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Toile de fond. La chronique de Cridem : Éducation. Que faut-il pour sauver l’école mauritanienne ?
C’est le moment de la reprise des classes, l’école qui a ouvert ses portes il y a quelques jours ne semble se porter mieux. L’école mauritanienne est en péril en raison d’une spirale alimentée par l’absence de plusieurs paramètres, comme l’absence d’organisations syndicales pour un secteur aussi vital.
On n’éprouve pas autour de l’école, cette délectation dans la présentation et surtout la défense radicale de plateformes revendicatives. Déjà, l’actuel Ministre de l’Education fait face à des épreuves irréfutables qu’il aurait dû partager avec des syndicats.
Dût quiconque en être offusqué, aucune lutte d’envergure n’a conquis le droit à un meilleur devenir scolaire, c’est comme si les enseignants n’ont pas de droits et des devoirs. La satisfaction de leurs revendications si elles existent devraient les amener à procéder à un diagnostic pour s’évaluer et évaluer leur travail dans les salles de classes.
La question centrale qui se pose aujourd’hui à l’éducation nationale est celle du rapport entre l’exigence du savoir et celle du nombre, d’une part, et d’autre part, entre le traitement social des enseignants et la qualité de leur prestation professionnelle. Autant il faut sauver cette entrée scolaire, autant il faut sauver l’école mauritanienne.
C’est triste de constater que l’exigence du savoir semble être sacrifiée à celle du nombre en raison des normes de l’Education Pour Tous. C’est justement ce qui fait que l’enseignement chez nous ressemble à une colossale machine bureaucratique avec un système éducatif développé à sens unique et une éducation sous développée.
Déjà, l’Etat recrute des enseignants parfois sans aucune formation ou une formation expéditive. Dans ces conditions, l’enfant pourra-t-il entrer dans un collège moyen bien et mieux armé pour suivre ensuite un bon enseignement secondaire ?
Les enseignants syndiqués, les APE, tous devraient aller plus loin en proportionnant leurs revendications syndicales et l’évaluation de leur enseignement. L’élève des années 2.000 est très différent de celui des années 80 et même avant.
L’enseignant d’hier dépasse de très loin celui d’aujourd’hui. Pourquoi ? La question est grandement ouverte. Ce qui est sûr est que les enseignants compétents dotés d’un bon niveau sont la condition d’un enseignement de qualité. Et l’enseignement de qualité est une exigence démocratique.
Il permet l’égalité des chances dans une société démocratique et policée. Au cas contraire, seul les nantis peuvent en bénéficier, ce qui naturellement défavorise les handicapés sociaux.
Aujourd’hui il urge de sauver l’école mauritanienne, en convoquant tous ses acteurs, des reformes sont nécessaires pour un enseignement plus quantitatif et plus démocratique.
A cause de l’absence de primauté donnée aux questions socio-syndicales et surtout du niveau des enseignants, les insondables ressources intellectuelles et morales de la jeunesse du pays sont sous-exploitées.
Quand certains élèves s’expriment ou quand l’on procède à l’évaluation des semestres, on découvre vite que la jeunesse est sous instruite parce sous éduquée. L’éducation nationale refuse la rigueur et c’est surtout la responsabilité des acteurs eux-mêmes. Il faut sauver l’école pour en faire le berceau de la République.
L’effondrement des interdits et du mythe de l’enseignant, le recul de la réflexion, la peur de l’effort, la démission de certains parents, le manque de rigueur des enseignants dans la pédagogie, l’absence d’autorité dans certains établissements, la démobilisation des inspecteurs, entre autres, ont fini par affaiblir le système éducatif en créant aussi bien chez les jeunes que chez les parents une vague angoisse.
Au non de la République et pour le compte de la patrie, les sacrifices devraient être multipliés. Il est temps, entre la pédagogie de la revendication et celle de la démission démobilisatrice, de trouver une autre voie : celle de la responsabilité républicaine.
Pour cela, il faut impérativement et nécessairement sauver l’école en la délivrant de sa léthargie et lui trouver une autre voie : celle de la responsabilité républicaine autour d’un pacte moral et civique au moyen d’un large consensus qui aboutirait à un partenariat entre les enseignants et l’autorité de l’Etat.
Notre système éducatif à plus que besoin d’instituteurs par vocation qui sont les piliers les plus solides de la République, que de mercenaires tombés dans l’éducation par survie et qui ont détruit le système éducatif pour des intérêts corporatistes et alimentaires.
ADN