03-05-2018 18:45 - Crise économique et financière en Mauritanie: Initiatives d’actions destinées à atténuer les effets sur les femmes travailleuses

Crise économique et financière en Mauritanie: Initiatives d’actions destinées à atténuer les effets sur les femmes travailleuses

Initiatives News - L’économie du monde entier a été fortement secouée par une crise mondiale sans précédent qui a débuté aux États-Unis d’Amérique en septembre 2008, et qui a affecté presque tous les pays dont la Mauritanie dont le développement passera par la prise en compte de l’apport appréciable des femmes qui constituent près de 52% de la population.

Elles sont présentes, à l’heure actuelle, dans tous les circuits économiques, politiques et culturels. Conséquence de la crise économique et financière :

Elles sont nombreuses et variées et ont porté un sérieux coup à l’économie Mauritanienne, les chiffres sont éloquents et convainquant entre 2010 et 2013. Quelques enquêtes effectuées auprès des ménages de deux marchés de la capitale Nouakchott nous ont permis de prendre les avis des femmes et d’un expert du secteur économique et financier (source anonyme).

Khadijetou après un prêt de l’ONG (FAPONG) du PNUD, a avec son groupe obtenu 1000 dollars. Elles ont placé cette somme dans une coopérative spécialisée dans la vente de poissons et légumes. Au départ, tout marchait bien et Khadijetou avait un gain entre 8 à 10 dollars par jour. Là où le salaire minimum est de 75 dollars mensuel.

Quand le vent a tourné pour cause de crise, les grossistes augmentèrent leurs prix, ce qui s’est répercuté sur nos prix et obligé la clientèle à bas moyen de ne plus pouvoir payer nos produit, c’est là qu’arriva le dilemme suivant. « Si je ne vendais pas les produits à crédit, ils seraient bons à jeter car je n’ai pas de moyen de conservation, et je serais considérée comme mauvaise commerçante et mauvaise gestionnaire par mes clients et mes partenaires. »

Les crédits n’ont jamais été payés. Ajoute-t-elle avant de se dire satisfaite de la compréhension de ses partenaires qui attendent des jours meilleurs pour nous relancer dans les activités afin de nous permettre d’honorer leurs engagements.

Marieme Ba est commerçante au marché des femmes. Avant la crise tout était dans l’ordre, la marchandise se vendait bien sans problèmes. Reconnait-elle. Mais elle dit ressentir de plus en plus, les effets de la crise et avoir de moins en moins de clients.

« Je reçois mes marchandises des états unies. Il m’arrive de payer des taxes et impôts de plus de 1000 dollars par sacs de voyages, vu les frais de location on ne s’en sort pas. Il m’arrive de vendre une marchandise à son prix de revient, question d’éviter la perte. Nous sommes impatients de voir se dessiner la fin de cette crise avec l’espoir de continuer à vivre. » raconte-t-elle.

Ramata tient elle aussi une boutique marché des femmes. « Avant la crise, je vendais bien, mais depuis l’arrivée de ce fléau, je ne vends plus car les clients marchandent toujours à moitié prix. Donc une vente à perte. » Dit-elle. Et de rappeler : « Avant je prenais des crédits à chaque fête avec les grossistes. J’ai dû renoncer de crainte d’hypothéquer ma solvabilité. »

Un expert du secteur économique et financier, interrogé à propos de la crise économique et financière en Afrique, et sur la part proportionnelle de notre pays répond :

« Pour déterminer la part proportionnelle de notre pays on a recours à des agrégats macroéconomiques tel que : la part des exportations de Fer, de cuivre, d’or et des produits de la pêche intégrées au sein des exportations mondiales. » Selon lui, « les pays européens demeurent les principaux fournisseurs et clients de la Mauritanie, avec 39,2 % de l’origine des importations et 46,5 % des exportations. La part des exportations et des importations vers le continent africain représente respectivement 0,2 % et 5,1 %. »

