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04-03-2015

21:15

Déclaration de Saint- Louis

Association SOS Réfugiés - L’association SOS Réfugiés de Saint- Louis et des chefs de sites de réfugiés de la vallée, saisissent, cette opportunité pour rappeler à l’opinion nationale et internationale que l’état mauritanien a entretenu un cycle de répression d’une violence rare contre la communauté négro- mauritanienne.

En 1986, après la parution du « manifeste du négro-mauritanien opprimé » de lourdes peines furent infligées aux intellectuels accusés d’avoir rédigé le document, ils sont emprisonnés à l’infâme mouroir de Walata, dans des conditions dignes d’un camp de concentration nazi.

En 1987, le gouvernement prétextant d’un pseudo coup d’état, exécuta froidement trois jeunes officiers noirs et condamna d’autres à de lourdes peines. Ce fut, le début d’une vaste épuration dans l’armée. En 1989, le gouvernement profitant des événements sénégalo-mauritaniennes, écrivît l’une des pages les plus sombres de l’histoire de notre pays.

Les forces de sécurité s’acharnèrent sur la communauté négro-mauritanienne massacrant, violant, emprisonnant et déportant au Sénégal et au Mali, toutes catégories socioprofessionnelles.

En 1990 - 1991, une vaste opération de dénégrification des forces armées fut opérée, des centaines d’officiers et sous officiers noirs furent exécutés après de terribles souffrances. A cela s’ajoute, une expropriation effrénée des terres des négro- mauritaniens de la vallée.

Très récemment encore le gouvernement mauritanien s’est signalé, à l’opinion internationale par des mesures qui illustrent éloquemment son mépris des libertés individuelles et collectives.

L’arrestation, le 11 novembre 2014 et la condamnation le 15 janvier 2015 du président de l’ira, Biram Dah Abeid et deux militants des droits de l’homme à deux ans de prison ferme, en sont des exemples concrets. Son refus de conscientiser la communauté Haratine (maures noirs) sur ses droits et de punir les personnes ou groupes qui continuent de détenir des esclaves, malgré les multiples appels.

Le blocage systématique du processus démocratique : le boycott des grands partis politiques lors des dernières élections présidentielles et législatives, est à l’origine de la crise institutionnelle.

Le système discriminatoire de l’enrôlement et l’établissement des cartes nationales d’identité. L’impréparation et la précipitation du fallacieux rapatriement de2007 n’ont créé que des réfugiés dans leur propre pays, marginalisés, clochardisés, abandonnés à eux- même.

Beaucoup d’entre eux, sont revenus au Sénégal, sans la possession de leurs pièces d’état civil, ce qui fait d’eux, des apatrides. Devant cette triste situation, l’association SOS réfugiés et les chefs de sites ;

-Appellent, à une cessation de toute forme de violation de liberté individuelle ou collective en Mauritanie.

- Réaffirment, avec force, la problématique de l’unité nationale qui est une condition sine quo none, et ne saurait être durablement occultée.

-.Exhorte le HCR, le gouvernement du Sénégal, la communauté internationale ainsi que les organisations de défense des droits de l’homme à œuvrer pour trouver une solution définitive aux problèmes des réfugiés mauritaniens au Sénégal et au Mali.

- Exigent l’application stricte de la convention de Genève de 1951. Convaincus, que, la cohabitation nationale ne saurait être sans la poursuite des auteurs des crimes de 1989, devant la cour pénale internationale (CPI) pour une justice parfaite et équitable, afin d’éviter à la Mauritanie une guerre civile rampante.

Fait à Saint- Louis, le 25 février 2015.

Abdoulaye Diop : Président Sos réfugiés : 77 515 72 30
Thierno Sow : coordinateur des chefs de sites : 77 964 36 55



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