Cridem

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16-04-2014

06:39

'Sous l'acacia...': Vrai ou faux, cet amour ?

Mohamed Mouemel Elboukhary - Ils sont trois. Beaucoup de choses les lient. Autant les différencient, aussi. Ou même plus. Seul l’artiste, l’écrivain, en fait un composite homogène, une entité. Sa plume les fond en parfaite symbiose : l’un d’eux nourrit les deux autres, les fantasme… et, eux, en bons compagnons reconnaissants, le gardent tout le temps, présent : prêt d’eux, sur eux, dans leurs corps, dans leurs mémoires…

Ils s’y reposent, se mettent à son ombre, s’en alimentent, s’en servent... Ils le ruminent, cet acacia, chacun à sa manière. Le chameau, au cours de sa journée de broutage, en a emmagasiné des quantités de feuilles, de fleurs, d’épines, de petites branches… dans sa panse.

Au repos, il rumine tout ça, le mastiquant mouillé de sa salive gluante et verdâtre, puis il l’avale de nouveau, mâché et lubrifié. Et le cycle recommence infiniment.

Moctar, lui, il se remémore pleins de souvenirs liés à cet arbre. L’acacia marque tout chez lui : son passé, sa famille, son entourage, leurs activités… Il est central dans son mode de vie, cet arbre qui fournit la gomme arabique et nourrit le bétail.

Ce trio de personnages, ce mélange composé à partir d’un savant dosage entre l’humain, la faune et la flore, est engagé dans une aventure qui ne dit pas son nom : une ‘’aventure ambiguë’’, comme dirait ce célèbre romancier sénégalais des années ‘’60’’. Mais elle est encore moins vraisemblable que ‘’l’aventure’’ de Cheikh Hamidou Kane. Cette envie irrésistible qui habite Moctar de vouloir dire son amour coûte que coûte, et cet impératif de le taire, de le cacher, qui le hante, et qu’il accepte volontiers, sans amertume aucune, avec orgueil et fierté.

Quel mystère!

En effet, comment peut-il s’embarquer dans un amour qui n’existe pas, qui ne s'exprime pas...cherchant à le dire sans le dire ? Dans des chimères, dans une image, qu’il fabrique lui-même, une image d’un avenir plus qu’hypothétique ? Des hallucinations !

Seul indice matériel viable : la silhouette d’une enfant ‘’talibé’’, vue pendant quelques instants avec quatre yeux dont deux, ceux de Moctar, furent à peine dévoilés pendant cette courte ''séance de voyeurisme'' conduite, à distance et en cachette, avec la complicité de l'épouse de son ami M'barek. Un indice synonyme, d’une certaine manière, de vol d'un spectre humain ; de manifestation d’un ‘penchant enfoui pour un genre de pédophilie' légitime à l’époque et romantique, mais inacceptable aujourd’hui ; d'une certaine expression convenue d’un amour platonique digne d’un autre âge...

Que d’hypothèses !

Dans quel registre sommes-nous : légende ou fiction ? Ni l’une ni l’autre. L’histoire est vraie mais aussi rêvée. Du moins, c’est comme ça que je l’ai sentie, que je l’ai vécue… en lisant ’’ Sous l'acacia... ‘’

Ai-je raison ? Kham.

D’ailleurs, à quoi bon savoir ? Elle m’a emballé, m’a émerveillé. Et c’est l’essentiel. Que dois-je demander de plus à l’auteur ? Rien ! Sauf lui dire : Merci, Abdelvetah Ould Mohamed, tu m’as enchanté.

El Boukhary Mohamed Mouemel

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Lien pour voir ‘’Sous l’acacia’’ : (http://www.loree-des-reves.com/modules/xnews/article.php?storyid=1513).



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