31-03-2018 07:45 - Mauritanie: des peines de 10 et 20 ans de prison pour esclavagisme, une première

Mauritanie: des peines de 10 et 20 ans de prison pour esclavagisme, une première

RFI - Mercredi 28 mars, la cour criminelle de Nouadhibou, à quelque 500 km au nord de la capitale, a condamné dans deux affaires distinctes deux personnes, une femme et un homme, respectivement à 10 ans et à 20 ans de prison ferme pour esclavagisme. Une première au niveau des peines infligées pour de telles pratiques, selon les organisations des droits de l'homme.

La première des deux affaires opposait trois filles, dont la plus âgée a aujourd'hui environ 29 ans, à une dame de 60 ans qui les tenaient en esclavage depuis leur enfance.

Elles ont contacté l'organisation locale SOS Esclaves en 2011, qui les a aidées à porter plainte à l'époque. Mais l'affaire n'avait pas beaucoup avancé depuis sept ans, selon leur avocat.

Tout s'est dénoué il y a deux jours. La cour criminelle de Nouadhibou a condamné Rivaa Mint Mahmad à 10 ans de prison et l'équivalent de 5 600 euros d'amende pour pratiques esclavagistes, elle a été immédiatement conduite en prison.

Dans la deuxième affaire, deux hommes, un père et son fils étaient poursuivis pour avoir tenu en esclavage toute une famille. Le père est décédé il y a quelques mois, et le fils, Hamoudi Ould Saleck a été jugé par contumace. Il a écopé de 20 ans de prison, lui, aussi pour pratiques esclavagistes.

« Ce qui vient de se passer est extraordinaire », s'est réjoui Me Elid Mohameden M'Barek, l'avocat des parties civiles, en parlant d'une première dans l'histoire judiciaire de la Mauritanie.

Depuis 2015, ce pays a durci les peines encourues par ceux qui pratiquent l'esclavage, considéré désormais comme un crime contre l'humanité, en portant à 10 ans la peine minimale encourue dans ces cas.

Mais jusqu'ici, la justice s'était contentée de leur infliger des peines de 2 à 5 ans de prison, souvent avec sursis, des peines bien en deçà de ce qui est prévu par la loi selon SOS Esclaves, qui n'a cessé de dénoncer le laxisme des autorités.





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Source : RFI
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Commentaires (5)

  • Bertrand (H) 01/04/2018 10:58 X

    kadimapur (H), Je souscris à votre commentaire qui reflète que vous êtes un musulman, un mauritanien et doué de sagesse et de claire-voyance.

  • boubou_kibili (H) 31/03/2018 17:59 X

    Chers Compatriotes qui pratiquent l'esclavage dans ce pays? Ce sont toujours les memes. Alors les menteurs qui tiennent à faire de l'amalgame en essayant de generaliser chers les Pulars, Soninké et Oulof. On a beau mentir les réalités sont tetus. Cette decision meme si si elle est demagogique et qui ne sera pas appliquée dans les faits est bonne car elle met l'accent sur non les sequelles mais bien l'esclavage. Alors Me Jemal avocat de MOAE taisez vous votre disque est rayée à present. l'esclavage existent bel et bien dans ton pays.

  • NDIEWO (H) 31/03/2018 15:31 X

    Aziz, tu seras un ami de Biram maintenant, vous pouvez travailler ensemble vu que tu commences à punir ces moyennageux.

  • samba el bakar (H) 31/03/2018 13:25 X

    Bravo la justice Mauritanienne,en espérant que cette grande première augure de la fin de l'impunité dans ce Pays et l'inculpation à la tête du "coupable".Enfin reste le véritable chemin de la croix qu'est l'exécution de la sentence.Ainsi parti,on peut rêver que les auteurs de tortures et exactions à l'encontre des négromauritaniens passeront eux aussi un jour à la barre

  • kadimapur (H) 31/03/2018 09:10 X

    Plutôt que de s'orienter vers des sanctions répressives de type d'emprisonnement qui ne font qu'ajouter de la crispation et d'autres types de drames et qui n'apportent rien de concret aux victimes, il serait plus judicieux de privilégier les compensations financières à titre d'exemple:(condamnation à des sanctions pécuniaires ou bien affectation d'office d'une partie des biens de l'ancien propriétaire à l'ancien esclave) et des compensations humaines (reconnaissance des enfants comme héritiers nés de ces rapports)... Des actions doivent ensuite être entreprises pour essayer d'insérer ces anciens esclaves dans la société ainsi que la sensibilisation des anciens propriétaires sur la gravité de leurs actes en essayant de les convaincre à devenir à l'avenir partie prenante dans la lutte contre l'éradication de ce fléau...