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30-09-2017

20:30

La première chose qui me vient à l’esprit

Nord Info - Lors d’un voyage organisé pour voir la situation des villes intérieures, en particulier, celles du Brakna et alentours quelques constats s’imposent.

L’objectif ici n’est pas de condamner les décideurs en place, loin s’en faut. Les pouvoirs publics ont beaucoup fait sur le double plan des infrastructures et l’aménagement des villes. Les remarques présentes sont faites pour éclairer et améliorer les choses.

La première chose qui m’est venue à l’esprit, faisant un passage à Boghé et alentours après la tempête qui a causé des morts, le fait remarquable est la propreté de cette ville, la bonne organisation et le dynamisme de ses populations ainsi que leur esprit de citoyenneté : rues propres et dégagés, étals rangés.

Par contre, la première chose que j’ai ressentie lorsque nous sommes arrivés à Aleg c’est l’anarchie qui règne partout : squat des rues par les étals de commerce de toutes sortes (bouchers, vendeurs de pains traditionnels, de beignets de menthe, Michelin, mécaniciens).

Les rues sont sales et les goudrons inexistants et le peu qui reste manque d’entretien. La première chose qui est passée par l’esprit de ceux que nous avons interrogé c’est l’immobilisme des élus de cette ville. Cette ville où le commerce est roi est laissée à elle-même. Une ville sale malgré l’absence cette année des moustiques où la poubelle s’amoncelle partout. Les commerçants disent qu’ils payent pourtant la commune 40.000 UM par an pour une pancarte au dessus d’une boutique, de 200 UM au minimum par étal et par jour et plus pour les petits commerces.

Les interrogés se demandent où sont passés tous ces montants et à quoi ils servent s’il n’y a pas d’effets positifs sur leur ville. Les 45 mm d’eau tombée le dimanche au lundi 25 septembre ont rendu la ville dégueulasse et les rues impraticables. Ne parlons pas des poubelles qui jonchent même les habitations, la mairie et l’administration centrale. Des milliers d’os d’animaux bien mâchés par un voyageur de passage dorment à côté des populations.

La première chose que j’ai ressentie est l’état poussé de dégradation de la route de l’espoir, ce tronçon mouroir du pays, en particulier la route entre Boutilimit et Aleg, 100 km presqu’impraticables à l’instar de celle qui mène de Nouakchott à Bombri, 46 km de Rosso. Pourtant, les pouvoirs publics ont confectionné des routes partout à l’intérieur du pays. Pourquoi n’a-t-on pas pensé à celles-là ? Quel est leur problème ? Ne sont-elles pas composées de tronçons principaux utilisés par des milliers de voyageurs nationaux et étrangers ?

La première chose qui m’est passée par l’esprit, est le bon état de la route qui mène vers kiffa à partir de Chogar, un tronçon de 240 km impeccable confectionné en 2002 dit-on par une société étrangère. Les projets de routes goudronnées dont les maitres d’œuvres sont étrangers sont mille fois meilleurs que ceux de nos sociétés nationales, c’est en tout cas la première chose que j’ai ressentie. La première chose qui me vient à l’esprit, c’est pourquoi nos hommes d’affaires, qui ont en charge l’entretien et les projets de routes goudronnées, nos élus qui gèrent nos communes sont si irresponsables, si véreux ?

Pourquoi enfin leur travail si fragile, si mince devient ce que l’on sait ?

A.SALECK
Pour Nordinfo.info



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