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08-05-2012

20:18

Journée mondiale de la liberté de la presse : « En 2012, un journaliste est tué tous les cinq jours ».

« Répression des mouvements de contestation populaire dans certains pays du monde arabe, étouffement de l’opposition politique, de la dénonciation et de la critique dans d’autres parties du globe. Les quatre premiers mois de l’année 2012 ont été particulièrement violents pour ceux dont la vocation est d’informer », estime RSF.

Selon l’organisation internationale, depuis le 1er janvier 2012, un acteur de l’information est tué tous les cinq jours et 21 journalistes et 6 net-citoyens et citoyens-journalistes ont péri, notamment dans des zones de conflit comme la Somalie et la Syrie.

En Mauritanie, « Sur 12 agressions visant des journalistes, 8 ont été perpétrées par la police, alors que les quatre autres ont été commises par des personnes de milieux syndicalistes et estudiantins", a déclaré le président du Syndicat des journalistes mauritaniens, Houssein Ould Meddou Dr Meddou, qui s’exprimait le jeudi 03 mai,à l’ occasion de la célébration, de la Journée mondiale de la liberté de la presse.

Les prédateurs de la liberté d’informer porté à 41 membres avec six entrants A l’occasion du 3 mai 2012, journée mondiale de la liberté de la presse, Reporters sans frontières a dénoncé le rythme effréné des violences contre les journalistes et les net-citoyens, et a publié un constat sans appel. Selon RSF, les révoltes populaires de 2011 n’ont malheureusement pas réussi à réduire le nombre global de ces ennemis de l’information.

Six nouveaux prédateurs font, en effet, leur entrée dans ce sinistre “club” en 2012 : le groupe islamiste Boko Haram, qui fait régner la terreur au Nigéria ; le Conseil suprême des forces armées en Egypte, qui assure malheureusement la relève du dictateur déchu Hosni Moubarak en termes d’atteintes à la liberté d’informer ;

le ministre de l’Information, des postes et des télécommunications du gouvernement fédéral de transition en Somalie, responsable de pressions et d’intimidations à l’encontre de la presse ; Vasif Talibov, tout-puissant dirigeant de la région du Nakhitchevan en Azerbaïdjan ; les services de renseignement au Pakistan ; et enfin Kim Jong-un, qui perpétue la dynastie prédatrice en Corée du Nord, après la mort de son père, King Jong-il.

Selon RSF, un nombre croissant de pays subissent la présence de deux prédateurs à la fois. Six Etats sont actuellement dans ce cas. Ainsi, la Somalie, où le ministre de l’Information du gouvernement fédéral de transition rejoint la milice islamiste Al-Shabaab ; le Pakistan, où les services de renseignements et les taliban ciblent de concert les professionnels de l’information ; l’Azerbaïdjan, où Vasif Talibov, potentat de la “République autonome” du Nakhitchevan, a transformé son fief en laboratoire des méthodes de répression généralisée par le président de la République, Ilham Aliev ;

la Russie, où Vladimir Poutine et son “chien de guerre” Ramzan Kadyrov, violent président de la République de Tchétchénie, ont en commun le goût de la manière forte et des formules choc ; les Territoires palestiniens, où les journalistes subissent la dure loi des forces de sécurité de l’Autorité palestinienne d’un côté, et du gouvernement du Hamas à Gaza de l’autre ; et enfin l’Iran, où le Guide suprême Khameneï et le Président Ahmadinejad, malgré leurs rivalités, s’entendent toujours pour museler la presse. La République islamique se classe toujours, avec l’Erythrée, la Chine, la Turquie et la Syrie, parmi les premières prisons du monde pour les journalistes.

D’autres personnalités, comme le président de Djibouti, Ismaïl Omar Guelleh, mais aussi les chefs d’Etat soudanais et ougandais, Omar el-Béchir et Yoweri Museveni, sont aux portes de la liste des prédateurs. Le Yémen, qui a connu une année 2011 particulièrement éprouvante, reste sous surveillance depuis le départ du pouvoir d’Ali Abdallah Saleh. A contrario, le président birman, Thein Sein, pourrait se révéler, en 2012, comme le président de l’ouverture et de la démocratisation de la Birmanie et se voir ainsi retirer de la liste des prédateurs.

Mauritanie : 67e sur 179

Dans le classement 2012 de la liberté de la presse, la Mauritanie occupe la 67e place sur 179. S’insurgeant contre les agressions fréquentes des journalistes, le président du Syndicat des journalistes mauritaniens a déclaré lors de la journée mondiale de la presse que 12 professionnels de l’information ont été brutalisé et humiliés en 2012, dont 8 par les policiers et les quatre autres par des personnes de milieux syndicalistes et estudiantins", Le président du SJM a en outre indiqué que son organisation publiera bientôt un document dénonçant "l’ensemble des dépassements dont font l’objet les journalistes au moment où ils mènent leur mission d’informer".

Sécurité des journalistes et textes internationaux

Face à l’insécurité croissante qui frappe aujourd’hui les journalistes, Reporters sans frontières : invite la presse à entamer une réflexion sur la protection des pigistes, fixeurs et journalistes locaux auxquels elle a recours, ainsi qu’à celle de ses sources d’information et des personnes interviewées. L’organisation appelle les États à traduire en actes, de façon efficace, les dispositions internationales relatives à la protection des journalistes. 

« Un état des lieux spécifique doit être immédiatement effectué quant à l’application de la résolution 1738 du Conseil de sécurité de l’ONU, plus de cinq ans après son adoption.
Les Etats doivent prendre leurs responsabilités et assumer les obligations découlant des paragraphes 6 et 7 de la résolution. Ces dispositions prévoient des obligations de prévention et de répression afin de mettre un terme à l’impunité des violations du droit humanitaire commises contre les journalistes. »

Selon RSF demande une révision des statuts de la Cour pénale internationale, pour permettre de viser cette catégorie particulière de civils que sont les journalistes, comme cela est déjà le cas pour le personnel humanitaire. L’organisation enjoint les États d’adopter d’urgence le plan d’action et le projet de décision sur la sécurité des journalistes et la question de l’impunité élaborés par l’UNESCO en mars 2012.

Dialtabé

 


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