Cridem

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11-01-2012

06:55

Pour une réforme plus juste du marché du travail.

Les grèves dans les secteurs miniers et les entreprises de gardiennage sont autant de signes d’un ras-le-bol exprimant le désarroi des employés livrés en pâture à l’exploitation cynique d’un patronat qui s’enrichit sur le dos de pauvres travailleurs.

Signataires de contrats modiques et dont les termes ne sont jamais respectés par l’employeur qui profite d’un marché de travail bondé de chômeurs avec une main-d’œuvre à bons prix et condamnés à des salaires de misères, les personnels engagés dans la plupart des sociétés notamment les industries extractives vivent des cycles de grèves … qui ne changent pas beaucoup leurs conditions de travail.

Syndiqués dans les différentes centrales et disposant de plateformes revendicatives solides, les travailleurs ont du mal à faire entendre leurs doléances pour obtenir gain de cause. Les forces syndicales ont encore un pouvoir de dissuasion faible face à la volonté des gros magnats des entreprises de les plier en quatre. Ce qu’ils réussissent sans grands efforts.

Cette situation est contraire aux droits humains et illégales au regard des législations en vigueur. Le nombre de travailleurs victimes d’abus professionnels ne cesse d’augmenter en Mauritanie. Les mêmes causes entrainent les mêmes motifs de débrayages.

Dans le secteur minier, les enjeux de l’exploitation des mines de cuivre et d’or de l’inchiri ont aiguisé l’appétit des investisseurs étrangers bénéficiant de faveurs énormes en contrepartie de prétendes versées à des privilégiés de la haute administration. Le choix de certains hommes du sérail pour co-diriger ces sociétés d’exploitation minières et ouvrières à MCM, Tasiast est révélateur de ce partage des ressources du pays au grand dam de l’Etat mauritanien et de ses citoyens. Dans les milieux du gardiennage, les choses ne sont guère meilleures.

Les licenciements abusifs pour un oui ou un non sont très fréquents. Les plaintes déposés aux tribunaux de travail n’y peuvent rien. Les marches de protestations, sit-in, devant les locaux parlementaires, la présidence, la primature ainsi que les lettres ouvertes à la présidence font partie du décor social du quotidien de ces gens sous-traités par certains truands et mal traités par d’autres escrocs.

Dans tous les secteurs d’activités professionnelles les droits du travailleur sont minorés et le statut du personnel mal appliqué. Les résultats du dialogue semblent plus se focaliser sur des questions plus politiques que sociales. Faut-il laisser les travailleurs continuer à vivre ce calvaire ou au contraire prendre des mesures plus justes en vue de respecter le droit des employés notamment des catégories le plus exploitées. Sans le monde ouvrier aucune société ne fonctionne.

En effet c’est d’eux que dépendent la production et les bénéfices. En Mauritanie, la protection des travailleurs n’est pas une priorité dans la signature des contrats et la délivrance des licences d’exploitation. Les pouvoirs publics tournent le dos aux doléances des syndicats tant que la force contestatrice ne fait pas ébranler l’autorité politique.

Cheikh Tidiane Dia


 


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