Cridem

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29-01-2012

15:54

Droit de réponse à la Commission Nationale de Coordination des Institutions Privées ...

... de Sécurité (CNCIPS).

Le samedi 28 Janvier 2012, à 11 h 55 mn, le site Internet CRIDEM a publié ce qui semble être une réponse de la CNCIPS (Commission Nationale de Coordination des Institutions Privées de Sécurité) à un article publié dans le Quotidien de Nouakchott, intitulé « Activités de surveillance : Subvention déplacée ».

Ce texte aurait pu passer inaperçu si, après de longs développements à l’attention du Quotidien de Nouakchott, la CNCIPS n’avait cru « utile », dans les deux derniers paragraphes de son texte, impliquer, de façon surprenante et inattendue, l’USGA (l’Union des Sociétés de Gardiennage en Activité).

L’USGA aurait pu ignorer cette sortie de la CNCIPS si celle-ci, dans un amalgame douteux, ne s’était parée d’habits qui ne sont pas les siens car, écrit-elle, « … les sociétés qui occupaient le domaine et qui n’étaient pas agréées, notamment celles de l’USGA, ont été et restent invitées à venir fusionner avec les sociétés nouvellement agréées donc légales et ce, dans le respect absolu de la préservation de leurs intérêts (investissements, contrats, emplois et bénéfices »...

avant de conclure, dans une tentative hardie, « que (…) toutes les personnes travaillant dans les anciennes sociétés non agréées, qu’elles soient de l’USGA ou autres, militaires ou civils peuvent à tout moment intégrer les 18 nouvelles sociétés des anciens et retraités des F.A.S. agréées si leur emploi se trouvait menacé. La tutelle et la coordination s’engagent à leur garantir les conditions les meilleurs sur tous les plans ».

L’USGA, composée de 12 sociétés dont certaines évoluent dans le secteur depuis plus de vingt ans, ne peut cacher sa surprise devant tant de légèreté, tant les affirmations de la CNCIPS sont contraires à la réalité et aux dispositions de la loi n°2009-025 sur les sociétés de sécurité et son décret d’application n°2011-066.

D’abord, les sociétés composant l’USGA ont une existence légale attestée par une présence et une rentabilité effectives en matière d’emploi, comme elles disposent toutes d’agréments délivrés et signés des autorités compétentes de ce pays, bien avant que la loi brandie par la CNCIPS ne voit le jour. Ces sociétés emploient plus de 7.000 Mauritaniens. C’est dire qu’elles n’ont pas attendu aujourd’hui pour assister et venir au secours des anciens membres des forces armées et de sécurité pour surmonter les problèmes auxquels ils sont confrontés en les insérant dans leurs effectifs.

Plus de 70% de nos effectifs sans compter les officiers retraités qui sont à la tête de nos sociétés sont issus des anciens des forces armées et de sécurité. Les dossiers de toutes nos sociétés sont disponibles, depuis la promulgation de la loi 2009-025, au Ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation, qui est leur tutelle.

Certes, quand on va en croisade contre quelqu’un, on fait feu de tous bois mais le bon sens voudrait qu’on ne fasse pas fi de la vérité, surtout quand on est issu de différents corps respectables et respectés connus pour leur rigueur et qui cultivent probité dans leurs rapports.

L’USGA voudrait bien rappeler ici à la CNCIPS que la loi qu’elle évoque ne prévoit ni la fusion ni la limitation des agréments encore moins la récupération ou le débauchage d’employés qui exercent leur activité, en toute quiétude, dans des sociétés qui prennent en charge leur famille et leur procurent satisfaction. Et quand, la CNCIPS martèle à dessein cette loi, elle oublie une chose primordiale : les lois dans notre pays ne sont pas rétroactives et ne sont pas non plus conçues pour servir une catégorie sociale donnée parce que toute loi est par essence générale et impersonnelle.

Les lois ont pour fonction essentielle de préserver la paix sociale. Il y a lieu de se demander Est-ce que la CNCIPS se préoccupe de l’équilibre social quand elle soutient que nos sociétés qui luttent contre le chômage et administrent la preuve du rôle qu’elles jouent pour assister les couches les plus déshéritées contribuant ainsi à la lutte contre la pauvreté. Il est alors surprenant que le CNCIPS propose que la clé soit mise sous le paillasson de nos sociétés qui ont réalisé de tels exploits pour le bien être du pays et que leurs employés soient abandonnés à leur sort et jetés dans la rue ou à la merci d’entités qui se cherchent encore.

Qu’il soit permis à l’USGA de rappeler à la CNCIPS que les sociétés de sécurité et de gardiennage en activité obéissent à certaines exigences stipulées dans les cahiers de charges : les agents doivent avoir une belle prestance et un physique avantageux ; être âgés de moins de 45 ans et disposer d’un niveau d’éducation acceptable.

Devons nous croire, comme tente de le faire valoir la CNCIPS, que les activités de gardiennage sont désormais réservées à une catégorie sociale au détriment des couches les plus déshéritées ? La CNCIPS nous surprend. Elle nous surprend d’autant que, non contente de harceler nos employés, de les menacer dans la perspective de les pousser à quitter leurs employeurs, elle se comporte comme si elle était l’Etat en se substituant et en se présentant comme si elle était l’émanation de la tutelle.

Ce qui est inadmissible et que l’Etat ne peut admettre ; la CNCIPS n’ayant qu’un rôle consultatif, comme il est bien indiqué – pour ceux qui savent lire – à l’article 3 alinéa 2 du décret n°2011-066 qui stipule que : « Un comité de coordination sera créé, il donne avis consultatif au Directeur Général de la Sûreté Nationale à chaque fois qu’il lest sollicité ». Il s’en dégage alors que la CNCIPS outrepasse ses prérogatives, s’attribue des pouvoirs qu’elle n’a pas et commet de ce chef une usurpation de titre en se présentant comme si elle était la tutelle des activités de gardiennage.

L’USGA rappelle que les sociétés qui la composent sont affiliées à des centrales syndicales et attire l’attention de la CNCIPS qu’en l’absence de tout lien ou rapport de sujétion entre les deux entités (USGA et CNCIPS) elle n’est soumise ni à ses instructions ni à ses ordres pour l’inviter à plus de modestie. Enfin les sociétés membres de l’USGA tiennent à rappeler qu’elles ont très tôt fait de la paix et de la sécurité de ce pays leur préoccupation centrale en adhérant de ce chef aux orientations et aux instructions de Son Excellence le Président de la République en faisant de la lutte contre la pauvreté leur tâche principale contribuant ainsi au développement et à la protection de l’emploi.

Dans ces conditions, l’USGA sollicite l’arbitrage de Son Excellence le Président de la République, gardien de la légalité qui accorde une importance primordiale aux couches les plus déshéritées que nous employons et qui fait de la sécurité et de la paix sociale de notre pays sa préoccupation première pour qu’il soit mis fin à cette situation de quasi monopole d’une activité professionnelle au profit d’une catégorie sociale, monopole qui conduit à la rupture de l’équilibre social que prône la CNCIPS.

Nouakchott, le 28/01/2012

Le Bureau Exécutif de l’USGA (Union des Sociétés de Gardiennage en Activité)

 


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