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12-11-2016

15:51

Regards croisés de deux artistes

Les Mauritanies - Amy Sow et Kemboury Bessane. Une peule et une sérère en quête d’inspiration.Deux artistes peintres séparés par les flux et les reflux d’un même fleuve.

L’une est mauritanienne, née artiste dans une famille où l’art est érigé en style de vie au milieu de couleurs qui l’ont inspiré. L’autre, sénégalaise, a rencontré le feu sacré en classe de seconde. «Je faisais tous les desseins et illustrations de nos cours d’histoire et géo et de Sciences Nat».

Le voisinage d’un artiste l’aidera à embarrasser une carrière pas facile à concevoir dans une Afrique où l’on pousse sa progéniture à embarrasser une «carrière rentable».

Après une formation en sérigraphie et autres usages publicitaires, Kemboury se persuade désormais qu’elle est destinée à l’art.Elle s’inscrit à l’Ecole des Arts (Dakar) pour quatre ans. Une fois son diplôme en poche, elle franchit un nouveau palier et expose une première fois en Gambie puis au Sénégal avant d’embarrasser le circuit international, la France, la Belgique et l’Allemagne.

Ne se réclamant d’aucune école, elle évolue entre l’abstrait et le réalisme au gré de l’inspiration. Selon cette artiste, l’art manque de soutien, de promoteurs et de mécènes..."Le Sénégal dispose de galeries mais pas encore d’un marché de l’art dynamique", concède-t-elle. Les deux artistes ont exposé lors du dernier Dakar ́Art. Les œuvres d’Amy Sow reflètent la femme en général dans son quotidien de tous les jours. La femme vue de profil, de dos, derrière la fenêtre des préjugés, sous le voile pudique de nos conservatismes.

La femme dans son destin de butin de guerre ou de ferment pour la reproduction sociale. Pendant qu’à côté de son amie, Kemboury nous entraîne dans des toiles choc de couleurs vives où la lumière est omniprésente, déformant les êtres et les objectifs, les formes et les caractères.

Autant pour Amy Sow que pour Kemboury, il s’agit de réhabiliter l’art dans des pays qui le méconnaissent et l’excluent dans leurs politiques de développement. Le musée national, l’institut français et les deux autres galléries d’art sont insuffisants pour faire éclore l’art en Mauritanie. Au Sénégal, le choix est plus large mais l’on peut encore faire beaucoup plus...

Nayabinghi Wade



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