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01-12-2017

06:45

Mauritanie: arrestation de 5 proches de militaires exécutés (ONG)

L'Express - Cinq membres d'organisation de veuves et d'orphelins de militaires négro-mauritaniens de Mauritanie objet d'exécution extra-judiciaires en 1990 ont été interpellés mardi lors de la fête nationale et étaient toujours en détention jeudi, a indiqué une ONG de défense des droits de l'homme.

«Nous les avons trouvés dans un commissariat de police, assis, privés de leur libérté de mouvement et sans inculpation précise», a déclaré à l'AFP Lalla Aicha Sy, une des responsables du Forum national des droits de l'Homme (FONDH) de Mauritanie.

«Les cinq - trois femmes veuves et deux orphelins - ont fait l'objet d'un interrogatoire sur leur intention, leur signifiant que leur mouvement n'était pas autorisé», a-t-elle ajouté.

Selon Amnesty International, qui a réclamé leur libération dans un communiqué, ces cinq militants ont «brandi des banderoles et distribué des tracts» lors du passage du cortège du président Mohamed Ould Abdel Aziz à Kaédi (sud), capitale de la région du Gorgol, sur le fleuve Sénégal, où était célébrée cette année la fête nationale.

Depuis le 28 novembre, ils sont détenus, sans accès à un avocat, dans les locaux du commissariat de Kaédi, selon Amnesty.

Ces militants appellent à «l'ouverture d'enquêtes et de poursuites pénales à l'encontre de personnes qu’ils accusent d’être responsables des exécutions extrajudiciaires commises entre 1989 et 1991», précise l'organisation de défense des droits de l'Homme.

En vertu d'une loi d’amnistie de 1993, les responsables des ces exécutions n'ont pas été jugés.

Accusés de tentative de coup d'Etat sous le président Maaouiya Ould Taya (1984-2005), 28 militaires négro-africains avaient été exécutés par pendaison le 28 novembre 1990, jour du trentième anniversaire de l'indépendance, lors d'une période de fortes violences communautaires.

En 2015, le président Aziz avait rappelé avoir organisé en 2009 «une prière à Kaédi à la mémoire des victimes» et indiqué que des «réparations matérielles avaient été accordées à leurs ayants droit, suivant leurs propres propositions».

Il avait accusé les organisations de défense des droits de l'Homme de semer «la haine et la division» entre les communautés arabes et négro-africaines de Mauritanie en évoquant cette question.

«Eux estiment qu'il y a plus important que l'argent: c'est la réparation morale qu'ils continuent d’exiger», a expliqué jeudi Lalla Aicha Sy, en évoquant leurs demandes pour un procès.

AFP



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