H) 03/01/2018 13:24 X

    L amalgame est deja instauré. Il a ete etudie,programme et maintenant c est la versión : applicable . La Constitucion ? C est pour la bible. Seulement une verite est a la porte de cet amalgame et il fait la craindre : nul ne peut jouir de l ombrage de l arbre ( en terme de stupidite ) dont la taille est inferieure a la tiene

  • Aboulamine (H) 03/01/2018 13:10 X

    C'est son droit de demander un troisième mandat pour le Président AZIZ s'il peut défendre sa thèse, et c'est votre droit vous autre d'être du côté de la constitution et de s'opposer : c'est ça la démocratie! le débat est lancé: Mais je pense là que ce député s'adresse d'abord au premier concerné, le Président de la République et pas à quelqu'un d'autre. c'est lui qui a prêté serment, c'est lui qui a clos le débat autour de la question du troisième mandat.

  • lass77 (H) 03/01/2018 11:29 X

    Selon ce monsieur doit poursuivre son programme et parachever ses réalisations oufffffff c'est le même mot tenu par des égoïstes similaires à l'endroit de tous les présidents, qu'a connu la Mauritanie. C'est une insulte au peuple mauritanien qui n'est pas respecté ni considéré. En 10 ans de pouvoir ce pays a régressé, il n'existe aucun signe de développement à part la multiplication des vols des,deniers publics, l'appauvrissement de la population. Pendant ce temps nos voisins du sud, du nord se développent.

  • synthetiseur (H) 03/01/2018 11:25 X

    Les appels et petitions pour un troisieme mandat du Président Mohamed Ould Abdel Aziz sont la nouvelle trouvaille des thuriféraires, flagorneurs et dérivés pour faire croire au Prtésident leur attachement indéfectible à sa personne et à son programme. Seulement voilà ces individus malheureusement ne veulent défendre que leurs privilèges. Comment en effet peuvent ils aller à l'encontre de la constitution de leur pays et à contrario de la décision déclarée haut et fort par le president Aziz gardien de cette constitution au palais des congres de ne point vouloir retoucher la constitution en sa faveur et qu'il privilégiait l'interet supreme de la nation à ses propres interets. Pourquoi veulent ils pousser cet homme vers l'inconnu? Pourquoi ne travaillent ils pas, si vraiment ils aimaient cet homme, à faire de lui l'homme qui après deux mandats de réalisations indéniables, tire sa réverence en signant de son sceau une alternance démocratique du pouvoir de majorité à majorité ou de majorité à opposition à travers des élections libres et transparentes. Pourquoi ne l'exhortent ils pas à élargir le cercle de ses admirateurs en tant que le premier homme d'Etat mauritanien qui aura à travers un dialogue inclusif constructif réuni tous les mauritaniens autour de nouvelles institutions fortes transparentes et crédibles, d'élections libres et transparentes, d'une nouvelle vision politique, économique et sociale pour notre pays. Pourquoi l'acculent ils à se retrouver de plus en plus isolé et pris en otage par quelques individus . Ce qui rappelle fort ce qui a été reservé comme sort à d'autres présidents dans ce pays. L'idée n'est point ici de vouloir coute que coute voir le Président Aziz quitter le pouvoir. Non. Mais nous devons savoir respecter nos institutions, notre constitution, nos lois , nos textes, nos valeurs, notre parole. Notre dignité individuelle et collective en dépend. La perennite de la nation en dépend. L'idée n'est point non plus de faire croire à lopposition que le départ d'Aziz est une manière de leur offrir le pouvoir. Si l'opposition ne mérite pas le pouvoir elle ne l'aura pas. Et cela est valable pour le candidat de la majorité. L'arbitre sera le peuple et le peuple seul. C'est à cette nouvelle vision que j'invite mes compatriotes. Puisse Allah guider nos pas sur le droit chemin.

  • dykrim (H) 03/01/2018 10:07 X

    La ou le bât blesse est que le problème de la RIM ne se discute plus à l’assemblé mais au tour d’un dîné entre Meshwi et Zrigue ; Ahh mes chers parents qu’il est facile de créer un semblant d’état quand on a la force dénudée de toute hante.