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Liberté de la presse: La Mauritanie en tête de liste du monde arabe
Reporters Sans Frontières a placé la Mauritanie à la tête de tous les pays arabes. La Mauritanie est première au classement des pays arabes en termes de liberté de la presse, selon le rapport annuel établi par le groupe de surveillance des médias Reporters Sans Frontières (RSF).
Pour la deuxième année consécutive, la Mauritanie figure à la 67ème place de l'Indice de la Liberté de la Presse rendu public le mercredi 30 janvier. La Mauritanie est en tête de tous les pays arabes. La Tunisie, le premier pays à avoir connu son Printemps arabe, occupe le 138ème rang du classement.
Cette place occupée par la Mauritanie pour la seconde année consécutive est la démonstration que le pays est en train de consolider les progrès qu'il a effectués dans l'assouplissement du contrôle gouvernemental sur la liberté de la presse, a déclaré Ambroise Pierre, directeur du bureau Afrique de RSF.
Il a salué "les initiatives prises par la Haute Autorité de la Presse mauritanienne dans le domaine de la surveillance et de la régulation, recommandant aux journalistes de se montrer responsables sans pour autant réduire leur marge de liberté".
Parmi les mesures ayant atténué les restrictions de l'état sur la presse, l'autorisation donnée en 2011 par le gouvernement mauritanien de créer des chaînes de télévision et des radios privées.
"Il est indubitable que le pluralisme dans les médias mauritaniens s'est incarné lorsque l'espace audiovisuel a été libéré et que des chaînes privées sérieuses, ainsi que des stations de radio, ont été lancées", a commenté Abdallah Ould Bay, président du Conseil national du parti pour la Justice et le Développement.
"Cela représente une ouverture pour nous, comme c'est le cas aussi de l'abolition des peines de prison pour les journalistes. Mais, en tant qu'homme politique, je constate des imperfections en ce qui concerne le traitement par les médias officiels de certains partis politiques, ainsi que des normes doubles ou qui diffèrent", a-t-il ajouté.
L'Indice 2012 de la Liberté de la Presse établi par RSF avait noté que la Mauritanie s'était élevée dans le classement "grâce à l'adoption d'une loi sur les médias électroniques, à l'ouverture du secteur de diffusion et autres développements".
Sheikh Naji Ould Sidi Salem, directeur de l'information à la télévision d'état, a salué la nouvelle du rang obtenu par la Mauritanie en disant qu'il est possible de faire davantage pour élever encore la place du pays au sein du classement.
"Même si j'admets les progrès effectués, cela ne m'empêche pas d'en réclamer plus, ni d'exprimer l'ambition de voir les zones de libertés s'agrandir et dépasser les failles existantes. Je remarque notre capacité à améliorer nos performances et notre travail, et à protéger les avancées que nous avons d'ores et déjà réalisées", a-t-il expliqué à Magharebia.
Pourtant, selon de nombreux mauritaniens, les chaînes de télévision commerciales et les stations d'information radiophoniques - qui sont apparues dans le sillage de l'assouplissement des restrictions gouvernementales sur la presse - ne sont pas encore parvenues, avec toute cette liberté relative, à se livrer à un journalisme sérieux.
"Ces dernières années, notre presse a fait des avancées importantes dans le domaine de la liberté d'opinion, dans le contenu qualitatif et dans son engagement dans les questions nationales", indique à Magharebia Amna Mint al-Moukhtar, activiste issue de la société civile.
"Mais je remarque des négligences dans les performances offertes par le journalisme radiophonique et audiovisuel, parce que leur couverture des problèmes communautaires et des violations faites aux droits de l'Homme semblent varier selon les périodes. Parfois, sous la pression, les médias s'intéressent à ces sujets et à d'autres moments, ils les ignorent complètement", ajoute-t-elle.
Par Jemal Oumar pour Magharebia à Nouakchott