Cridem

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07-12-2017

20:30

Durcissement de la charia et persistance de l’esclavage : mais pourquoi nous fermons-nous les yeux sur la Mauritanie ?

Atlantico - Sage, très sage est le gouvernement de la Mauritanie. Ses membres font régulièrement le pèlerinage de la Mecque. Là-bas ils tournent pieusement autour de la Kaaba. Leur dernier pèlerinage a été plus bénéfique que les précédents. L'inspiration divine fut au rendez-vous.

En effet le gouvernement mauritanien s'est enfin mis en conformité totale avec la charia. Il est bon que vous autres mécréants connaissiez le nouveau et lumineux projet de loi qu'il a mis au point. Chaque musulman, homme ou femme, qui se moque ou outrage Allah ou son Messager (Mahomet), Paix et Salut sur Lui, ses anges ses livres ou l'un de ses Prophètes est passible de la peine de mort sans être appelé à se repentir. Il encourt la peine capitale même en cas de repentir.

C'est signé par le ministre de la Justice Brahim Ould Daddah, un homme qui a certainement fait des études de droit très poussées. La loi précédente stipulait que les criminels susnommés pouvaient éviter la mort s'ils se repentaient.

Ce texte, d'un laxisme indigne, permettait des abus insupportables. On imagine que des blasphémateurs ou des apostats en profitaient pour défier Mahomet, béni soit son nom. Ils blasphémaient, s'apostasiaient puis, ni vu ni connu, se repentaient échappant ainsi à un châtiment nécessaire.

Ce scandale n'avait que trop duré. Il a heureusement prit fin. La Mauritanie fut, on le sait, colonie française. Ça créé des liens. Elle est, au-delà des mers, notre voisine. Soyons sérieux maintenant : ce qui se passe dans ce pays a de quoi révulser tout honnête homme. Mais nous nous taisons.

Tout le monde se tait. La Ligue Arabe par solidarité arabe. La Conférence Islamique par connivence islamique. Les Nations-Unies, l'Union européenne parce qu'on ne touche pas à l'Islam même lorsqu'il se présente sous un visage hideux et barbare.

Il paraît qu'on tient compte de ce qu'on appelle, avec un dédain et un mépris inconscient, "les particularités locales". Une sorte de condescendance à l'égard du bon sauvage… Mettre à mort un blasphémateur ou un apostat c'est certes, reconnait-on, "un peu spécial". Mais les nigauds lâches et bienpensants qui nous dirigent rangent ça dans la case des spécialités traditionnelles.

Les Ecossais portent des kilts, les Espagnols raffolent de la corrida, les Allemands vénèrent les saucisses et la bière, les Polonais adorent la Vierge noire de Czestochowa… Et les Mauritaniens tuent les apostats et les blasphémateurs !

La description des charmes de la Mauritanie ne serait pas complète si on omettait une autre spécificité : l'esclavage. Selon des statistiques nécessairement approximatives il y aurait dans ce pays plus de 40 000 esclaves. Avec une répartition des rôles vieille de plusieurs siècles : les esclavagistes sont arabes, les esclaves sont noirs.

Et là aussi c'est le silence. La France qui fronce les sourcils au moindre manquement démocratique au Togo, au Tchad, au Cameroun ou quand Poutine fait passer une loi réputée homophobe garde le silence. Rappeler à l'ordre un président africain quelconque c'est sans risque. Mais s'en prendre au chef d'Etat d'une république islamique ça craint…

Par Benoît Rayski

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Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.





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