27-02-2018 14:51 - La conférence de presse de Human Rights Watch en Mauritanie perturbée

La conférence de presse de Human Rights Watch en Mauritanie perturbée

HRW - Des activistes locaux dénonçant les discriminations et l’esclavage se heurtent aussi à des obstacles imposés par le gouvernement « Vous avez dit droits humains ? Il faut demander l’autorisation ailleurs », nous a répondu le hakim (un agent municipal), à qui nous avions demandé si nous pouvions organiser une conférence de presse en février dans un hôtel de Nouakchott, la capitale de la Mauritanie.

Normalement, le hakim décide de la délivrance de telles autorisations, mais comme nous avions l’intention de présenter un rapport critique envers les restrictions imposées par le gouvernement aux défenseurs des droits humains dans le pays, il n’a voulu prendre aucun risque.

« Si le Commissariat aux droits humains donne son accord, alors moi aussi », a-t-il ajouté, en faisant référence à un organe gouvernemental. Au cours des deux jours qui ont suivi, nous avons formulé des demandes d’autorisation auprès du Commissariat, des ministères et d’autres organismes officiels, mais n’avons reçu aucune réponse.

Peu avant le 12 février, date prévue pour le lancement de notre rapport, l’hôtel nous a confirmé ce que nous suspections : pas de permis, pas de conférence de presse. Notre rapport passe en revue les législations et pratiques auxquelles la Mauritanie recourt pour restreindre l’activisme en faveur des droits humains.

Les obstacles que nous avons rencontrés pour assurer le lancement de notre rapport à Nouakchott nous ont donné un aperçu des difficultés auxquelles les Mauritaniens sont confrontés lorsqu’ils souhaitent évoquer des sujets sensibles, en particulier les questions d’ethnicité, de discrimination et de la nécessité de traduire en justice les auteurs d’abus commis dans le passé.

Nous avons finalement organisé notre conférence de presse dans une salle peu spacieuse du siège du Forum des organisations nationales de droits humains (FONADH), un collectif d’organisations non gouvernementales mauritaniennes reconnues légalement.

Des sources fiables nous avaient avertis que même si les autorités ne bloqueraient pas la conférence, des éléments perturbateurs feraient irruption pendant l’événement, une tactique couramment employée contre les organisations indépendantes de défense des droits humains.

En effet, peu après notre présentation, une question hostile de la part d’un « journaliste » a déclenché une réponse virulente de la part d’un activiste, avant que le débat ne sombre dans l’invective.

La Mauritanie peut être bien plus répressive. L’activiste Abdallahi Salem Ould Yali est détenu depuis le 24 janvier pour avoir diffusé sur les réseaux sociaux des messages dénonçant la discrimination, et Mohamed Ould Mkhaitir avait été condamné à mort pour apostasie, jusqu’à ce que sa peine soit réduite en appel, en raison d’un article publié en ligne dans lequel il critiquait la discrimination de caste.

Les autorités ont certes permis aux équipes de Human Rights Watch de se rendre dans le pays et nous ont même rencontrés. Mais les activistes se heurtent à des obstacles, comme l’illustre la répression récente par le gouvernement de manifestations d’activistes antiesclavagistes contre l’insécurité alimentaire.

Région / Pays Moyen-Orient/Afrique du Nord Mauritanie
Thème Liberté d'expression



Les articles, commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité


Commentaires : 1
Lus : 1444

Postez un commentaire

Charte des commentaires

A lire avant de commenter! Quelques dispositions pour rendre les débats passionnants sur Cridem :

Commentez pour enrichir : Le but des commentaires est d'instaurer des échanges enrichissants à partir des articles publiés sur Cridem.

Respectez vos interlocuteurs : Pour assurer des débats de qualité, un maître-mot: le respect des participants. Donnez à chacun le droit d'être en désaccord avec vous. Appuyez vos réponses sur des faits et des arguments, non sur des invectives.

Contenus illicites : Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Sont notamment illicites les propos racistes ou antisémites, diffamatoires ou injurieux, divulguant des informations relatives à la vie privée d'une personne, utilisant des oeuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).

Cridem se réserve le droit de ne pas valider tout commentaire susceptible de contrevenir à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, promotionnel ou grossier. Merci pour votre participation à Cridem!

Les commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité.

Identification

Pour poster un commentaire il faut être membre .

Si vous avez déjà un accès membre .
Veuillez vous identifier sur la page d'accueil en haut à droite dans la partie IDENTIFICATION ou bien Cliquez ICI .

Vous n'êtes pas membre . Vous pouvez vous enregistrer gratuitement en Cliquant ICI .

En étant membre vous accèderez à TOUS les espaces de CRIDEM sans aucune restriction .

Commentaires (1)

  • Bertrand (H) 27/02/2018 17:02 X

    Tout le monde sait a quel ratelier vous mangez. Vous faites de petits chantage pour obtenir des avantages et meriter les salaires et frais de missions et la belle vie que gous menez au frais de certains dėbiles europeens et qui mangent la mére et son noveau né mais ne langé pas le nombril.