Cridem

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24-04-2012

04:40

Altercations entre employés de la télé tunisienne et militants pro-Ennahda

Tunis - De vives altercations ont opposé lundi des journalistes de la télévision nationale tunisienne à des manifestants proches du parti islamiste Ennahda, qui campent depuis bientôt deux mois devant le siège de la chaîne pour réclamer son assainissement, a constaté l'AFP.

Média de la honte! criaient les manifestants en brandissant des bouteilles d'eau de javel et des balais pour réclamer l'assainissement et l'épuration au sein de la Wataniya (chaîne nationale). Notre but est d'épurer la télévision tunisienne des journalistes corrompus qui ne cessent de semer la sédition et de propager des rumeurs pour créer la zizanie dans le pays, a déclaré un manifestant, Zouhair.

Depuis le 2 mars, quelques dizaines de personnes, la plupart proches d'Ennahda, se relayent pour camper devant le siège de la Wataniya qu'ils accusent d'être aux mains de personnes proches de l'ancien régime du président Zine El Abidine Ben Ali ou de gauchistes.

Face à eux, derrière les grilles d'enceinte de la chaîne, des journalistes et employés de la chaîne se sont attroupés pour dire leur colère et leur amertume face à un sit-in entamé depuis le 2 mars qui perturbe leurs conditions de travail.

Nous sommes victimes d'agressions verbales depuis 50 jours et le gouvernement ne bouge pas le petit doigt. Les manifestants n'arrêtent pas de prononcer des propos diffamatoires contre nous, on en a marre de cette situation, on ne peut plus travailler, a déclaré une journaliste, Moufida Abbassi.

Si le gouvernement ne réagit pas nous allons entrer en grève générale le 3 mai, a déclaré lors d'une conférence de presse un responsable syndical des personnels administratifs et des techniciens, Mohamed Saidi. Il faut mettre fin à cette mascarade et à ce harcèlement, les fonctionnaires de la télé sont malheureux et ne peuvent plus travailler, a-t-il ajouté.

Plus de 1300 personnes travaillent à la télévision tunisienne.

Lorsque le sit-in a commencé début mars devant la Watanyia, le ministère de l'Intérieur avait estimé qu'il n'avait pas à intervenir car il n'y avait pas de trouble à l'ordre public.

La secrétaire générale du Parti républicain (centriste) Maya Jribi s'est déplacée pour soutenir les employés de la chaîne. Je suis venue ici pour exprimer notre solidarité aux professionnels de la télé nationale et notre refus de toute privatisation, a-t-elle déclaré à l'AFP.

L'instance indépendante chargée des médias (INRIC) s'est inquiétée samedi d'éventuels projets de privatisation des médias publics tunisiens.

Les relations entre les médias et le parti Ennahda, qui dirige le gouvernement, sont notoirement tendues. Les journalistes sont régulièrement accusés de systématiquement dénigrer l'action gouvernementale, voire de comploter pour renverser l'exécutif. A l'inverse, les médias soupçonnent le parti islamiste de vouloir mettre l'information en coupe réglée.



 


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