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22-02-2013

22:46

Affaire Mamouny Ould Moctar : Le FIJ s’invite…

Mamouny Ould Moctar est un journaliste chevronné. Il a été licencié par l’actuel directeur de l’Agence Mauritanienne d’Informations. Institution que le journaliste, à deux ans de la retraite, a vu naitre et grandir, grâce à lui et d’autres pionniers de la presse publique. Il a vécu trente ans durant, au sein de ce média public.

Il y a travaillé dans des périodes où le totalitarisme était le maître mot. Il a vu défiler des dictateurs. Il a vu mourir des régimes. Il a été témoin de la naissance d’autres. Jusqu’au dernier. Celui dont l’inspirateur a juré, devant une foule immense, au Palais des Congrès de distribuer la justice équitablement. Entre tous. Finis les temps de l’iniquité !

Finis les injustices. C’était, en 2008. Quatre années, ou presque, après cette sortie prometteuse de l’homme fort du pays, celui qui deviendra, une année plus tard, le premier magistrat, quelque temps avant ce que d’aucuns appellent du Printemps Arabe.

Le vent de liberté qui a balayé des dictatures et fait chanceler d’autres. Et qu’ici, en Mauritanie, on ne lui trouvait aucune place. Tellement, le discours officiel est espoir. Tellement, il est mielleux. La Justice, elle nous a été promise, en 2008. On ne pourrait, alors, imaginer un instant que cette promesse censée se compter suprême allait être reniée, par un Yarba Ould Sghaïr, en mai 2012.

Reniée, jusqu’à ce que d’autres, les autres, s’en mêlent, et osent nous donner des leçons de justice. Yarba Ould Sghaïr a ouvert le boulevard pour que la Fédération Internationale des Journalistes s’invite et se propose, en médiateur. Dans la missive qui suit : Dans une lettre adressée au DG de l’AMI, la Fédération internationale des journalistes (FIJ) s’est déclarée certaine que le limogeage du journaliste Mamouny Ould Moctar procède d’un abus de pouvoir. Dans le même ordre d’idée la Fédération a demandé un réexamen du dossier du confrère accusé d’avoir «nui aux relations avec un pays frère» qui doit aboutir à sa réintégration. Taqadoumy publie la lettre de la FIJ dans son intégralité.




Lettre à Monsieur le Directeur Général de l'Agence mauritanienne d’information.

Cher Mr Ould Sghair,
Je vous écris au nom de la Fédération internationale des journalistes et de ses syndicats à travers le monde pour vous demander la réintégration de Mamouny Ould Moctar que vous avez licencié en mai 2012. Nous avons été saisi par notre syndicat en Mauritanie du dossier de notre collègue qui a travaillé pendant trente ans dans votre agence.

Ayant examiné son état de service qui nous a paru impeccable, il nous est difficile de comprendre comment vous aviez pu prendre une telle décision de mettre ce collègue au chômage deux années avant sa retraite.

Nous avons pu évaluer les fautes professionnelles dont vous avez accusé Mamouny, surtout votre accusation qu’il a «nuit aux relations avec un pays frère » et nous sommes certains que, en tant que cadre dirigeant de l’AMI, vous avez abusé de votre pouvoir et agi d’une façon arbitraire et contrairement aux principes d’indépendance du service public.

Nous vous demandons par conséquent de re-­?examiner le dossier de notre confrère et de le rétablir dans ses fonctions au sein de l’agence. Tous les collègues de Mamouny ont témoigné de son parcours professionnel sans faille où il a toujours fait preuve d’une probité et d’intégrité exceptionnels.

La FIJ se déclare prête à s’engager dans un dialogue pour trouver une solution juste qui doit aboutir à la ré-­?intégration de Mamouny.

Dans l’attente d’une réponse positive, veuillez agréer Monsieur mes salutations les plus distinguées.

Président
Fédération internationale des journalistes


International Federation of Journalists, International Press Centre,
Résidence Palace, Block C, 155 Rue de la Loi, B1040 Brussels
Tel: +32 2 235 2200 Fax: +32 2 235 2219 E-mail: ifj@ifj.org



 


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