Autre effet, noté par l’analyste du secteur économique et financier, l’opération de démonétisation qui selon lui avait pour objectif entre autres, la réduction du coût d’entretien de la monnaie, la fiabilisation et la facilitation des transactions. « Il faut noter que la Banque Centrale de Mauritanie étant la banque des banques dans notre pays, reçoit les dépôts ou versements en espèces des banques, tout comme vous où moi le faisons dans notre banque. Sauf qu’il s’agit là de montant assez énorme, on est dans l’ordre de milliards qu’il faut trier et compter, cela nécessite une logistique assez importante et par conséquent des coûts financiers. Il ne s’agit en aucun cas d’une dévaluation mais une révision de la valeur faciale. »A-t-il souligné

Les Initiatives d’actions mises en œuvre pour atténuer les effets sur les femmes travailleuses :

Les pays comme la Mauritanie, dits en voie de développement, se cherchent une voie à travers des initiatives visant à atténuer les effets de la crise qui touche les femmes travailleuses. Ces femmes sont souvent les cibles faciles en proie au licenciement.

Le gouvernement, les ONG des pays riches ou de l’ONU et ses filiales, la société civile ont pris des mesures pour diminuer les souffrances des populations et notamment les femmes travailleuses, en votant des lois sur un quota pour la parité homme et femme dans les assemblées constituante et de leur droit d’intégrer toutes les fonctions publiques.

Un intérêt particulier a été porté à la femme grâce à la prise d’un certain nombre de mesure destinées à promouvoir le secteur de la condition féminine. Pour l’exemple, le bâtiment initialement destiné à servir de résidence aux premiers ministres, a été transformé en un hôpital mère et enfant ou les soins sont presque gratuits.

Le gouvernement Mauritanien a également décidé d’augmenter tous les salaires et d’attribuer des indemnités de logements et transport Aux travailleuses. Les femmes sont présentes dans les institutions militaires et paramilitaires dans la police, pompiers etc.….jusqu’a une date récente la chasse gardé des hommes. Un plan d’urgence dénommé programme spécial d’intervention a été institué destiné à subvenir aux besoins des ménages afin d’alléger les effets de la crise alimentaire et énergétique.

Il s’articule autour de la réduction des taxes douanières sur les produits alimentaires de base. Le gouvernement Mauritanien a par ailleurs décidé de subventionner les du gaz, de l’eau et de l’électricité.

Il a su circonscrire les licenciements massifs qui menaçaient les femmes grâce à une maitrise de l’inflation. Ce plan s’est évertué à lutter contre la pauvreté en distribuant directement aux populations en majorité femmes et pour les filles dans le domaine du secrétariat, de la comptabilité, de la mécanique, de la couture, de la coiffure et du commerce etc.… Les organisations des femmes ont bénéficié d’emprunts à faible taux d’intérêt auprès des institutions de micro finance, des ONG nationales et internationales.

Désormais les entreprises accordent une attention particulière à la question genre dans leur recrutement. Il faut noter que les organisations syndicales ont joué un rôle important dans l’acquisition de ces nouveaux droits.

Pour appuyer les efforts déployés pour développer son économie et améliorer les conditions de vie de ses populations, la Mauritanie bénéficie de l’appui de ses partenaires qui lui consentent des aides subventions ou prêts.

Aux dernières nouvelles, la Banque mondiale lui a octroyé une subvention de 20 millions de dollars soit l’équivalent de 700 millions (MRU) d’ouguiya. Cette dernière est destinée au programme (WACA) qui a pour but de renforcer la résilience des habitants des zones côtières dans les pays d’Afrique de l’ouest et d’améliorer leur condition de vie.

Les bouleversements qui sont intervenus ses dernières années ont pesés lourdement sur le développement socioéconomique des pays pauvres. Ces géants aux pieds d’argile disposants de nombreuses matières premières ne bénéficient pas de leurs rentabilités. Ils sont affamés face aux greniers pleins. Il serait nécessaire de repenser une politique socioéconomique plus humaine et qui profiterait à tous.

Ce qui signifie qu’on doit procéder à un diagnostic sans complaisance de la situation qui prévaut actuellement dans le monde.

Amy Fofana




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