Cridem

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03-02-2013

12:27

En réponse à l'article de MSS publié dans Le Quotidien de Nouakchott et Cridem.

Que tout celui qui aura la curiosité de lire ce papier sache que je me situe, en positon de hors jeu dans cette affaire d’impôts sur Bouamatou. Contrairement à mon respectable collègue et ami Moussa Ould Samba Sy, cette affaire ne me concerne en rien du tout.

Qu’on impose gracieusement Bouamatou 1 ouguiya symbolique ou qu’on « l’impose au-delà du raisonnable », cela ne me perturbe guère et n’a aucune incidence sur le cours de ma vie. Je ne connais pas l’homme que je respecte d’ailleurs beaucoup, comme je respecte tous les vaillants fils de ce pays, particulièrement ceux d’entre eux qui ont pu créer de la richesse et offrir de l’emploi à des mauritaniens qui en ont-Dieu en est Témoin- fort besoin.

Je comprends aussi qu’ils aient des amis, voire des inconditionnels dont des journalistes, mais aussi de nombreux ennemis y compris dans les hautes sphères de l’Etat.

Comme vous le dites, Moussa, je suis effectivement l’ami de Moctar Ould Djay, aujourd’hui Directeur général des Impôts. Je ne me dérobe pas de cette amitié basée pour l’essentiel sur le respect et la considération réciproques. Avant d’être le DGI, Moctar était mon ami, il l’est toujours et il le restera. A moins que l’un d’entre nous renonce aux principes immatériels qui fondent cette amitié. Vous dites, Moussa, dans votre article que j’ai passé la journée avec le DGI dans son bureau « au vu et au su de tout le monde ».

J’y ai certes passé une partie de la journée. Trois quarts d’heures précisément. Cela a eu lieu « au vu et au su de tout le monde » comme vous le dites si bien. J’étais accompagné de mon collègue Temine. D’ailleurs je suis, et je crois que vous le connaissez bien Moussa de cette trame qui n’aime pas beaucoup l’incohérence ni l’opacité. Je dis ce que je pense, j’agis en fonction de mes convictions et en toute transparence et j’assume pleinement.

Aussi, je ne vois rien d’extraordinaire pour un journaliste qui prépare une émission, qui cherche des données, qui collecte des informations, qui fait des investigations que de nouer contact avec toutes les sources, particulièrement quand cette source d’information est liée à lui par une « amitié personnelle qui n’est un secret pour personne ». Vous le savez autant que moi, l’agenda et le carnet d’adresses comptent beaucoup pour le journaliste.

Comme à l’accoutumée et en préparant chacune de mes émissions, je tiens, la veille, des séances de travail avec mes invités qui me fournissent des informations, parfois assez précieuses, qui m’édifient sur certains sujets que je ne maîtrise pas souvent. Je suis de cette catégorie de journalistes qui ne connaissent que peu de choses, mais qui sont en perpétuel apprentissage. Au cours donc de ces séances, je fais part à mes invités de l’objectif de l’émission, de sa méthodologie, de sa durée, de ses invités, bref je leur fait un briefing complet afin qu’ils soient à l’aise une fois sur le plateau télé.

Et avec Moctar ça s’est passé dans son bureau très rapidement et de façon on ne peut plus limpide. Le DGI m’a fourni, ou pour être plus précis, nous a fourni, Temine et moi, toutes les informations relatives aux recettes fiscales des 3 dernières années et un bilan comparatif avec la période antérieure.

Son exposé était net et précis, et aucun sujet particulier n’a émergé au cours de cette entrevue, quand bien même l’affaire BSA Ciment a déjà été largement commentée, et différemment interprétée par plusieurs acteurs, dont mon respectable collègue et ami Moussa Ould Samba Sy.

J’ai expliqué à mon ami et invité qu’il n’aura pas un vis-à-vis au cours de l’émission, mais qu’il aura en face de lui 6 journalistes qui l’interpelleront sur tous les détails du dossier dont il a la charge avant de lui donner rendez vous à 22 heures dans les studios de la TVM.

Quelques minutes avant le démarrage de l’émission je me suis entretenu avec les premiers venus de mes collègues : Moussa Ould Samba Sy, Tah Ould Ahmed Et Houssein Ould Mehand, comme je l’avais fait en début d’après midi avec Le Directeur Général des Impôts, de l’objectif de l’émission, de sa méthodologie, de sa durée, et surtout de son thème : La fiscalité : états des lieux et perspectives.

Et on était d’accord- à ce que je sache- sur pratiquement tout, et particulièrement sur le principe de la libre expression qui doit être considéré comme sacro saint pour des journalistes de leur envergure. Jusqu’ici tout était bien parti pour faire une émission réussie, mais dès notre entrée en studio, 2 de mes collègues, Moussa et Tah cherchèrent à semer le désordre et la cacophonie en prétextant d’abord qu’il n’y avait pas suffisamment de micro cravates- un micro est un micro qu’il soit cravate ou ambulant- et en essayant au cours de l’émission de s’appesantir sur des remarques et suggestions sans pour autant poser des questions ou interpeller l’invité sur la problématique de la fiscalité. Ils étaient tous les deux apparemment porteurs d’une même idée : rejeter en bloc toutes les décisions fiscales prises à l’endroit de Bouamatou.

