Cridem

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05-02-2012

20:39

L’exclusion de la CNTM et de la CGTM : Quand on esquive l’essentiel !

Lors de sa réunion le jeudi 2 février, le conseil des ministres a examiné et adopté le projet décret portant nomination du président et des membres du conseil d’administration de la caisse nationale de sécurité sociale CNSS.

Le nouvel conseil d’administration composé de 15 membres  a exclu  la Confédération Nationale des Travailleurs de Mauritanie  CNTM et sa consœur  la CGTM au profit d’autres personnalités ayant pris part au dialogue social boycotté par les deux centrales.

Cette mesure d’expulsion des organisations syndicales au sein des organes dans lesquelles la loi  prévoit qu’elles y exposent le point de vue des travailleurs est un acte totalement dangereux et condamnable.

En effet cette énième intervention inopportune piétine clairement les recommandations de tolérance à l’égard des opinions différentes, tout comme elle fait prévaloir  que la  seule ligne qui vaille désormais  est  le  conformisme par rapport à la ligne officielle.

Dans ce contexte de tolérance zéro à l’opinion adverse  au sein des organes représentatifs, nul espoir d’exposer sans complaisance les préoccupations réelles des travailleurs, car un tel objectif  est impossible sans une indépendance à l’égard des pouvoirs publics. C’ est pour cette simple évidence qu’il faut insister davantage sur l’incongruité absolue du clientélisme dans la désignation des représentants des travailleurs.

La sanction  infligée à la Confédération Nationale des Travailleurs de Mauritanie CNTM ainsi qu’à la CGTM  qui est le prolongement  de la divergence autour de la question toujours actuelle et préoccupante de la représentativité appellerait pourtant une autre réponse que cet acharnement improductif et dangereux pour l’intérêt des travailleurs Mauritaniens.

La réclamation  continue de la désignation des organisations de travailleurs les plus représentatives préalablement au  dialogue social ne peut jamais offusquer celui qui se soucie de l’intérêt des travailleurs. Cette détermination des organisations représentatives est avant tout une  exigence de notre législation en matière de travail. C’est la seule voie  aussi de crédibiliser les organes consultatifs  et de préserver l’intérêt des travailleurs dans le contexte de multi syndicalisme.

Un tel objectif restera une doléance fondamentale et permanente des travailleurs, mieux faudrait –il  alors de s’y attaquer, comme cela est le cas chez nos voisins Sénégalais et Marocains par l’organisation d’élections syndicales.  Sans doute, c’est là que réside la vraie question avant le  vrai dialogue social ultérieur. Tout autre démarche contraire revient à esquiver l’essentiel en nous ramenant inutilement à la case de départ.

Sidaty med Dicko



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