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Par où commencer ?
J’ai suivi – très attentivement – un débat "parlementaire" sur l’une des radios privées regroupant un représentant de la Coordination de l’opposition démocratique (COD), un de la Coalition des Partis de la Majorité (CP) et un autre de la Coalition pour une Alternance Pacifique (CAP).
Il s’agissait, visiblement, pour ces adversaires politiques de commenter, à chaud, l’ouverture de la deuxième session parlementaire ordinaire pour 2012-2013, et notamment le discours du président de l’Assemblée nationale, Messaoud Ould Boulkheir, qui a consacré une large place à son initiative pour la sortie de crise.
Un débat donc sur des questions de l’heure mais comme on pouvait s’y attendre, le retour inévitable sur les péripéties du passé a ramené en surface tous ces problèmes liés à une démocratie en crise : coup d’état du 6 août 2008, Accord de Dakar, présidentielle de juillet 2009, gestion du pouvoir depuis, dialogue, remise en cause de ce dernier, "printemps arabe", etc.
Le discours du représentant de la COD reste le même : On tourne en rond ! Rien n’a changé depuis la chute de Taya, le général Aziz "a tué" l’espoir de la démocratie qu’était l’élection du président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi. Une raison suffisante, selon l’opposition, pour ne plus se laisser prendre dans les pièges de cet homme dont l’unique préoccupation était d’arriver au pouvoir et de le conserver. Par tous les moyens.
Le représentant de la majorité à ce débat, le député de Barkéol Mohamed Ould Bebana, a voulu frapper un grand coup, en disant que la COD doit en finir avec ce vieux disque raillé du coup d’état contre Sidi – parce que l’élection présidentielle de juillet 2009 est venue pour le "blanchir". Et le tribun de la Majorité de demander à ce que l’on cesse de revenir sur le passé.
La COD ne se fait pas attendre : L’élection présidentielle gagnée par Aziz fait partie intégrante de la "série", elle ne peut donc constituer le commencement. Une cinglante réplique qui rappelle la vanité des tentatives d’une majorité voulant réécrire l’histoire, un peu à l’image de ce qu’avait fait l’AMI (Agence mauritanienne d’information) qui avait "archivé" toutes les informations antérieures au sacre du général Aziz, le 06/06/2008.
C’est encore une fois la CAP qui tente de concilier les positions.
Son représentant reprend, au mot près, le discours de Messaoud, indiquant que la situation du pays est critique sans être désespérée. Le dialogue a bien servi à quelque chose mais il ne peut être une solution miracle à tout, si les protagonistes de la crise politique continuent à tirer sur la ficelle. Le plus important pour la CAP est d’avoir tenté quelque chose, sans être sûre que les objectifs pouvaient être atteints mais également sans céder au fatalisme.
On retiendra de ce débat cette profession de foi de la majorité qui laisse entendre qu’elle est prête à tout ce qui peut aider à résoudre la crise.
Mais quand on pose la question de la formation d’un gouvernement d’union nationale, la crispation revient : pourquoi faire ? Ce serait une remise en cause du rôle de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) que de croire que le ministère de l’Intérieur, l’administration dans son ensemble, a encore son grand mot à dire dans l’organisation des élections. Entre la théorie et la pratique le gouffre est immense.
Sneiba