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Les travailleurs de la MCS à Tasiast en grève.
Ce dimanche 8 janvier 2012, les travailleurs de la MCE, sous-traitant de Tasiast ont déclenché une grève ouverte pour protester contre les licenciements d’un délégué proposé ainsi que quelques collègues.
Ces travailleurs ont été licenciés sans aucun motif valable. La seule explication qui leur a été donnée par la chargée de comptabilité de la société, c’est qu’elle a reçu un mail de la direction lui demandant de mettre fin à leur contrat.
Rappelons que les travailleurs de la société ont déposé récemment une plateforme revendicative composée de plusieurs points relatifs au paiement de certains droits liés à l’exécution de leur contrat. Parmi ces revendications figuraient en premier lieu l’organisation dans les meilleurs délais d’une élection de délégués du personnel conformément à l’article 118 du Code du travail.
En plus d’autres points de droits tels que l’établissement des bulletins de salaire et des cartes de pointage conformément à l’article 221 du Code du Travail ; le respect du principe « A travail égal, salaire égal » conformément à l’article 37 de la CCGT ; le paiement des heures supplémentaires et primes de panier conformément à l’article 39 et 40 de la CCGT ; reclassement des travailleurs conformément à l’article 36 de la CCGT ; Rappel de la prime d’ancienneté conformément à l’article 41 de la CCGT, de la date d’embauche à ce jour…
Visiblement, c’est cette situation qui a provoqué l’ire de la direction de la société qui n’a pas hésité à mettre fin aux contrats de travail de certains employés sans tenir compte de leur statut. Ce qui veut dire que le simple fait de réclamer ses droits au niveau de cette société, même les plus élémentaires peut constituer pour ces travailleurs une menace de licenciement sans droit.
Signalons que dans une correspondance portant la référence N°436 en date du 26 décembre 2011, la CGTM qui est la seule organisation syndicale présente au sein de la société a appelé la direction de celle-ci au respect des obligations légales et réglementaires relatives à la mise en place de l’institution des délégués du personnel.
Au lieu de répondre favorablement à cette requête légale, la société a choisi la solution de la fuite en avant en se débarrassant de l’un des délégués proposés en la personne de Fara AbdoulAziz. La société n’a même pas tenu compte du fait que ce dernier est un délégué proposé et dans ce cas il bénéficie d’une protection contre le licenciement et même contre d’éventuelles modifications de sa situation professionnelle. Ce travailleur ne peut faire l’objet d’un licenciement sans l’autorisation préalable de l’inspecteur du travail, comme le prévoit les dispositions des articles 125 et 131 du Code du travail.
Le licenciement de notre camarade est motivé par le simple fait qu’il est un délégué proposé par la CGTM à l’élection des délégués du personnel de la société d’où la violation flagrante et manifeste des dispositions de l’article 60 du Code du travail relatives aux licenciements abusifs.
Ce licenciement viole également aussi les dispositions de l’article 46 de la loi N°2004-017 portant Code du travail car le concerné et ses collègues n’ont pas reçu de notification écrite ni de préavis détaillé dans un délai suffisant.
Il est clair que cette société n’a aucune volonté de respecter la législation mauritanienne du travail et méprise les revendications de ses employés. C’est ainsi qu’ils ont décidé de croiser le fer avec leur direction en décrétant une grève ouverte pour réclamer la satisfaction de leurs revendications.
Ci-après la lettre de proposition de délégués de la CGTM et la plateforme revendicative que les travailleurs ont présentée à leur direction :
Nous travailleurs de MCES

