Cridem

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23-11-2017

10:14

La loupe du Rénovateur : Les souffles du 57ème anniversaire de l'indépendance dans le Gorgol

Le Rénovateur Quotidien - La ville de Kaedi accueillerait-elle les festivités commémoratives du 57ème anniversaire de l’indépendance nationale de la Mauritanie si un simulacre de règlement du passif humanitaire n’avait soldé un dossier qui restera pendant tant que le tribunal de l’histoire n’aura pas appelé à la barre les auteurs des abominations commises dans les camps tristement célèbres d’Innal, d’Azlat, de J’reida etc sous le commandement de chefs bourreaux impunis ?

Le symbole est inédit de voir un événement réveiller un autre où cette fois 28 têtes furent tranchées par un peloton d’exécution de basses œuvres pour fêter plus de deux décennies après, au Gorgol, un anniversaire qui correspond à une date plus que jamais entachée par les mains des commanditaires d’une telle barbarie à l’ endroit de leurs frères d’armes.

Depuis, des voix continuent à s’élever pour demander justice rien que la justice sans aucune velléité de règlement de comptes. Le pardon ne se décrète pas. Il a ses règles et ses sources religieuses. La politique est une chose, le droit en est une autre.

Et c’est au nom de ces motivations politiciennes que des dossiers aussi gravissimes dont le passif humanitaire, sont traités en poncifs pour légitimer d’insoutenables décisions.

Tout ce que la wilaya compte de cadres de hauts niveaux soutenant le régime sont au rendez-vous. Ministres, SG, Directeurs pointent le nez, rivalisent en popularité en clans et en apparats. Et les pauvres citoyens sont embarqués au gré du marchandage politique par les trafiquants d’influence. Kaédi, l’historique ville guerrière fièrement chantée par les grands aèdes HALPULAAREN, a brillé par sa maturité culturelle et intellectuelle, la prouesse de ses grands hommes politiques qui ont compté parmi les valeureux fondateurs de la Mauritanie naissante.

Qui mieux que le Grogol a résisté à la colonisation et instauré sous le règne de ses érudits de puissantes provinces craintes et respectées. Kaedi, ce temple du savoir et de l’enseignement religieux sous toutes ses formes, a marqué bien d’événements historiques réécrits par ses auteurs, ses chroniqueurs historiques, ses conteurs que la mémoire collective conserve jalousement.

La vaste contrée de grands héros a vu ses pouvoirs se dissoudre des années durant sous l’autorité des cols blancs envoyés pour en découdre avec les derniers vestiges d’organisations séculaires qui tentent de sauver ce qui peut l’être encore. A coups de réformes et d’expropriations foncières, le sud a été vidé de ses legs agricoles et pastoraux.

C’est aujourd’hui à tambours battants que les enfants de cette partie du grand bastion de la résistance à toutes les invasions perpétrés au Fouta, vivent les festivités commémorant un 57ème anniversaire de l’indépendance pas comme les autres. C’est là que le destin voudra que soit planté le deuxième drapeau de la Mauritanie flambant neuf magnifié par l’hymne national nouvelle composition.

Une fierté pour certains, tristes souvenirs des pendaisons d’Innal pour d’autres. L’hôte le plus attendu n’aura pas fait cadeau à ses opposants en faisant voter ses réformes constitutionnelles controversées. Changer le drapeau, c’est y mettre aussi un symbole politique et se faire passer pour l’artisan d’une « renaissance ». Un énième cirque politique qui mobilise fortement une grande partie du sud auquel sera dédié cet événement.

Le tout dans un contexte de déficit pluviométrique et de sécheresse dans tout le pays qui n’empêche pas les dépenses colossales au nom d’une journée de levée des couleurs et d’inaugurations ….





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