Cridem

Lancer l'impression
17-06-2015

13:30

Toile de fond : La famille, pire ennemi de l’africain ?

La solidarité contrainte est le lot d’une immense majorité d’africains. Et quand tout est épuisé et que les parasites sont là demandeurs et pressants, la tentation est grande de passer à l’acte délictueux qui expose au renvoi, à la prison ou à des représailles physiques des victimes.

Certains profiteurs, voyant que la source de profit se tarit, iront sans vergogne s’installer chez un autre cousin, quand la première sœur aura été essorée. Et puis, il y a les « sœurs », les cousins qui empruntent un chemisier, des bijoux pour sortir et qui oublient de les rendre, qui utilisent le maquillage et les produits de beauté de celle qui fréquente un riche et qui ne remplacent rien.

Et quand le mari se plaint trop des dépenses, on « perd son téléphone ou on s’est « fait voler » son porte-monnaie au marché pour dissimuler l’argent donné au petit frère quémandeur qui en est à son énième mauvais coup, ne s’amende jamais et ne cesse de réclamer !

On a vu en son temps, l’ancien président du Burkina-Faso, M. Ouédraogo, risquant sa tête pour détournement de fonds publics, a choisi comme argument à sa défense qu’en tant qu’africain, tout le monde dans du tribunal étant aussi africain, les jurés se devaient de la comprendre, si ce n’est de lui pardonner ses incartades.

« En tant que premier citoyen du pays, j’étais aussi le premier rançonné. Je voyais des gens se disant de ma famille, dont j’ignorais l’existence jusqu’au jour de la première entrevue et qui me demandaient un poste, un privilège, de l’argent, une signature. Je donnais, je signais, vous en auriez fait autant ! ». Tel est retranscrit dans l’esprit les termes de son plaidoyer.

Il a sauvé sa tête toute comme l’une de ses ministres qui expliquait qu’il y avait beaucoup de casse de vaisselle lors des réceptions officielles et que quelquefois les assiettes et les couverts disparaissaient tous seuls, alors que certaines pièces du mobilier national avaient été retrouvées chez des nièces et des belles-sœurs. Si un dirigeant africain n’est pas à l’abri de pressions, alors qu’est-il d’un citoyen lambda ?

Au bas de l’échelle sociale, une prostituée est victime en permanence des quolibets et des lazzis, la famille a honte, mais elle peut se racheter en revenant au village, ou même en ville de nos jours, une valise pleine de cadeaux pour faire pardonner sa vie dissolue. Un poste de télévision fait vite oublier la méconduite d’une fille aux mœurs légères.

ADN

Copyright © 2015 Cridem



Les articles, commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité


 


Toute reprise d'article ou extrait d'article devra inclure une référence www.cridem.org