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12-12-2017

07:30

Mauritanie : Tichit, la ville qui souffre (Reportage)

Alakhbar - Tichit, est l’une des villes historiques de la Mauritanie, située aux confins du Sahara (nord-est). La ville a abrité au début de ce mois de décembre, la 7e édition du festival des villes anciennes.

Une manifestation qui vise à préserver le patrimoine archéologique et les manuscrits des villes anciennes. Mais une manifestation qui cache derrière un quotidien difficile pour les populations de Tichitt.

Plusieurs habitants de la vieille ville, rencontrés par Alakhbar à l’occasion du festival, évoquent, entre autres difficultés, l’enclavement et le manque d’infrastructures éducatifs, sanitaire et hydraulique. Ils craignent surtout l’avancée du désert.

Manque d’infrastructures routières et scolaires

"Tichitt et ses villages avoisinants sont enclavés", déplore Ould Allal, un habitant qui constate: "La piste de 240KM séparant Tichitt de Tidjikdja est dégradée. Seuls des véhicules 4*4 peuvent l’emprunter. Et il leur faut 10 heures d’horloge".

"Ce déficit d’infrastructures routières a un impact négatif sur l’Education", renchérit un autre habitant Chrif Elmokhtar Ould Ahmedou Ould Mbaka qui déplore. « Les enseignants de la Fonction publique effectués ici prennent ces difficultés d’accès comme prétexte de leur absence quasi-pérennantes ».

Seules 2 écoles et des salles de classe pléthoriques

Déjà, Tichitt souffrait de manque d’infrastructures scolaires. La ville ne dispose qu’une école primaire et un collège avec des salles de classe pléthoriques abritant jusqu’à 80 élèves. « Il n’y a même pas de laboratoires pour les matières scientifiques », dénonce Aïcha, une habitante.

Les élèves candidats aux examens nationaux peinent à accéder aux papiers d’état civils requis. Leurs parents doivent parcourir 240 km avant d’atteindre le centre le plus proche, situé à Tidjikdja. Idem pour enregistrer leur un nouveau-né à l’état civil.

C’est également à Tidjikdja où sont évacués certains malades, même si Tichitt dispose d’un dispensaire de catégorie B, doté d’un médecin généraliste et de cinq infirmiers. Et en cas d'évacuation, seuls les frais de carburant peuvent atteindre les 40.000 Ouguiyas.

Le désert menace la ville

Et l’eau saline que consomment les populations de Tichit fragilisent davantage leur santé. Ses effets sont plus néfastes quand il s’agit des enfants et des personnes âgées, selon plusieurs témoignages d'habitants.

A toutes ses difficultés, la ville de Tichitt se réveille tous les jours menacée par l'avancée des dunes de sable. Et jusqu’ici l’appel du maire à un projet de fixation biologique de ces dunes semble tomber dans l’oreille de sourds.





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