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27-10-2017

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5e édition Festival Culture Métisse : Sous le sceau du brassage culturel maroco-mauritanien

Journal Tahalil - La 5e édition du Festival de Culture Métisse a ouvert ses rideaux ce 25 octobre 2017 à Nouakchott en présence des acteurs culturels et des artistes invités venus du Maroc.

Des rencontres artistiques et éducatives sont au menu de l’évènement culturel avec à la clé, une résidence d’artistes mauritaniens et marocains marquée par des formations, des exposés et des prestations de groupes de musique et d’orchestres Harmattan de la Mauritanie et SNITRA du Maroc.

Porté par l’Association Nouakchott Musique Action (NMA), qui existe depuis presque 10 ans, cet évènement est un carrefour de brassage musical. C’est «un rendez-vous interculturel qui vise à montrer tout l’enjeu de la diversité culturelle », souligne son promoteur Lamine Kane.

Mais également à « promouvoir le développement de la musique mauritanienne par la valorisation du potentiel, à travers des échanges interculturels, la paix au sein des nations, de l’Afrique et particulièrement en Mauritanie condition première du développement durable du pays», poursuit-il à travers un communiqué publié pour la circonstance.

En outre, les organisateurs soutiennent que «C’est grâce au soutien et à l’appui de l’Ambassade de France, à travers son SCAC (Service de Coopération et d’Action Culturelle), de l’Institut Français de Mauritanie (IFM) et l’opérateur Mattel, sponsor officiel de cette activité depuis 2014, que ce festival continue d’exister».

Un événement qui est aussi le fruit d’une collaboration entre NMA et ses partenaires de l’Institut Français du Maroc et celui d’Oujda. C’est dans ce cadre que du 18 février au 1er mars 2018, le groupe Harmattan sera au Maroc pour la 2e partie de cette résidence de création musicale en duo avec le groupe SNITRA du Maroc.

Un grand concert est prévu dans la soirée du 27 octobre à l’IFM à partir de 20h et ce, jusqu’à 23h (avec une entrée gratuite). Un programme alléchant est au menu avec des prestations prévues des troupes Eubaye, Alemiya Mint Seyid, Rendu de la Résidence Maroc-RIM, Seydou Nourou Gaye et Walfadjri.

Le ministère de la culture encore aux abonnés absents …

A l’occasion de la conférence d’ouverture, Mr Lamine Kane, promoteur du festival a déploré le manque de soutien du Ministère de la Culture et de l’Artisanat qui est encore aux abonnés absents comme à l’accoutumée sous le prétexte d’une pléthore de dossiers à soutenir.

Rappelant au passage le but du Festival Culture métisse, qui n’est rien d’autre que de promouvoir l’interculturalité, Mr Kane a affirmé mordicus que « même avec 100 ouguiyas, nous organiserons le festival». Connu pour son engagement pour la cause « culturelle », Lamine Kane a regretté l’absence de la Mauritanie sur la scène musicale internationale.

On ne parlera jamais assez de ce manque de volonté politique de l’Etat à soutenir les artistes mauritaniens qui, contre vents et marées, veulent sortir de l’ornière, de ce carcan étouffant et qui pourrait à bien des égards, constituer un goulot d’étranglement pour cette corporation. Selon l’organisateur, « les artistes ne demandent qu’à être soutenus à travers la mise en place d’infrastructures, de studios d’enregistrements, des formations pour de jeunes talents …

« Si l’Etat ne nous soutient pas, nous allons mourir comme des clandestins »
dixit Lamine Kane qui appelle les artistes à se souder et à faire preuve de beaucoup de volonté et de courage à l’image de Papis Koné (Guitariste de Walfadjri), Abdou Fall (propriétaire de studio d’enregistrement), Moussa Diakité (VFC), Sidi Sow (infographe), Mamadou Aly Diallo alias Miké (acteur culturel).

Des jeunes engagés qui, malgré le manque de soutien et de moyens, forment et exhortent d’autres jeunes pour les aider à se connaître du grand public.

L’IFM, premier partenaire du festival

Toutefois, Lamine Kane a mis l’accent sur le soutien continu de l’Institut Français de Mauritanie (IFM) qui a mis à la disposition des artistes notamment le Festival culture métisse, sa logistique. Ce que confirme Mr Stéphane Blanchon, son directeur.

« L’institut a toujours soutenu les initiatives et les activités des artistes mauritaniens et nous poursuivrons ce partenariat pour la promotion de leur musique à travers également la contribution des artistes français » a-t-il soutenu non sans reconnaître que l’IFM reste et restera le premier partenaire de l’Association Nouakchott Musique Action (NMA), qui organise chaque année, même dans la douleur, le festival culture métisse.

Pour sa part Mme Leila du groupe SNITRA du Maroc, a apprécié à sa juste valeur, le partenariat qui vient d’être noué avec Nouakchott Musique Action soulignant que « la fusion des cultures maroco-mauritaniennes va donner un très bon produit et cela fera du buzz».

Tandis que notre jeune artiste Oumou Sy, responsable de la programmation pour ce festival, a elle, indiqué que « même si les moyens font défaut, l’évènement se déroulera avec la volonté des artistes».

I.Badiane



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