C’était leur droit et leur choix que je respecte beaucoup. Soit. Mais mes collègues que je considère comme étant des journalistes qui allaient enrichir les débats par la pertinence de leurs questions, se sont livrés à un réquisitoire contre le DGI.

Voulant pousser le bouchon encore plus fort, Moussa et Tah essayèrent de saborder le débat par l’accaparement du micro et les interventions « non autorisées ». Ce style et cette démarche, Tah m’en a toujours habitué que se soit au « Club de la Presse » ou dans n’importe quelle autre émission, mais franchement avec Moussa c’était une regrettable première. Vous dites Moussa que le DGI a fait « un exposé de 40 mn sans aucune possibilité d’interruption ».

Vous avez un peu exagéré. La 1ère intervention du DGI, qui était la réponse à une question qui lui était adressée par mon confrère Temine, a duré 13mn chronométrées à une vieille montre que j’ai payé une matinée de l’hiver 2010 à Malmoe, en Suède. Et je croyais qu’il fallait mieux pour nous journalistes écouter notre invité pour avoir suffisamment d’arguments pour l’interroger et lui demander des explications sur la thèse qu’il développe et selon laquelle le travail conduit par sa Direction est en conformité avec les lois de la République, notamment le code des Impôts. C’est pourquoi, il fallait mieux, je crois, l’écouter que l’interrompre.

Et je crois qu’on était d’accord sur ce principe quelques minutes seulement avant notre entrée en studio. Vous dites que « le temps de parole accordé aux journalistes mis bout à bout ne fait même pas 15mn ». Drôle de comparaison ! Je ne comprends franchement pas comment on peut accorder la même tranche d’antenne à quelqu’un fait un bilan et au journaliste qui l’interroge. De grâce, si vous le comprenez, expliquez le moi. Passé ces petits couacs l’émission s’était globalement bien passée et à son terme tout le monde s’est congratulé.

A bon entendeur, salut.

Cheikh Zeinlessem





Petite mise au point :

Je ne remets pas en cause votre honnêteté intellectuelle ni votre droit d’avoir les amis qui vous conviennent. Ce que je dénonce c’est un faisceau de circonstances destinées à biaiser un débat télévisé. Ecoutez ! Je vous sais assez honnête pour reconnaitre que le sujet officiel de l’émission n’était pas le sujet annoncé sinon le DGI n’aurait pas apporté le dossier BSA et pas celui de la clinique Al Hayat par exemple. Mais personne n’est dupe, Alors feignons la crédulité !

Contrairement à mon respectable collègue et ami Cheikh Ould Zein Lessem, cette affaire me concerne comme je pense que me concernent toutes les affaires où un citoyen subit une injustice criante, de l’arbitraire ou un déni de ses droits fondamentaux. Que ce citoyen s’appelle Bouamatou, M’bareck, Mokhtar, Mamadou ou Aicha que son compte en banque soit garni ou pas qu’il se trouve au sommet ou dans la plèbe qu’il soit mon ami ou parent ne change rien à la chose, mais en même temps, je comprends qu’on ne partage pas cette conviction avec moi.

Cela dit, je dois dire que Cheikh Ould Zein Lessem m’a toujours habitué à être un journaliste professionnel qui n’accepte pas qu’on lui dicte sa conduite mais je comprends aussi que là, pour le coup, il dirige un débat duquel dépend l’avenir professionnel de son ami. Aussi je ne lui en veux guère. Seulement je trouve qu’il se départit de son honnêteté habituelle (sans doute parce que son ami est mis en cause) quand il affirme que j’ai « essayé de saborder le débat par l’accaparement du micro et les interventions « non autorisées ». »

Cher ami, revoyez l’émission et comptez combien de fois le DGI m’a interrompu moi-même et vous serez édifié sur cette question et pour ce qui concerne la durée des interventions, tant que vous y êtes rechronométrez la première intervention du DGI et cette fois utilisez une montre « neutre » et vous verrez à quel point vous avez avantagé votre ami. Enfin ce n’est pas à vous que je ferai la comparaison entre un micro cravate et un micro baladeur à cet égard les interventions off du DGI étaient entendues alors que les nôtres ne l’étaient pas.

A titre de comparaison, dans la soirée du vendredi dernier, au cours d’une émission à la TVM, six invités avaient des micros-cravates. Et je passe sous silence comme vous le faites vous-même la présence de notre confrère Timine qu’on nous a présenté comme un stagiaire de TVM mais qui aurait de toute les façons pu être là, au nom de l’organe dans lequel il travaille à savoir la radio Mauritanid.

Enfin, dois-je vous faire la leçon pour faire le distinguo entre se congratuler et se saluer ou encore entre couacs et dysfonctionnements délibérés mais comme vous je pense que l’émission a permis à de nombreux mauritaniens de comprendre qu’il ne s’agit pas que d’une simple affaire de contribuable récalcitrant et je suis tout aussi peiné que mon ami Cheikh Ould Zein Lessem se soit prêté de si bonne grâce à cette lamentable manipulation, fusse-t-elle orchestrée et mise en scène par son propre ami. A tout aussi bon entendeur…. !

Moussa Ould Samba Sy


 


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