Cridem

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05-02-2012

09:13

Parler au téléphone.

Désormais plus personne ne vit en Mauritanie sans téléphone portable. Qu’ils soient à la maison, dans leurs lieux de travail ou dans les rues, les citadins ont chacun un portable avec lui. Et ils ne peuvent plus faire un pas dans la ville sans porter une de leur main à leur oreille. Du cadre supérieur de l’administration à la vendeuse de légume, et à l’éboueur, chacun circule avec son Portable.

Il est impossible de voir un ministre se déplacer avec son chauffeur sans son portable collée à la joue. Nul ne peut aussi poursuivre une conversation verbale et physique avec quelqu’un sans qu’il ne soit interrompu par des sons de téléphone.

Il faut chaque fois répondre à la sonnerie. Et c’est là où intervient le grand problème des Nouakchottois ! En fait, le portable a, tout simplement, appris à mentir. Aujourd’hui, tout le monde ment aux yeux et au su de tous.

Pour se dérober de leurs engagements, les Nouakchottois ont tout simplement appris à mentir. Dans les rares cas où l’interlocuteur décroche à l’autre bout (parce qu’il arrive très souvent qu’il laisse son téléphone sonner), les prétextes sont aussi nombreux que les répliques : " je suis en réunion, je te rappelle plus tard " " Je ne me trouve pas à Nouakchott ".

" C’est celui-là ton numéro, te joindrai dès que j’arrive à mon bureau ". " Rappelles-moi ce soir ". Telles sont les réponses les plus habituelles que l’on s’entend dire au téléphone. La vérité, c’est qu’elles relèvent toutes de mensonges. Parce que tout simplement, au moment où ils répondaient, ces gens ne se trouvaient point dans la situation qu’ils se sont décrite. Aussi, jamais, l’idée de rappeler leur interlocuteur ne leur effleurera la tête, une fois qu’ils se libéraient de leurs " entraves ".

Nul aujourd’hui n’est dupe pour ne pas comprendre que quand quelqu’un (surtout un haut responsable) ne veut pas parler à une de ses connaissances, il l’envoie tout simplement " paître " sous d’autres cieux. Et celui-ci aura beau usé de son téléphone, ou même d’un autre téléphone (dès lors où il sait que son vis-à-vis refuse de décrocher son numéro qu’il a mémorisé), il ne parviendra jamais à le joindre.

Mais le plus grave vient du fait que les gens mentent maintenant au téléphone, sans raison. Cela se produit souvent devant les yeux incrédules de passants, ou de témoins, qui entendent, avec étonnement, les gens débiter des niaiseries ! Chacun y va de sa méthode et de ses mots. Il est loin le temps où, " mentir faisait honte ". Il est aussi loin le temps où personne ne pouvait mentir en public. Et même quand on se mentait soi-même, on demandait pardon à Allah. . Aujourd’hui, on se fait du plaisir dans la faculté d’éviter de parler à quelqu’un au téléphone. Et chacun y va de sa manière…

Amar Fall.


 


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