Cridem

Lancer l'impression
22-04-2015

16:00

Comment nourrir les hommes et les animaux de Mauritanie : à un coût 70% moins chers que la concurrence ?

Cheikhany Ould Sidina - Il faut et il suffit que l’Etat mauritanien consente à faire une deuxième découverte de son Amérique agricole c’est à dire de son Bas Delta et Aftout Sahel non exploités.

La première découverte de notre Amérique (le Delta) a été forcée en 1984, 20 ans plus tôt, quand j’ai eu à réaliser contre le grés de la SONADER et son Ministère du Développement Rural (l’Etat y interdisait la riziculture) un aménagement gratuit de 1000 ha aux populations frappées par la sécheresse (en ma qualité de ''Prefet Vert de Keur Masséne'' , ‘’Administrateur du développement musclé’’ me taxait-t-on) pour faire découvrir au pays non seulement que ces terres sont rizicultivables mais aussi l’intérêt de la mécanisation agricole, que j'ai introduite avec l'auto-organisation des collectivités locales et des privés pour faire tâche d’huile au Trarza et permettre un Boum dans la Wilaya du Trarzaen faisant passer le rythme d’aménagement annuel à 5000 ha/an au lieu de 47ha/an de la SONADER durant 10 plus tôt(les statistiques officielles du CILSS/OMVS ét SSA/MDRE sont disponibles)...

Aujourd’hui non seulement dans ce Delta dont nous avons été privé par notre Ministère du développement Rural 24 ans (1960 à 1984) nous disposons de plus de 20.000 ha , c’est à dire plus de la surface aménagée ou en aménagement sur sur tout le fleuve, mais nous disposons de prés 100.000 ha de terres alluvionnaire ( riches terres agricoles) irrigables sans pompage et 900.000 ha de terres dunaires irrigables par aspersion (pivots, rampes (comme au Sénégal voisin par les usines de tomates et de pommes de terres, aliments de bétail de la SOCAS prés de Saint Louis).

La Mauritanie a donc dans cette Amérique non découverte un total de 1000.000 ha non exploités à quelques Km Sud de Nouakchott disposant de 6 facteurs exceptionnellement favorables suivants, réducteurs des coûts de productions de 70% :

- 1- De 6 milliards de m3/an d’eaux douces du fleuve , totalement maîtrisées 12 mois sur 12 par 8 ouvrages vannés non exploités bien qu’ayant la capacité d’assurer l’irrigation de 1000.000 ha avec un débit moyen de 6000 m/3 par an. Sur la base d’un rapport de 6.000.000.000 m3/60.000 m3= 1000.000 (ha) : Etant connu qu’un ha de blé ou de légumes a besoin de 6000m3/an.

- 2- La présence sur le site d’un réseau d’électricité haute tension en provenance du Barrage de Manantali non exploité.

- 3- La présence de routes goudronnées vers Rosso et Keur Masséne, de moyens de transport maritime, Nouakchott, fluvial et aériens (Nouakchott et Saint Louis) non exploités.

- 4- La présence d’une main d’œuvre abondante en chômage donc à bas prix.

- 5- La présence de milliers d’engins (Bull, Niveleuses, tracteurs et accessoires, moissonneuses, motopompes neufs ou de secondes mains facilement renovables non exploitées.

- 6 - La disponibilité de plusieurs dizaines de milliards d’Ouguiyas du Budget de l’Etat affectés, à tord, chaque année à l’importation de produits agricoles étrangers dans le cadre du Projet Emel soit dans la subvention du riz national non rentable en zone non irrigable par gravité à raison de 110 UM/kg.

Le 6 milliards de m3/an d’eau douces que la Mauritanie s’était endettée en 1990 par la construction de la Digue Rive droite et ses 8 ouvrages vannés sont actuellement abandonnés à l’évaporation solaire, le développement des mauvaises herbes, (Typhas et autre) ,’l’engraissage des phacochères, des oiseaux migrateurs, et leurs excédent envoyés à l’Océan pour menacer chaque année de transporter sur sa voie la Ville de Saint Louis et les iles de N’Diago.

La mise en valeur de ce potentiel non exploité peut être ainsi estimé : Dans l’hypothèse qu’un ha donne un rendement de moyen de 5 tonnes en riz ou en blé et de 30 tonnes en légumes nous pouvons estimer la production potentielle sur le million d’ha non exploité à 5 millions en céréales et à 30millions en légumes en produits alimentaires et autant en sous produits (aliments de bétail )soit Soit 4 à 40 fois les besoins alimentaires du pays ( dont la population ne constitue pas un quartier d’une grande ville de certains pays) eu égard aux 6 conditions favorables sus évoquées à 70% moins chers que la concurrence internationale.

Nouakchott le 22 Avril 2015
Cheikhany Ould Sidina
Expert en développement



Les articles, commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité


 


Toute reprise d'article ou extrait d'article devra inclure une référence www.cridem.org