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24-03-2017

13:30

Le président Aziz catégorique : Il y aura referendum et je ne démissionnerai pas

Sahara Medias - Ce sont deux heures d’horloge qu’a duré la conférence de presse du président Mohamed O. Abdel Aziz mercredi soir. Neuf journalistes, issus des rangs de la presse indépendante se sont chargés de poser différentes questions, essentiellement autour des amendements constitutionnels, après le rejet de celles-ci par la chambre haute du parlement.

Dans ses différentes réponses aux questions différemment posées, le président de la république n’a laissé aucun doute quant sa détermination à soumettre à referendum populaire les amendements constitutionnels, précisant que l’article 38 de la constitution lui en donne la prérogative.

Pour le président Aziz, 33 sénateurs, ne peuvent pas prendre en otage tout un peuple qui soutient dans sa majorité les amendements.

« Nous ne resterons pas les mains croisées ajoute O. Abdel Aziz parce que 33 sénateurs ont rejeté ces amendements alors que nous avons d’autres recours juridiques claires et démocratiques.

C’est pourquoi nous avons décidé de recourir à l’article 38 de la constitution ».


Commentant le rejet par les sénateurs des amendements, le président Aziz a déclaré qu’il n’était pas disposé à laisser l’avenir de la majorité des mauritaniens entre les mains de « 33 personnes ».

Le président a par ailleurs réaffirmé qu’il n’y aura pas un nouveau dialogue avec l’opposition ajoutant cependant qu’il était disposé, à n’importe quel moment à recevoir les dirigeants de celle-ci en sa « qualité de président de tous les mauritaniens ».

O. Abdel Aziz a réaffirmé qu’il ne saurait subir une quelconque pression de l’extérieur pour organiser un nouveau dialogue. « Il n’est pas question a-t-il ajouté que mon pays face l’objet de pression de l’étranger ».
Il a évoqué ses rencontres avec l’émissaire des nations unies pour l’Afrique de l’ouest et une délégation de l’union européenne qui n’auraient évoqué que du bout des lèvres la question d’un nouveau dialogue dans le pays.

Interrogé sur une éventuelle démission après le rejet des amendements par les sénateurs, ou si elles étaient rejetées au terme du referendum, le président O. Abdel Aziz n’a laissé aucun doute sur ses intentions : « je ne démissionnerai pas, je ne suis pas un homme qui démissionne et je ne suis pas un homme qui échoue ».

Le président Aziz a nié avoir paralysé le parlement en s’adressant directement au peuple, par referendum pour faire passer les amendements.

A l’argument repris par l’opposition sur l’impossibilité de recourir à l’article 38 de la constitution pour organiser un referendum, O. Abdel Aziz oppose l’avis « de constitutionnalistes compétents, désintéressés et neutres » qu’il a consulté à propos de la question.

Le président Mohamed O. Abdel Aziz a critiqué le vote contre les amendements de la part des sénateurs de l’opposition et évoqué « une discordance dans les valeurs et l’éthique démocratique ».

Il s’est déclaré surpris par le vote des sénateurs, inattendu reconnait-il ajoutant que cela ne les concernait qu’eux-mêmes.

Le vote contre les amendements de certains sénateurs de l’opposition « n’affecte en rien la majorité a déclaré O. Abdel Aziz, quand bien même ils ont commis une erreur qui ne change pas notre position à leur endroit ni la leur par rapport à la majorité ».

L’un des journalistes a décrit le vote contre les amendements des sénateurs de la majorité comme « un indicateur de la bonne santé de la démocratie », un constat rejeté par le président Aziz qui trouve anormal que des membres de la majorité aillent dans le sens contraire aux choix de celle-ci.

« Le vote des sénateurs contre les amendements constitutionnels sont une entrave aux valeurs démocratiques et non pas un indicateur de la bonne santé de celles-ci » a dit en substance le président Mohamed O. Abdel Aziz.



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