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19-12-2017

17:20

Algérie : "Deux joueurs mauritaniens sont séquestrés à Biskra"

Liberté-Algérie - Décidément, les scandales s’enchaînent au niveau du football national. Voilà une autre affaire qui risque de ternir davantage l’image de la balle ronde nationale et de la Fédération algérienne de football.

En effet, la FAF vient d’être saisie officiellement par son homologue mauritanienne pour dénoncer les agissements de l’US Biskra dont la direction a bloqué deux joueurs mauritaniens.

Dans sa lettre, le président de la Fédération mauritanienne de football, Ahmed Yahya, a dénoncé avec véhémence le comportement du club de Biskra qui a “séquestré” Babacar Baguili et Abdellahi Sy, alors que ces deux éléments n’ont perçu ni salaire ni prime, comme le mentionne le document transmis à la FAF le 12 décembre, dont Liberté détient en exclusivité une copie.

Dans sa lettre, le président de la FMF ne ménage pas son homologue Zetchi. “Les joueurs internationaux mauritaniens Babacar Baguili et Abdellahi Sy vivent une situation des plus difficiles. En effet, depuis leur engagement, ces deux joueurs n’ont reçu aucun des droits leur revenant au terme des contrats signés avec le club, l’US Biskra, ni salaire ni primes de match et encore moins un avantage subsidiaire. Cette situation a conduit ces joueurs à opter pour l’ultime solution qui s’offre à eux, c’est-à-dire le retour en Mauritanie pour mettre fin à leurs souffrances”, dénonce d’emblée le patron du football mauritanien, avant de pointer un doigt accusateur vers le président de l’USB, Brahim Saou :

“Pour les empêcher et perpétuer la situation desdits joueurs, le club s’est arrogé le droit de commettre la pire des injustices en confisquant leurs passeports, les laissant sans aucun moyen de rejoindre leur pays après tant de sévices subis. Leurs familles respectives, qui les considèrent séquestrés, s’en alarment et ont déjà saisi les autorités qui nous interpellent à leur sujet.”

Kerbadj : “Saou m’a promis de régler cette affaire au plus vite”

Ne s’arrêtant pas aux dénonciations, Ahmed Yahya menace de recourir aux instances compétentes pour faire valoir les droits de ses joueurs.

“Vous conviendrez avec nous, monsieur le président, que pareille situation est inadmissible de la part d’un club relevant d’une fédération sœur avec laquelle nous entretenons que d’excellents rapports et qu’elle pourrait bien nous conduire à user des moyens légaux auprès des instances compétentes pour libérer nos joueurs détenus dans des conditions indécentes pour le simple motif d’avoir demandé à regagner leur pays après avoir épuisé vainement toutes les voies pour recouvrer le plus élémentaire de leurs droits”, écrit le premier responsable de la fédération, non sans omettre au passage de rappeler le calvaire vécu par ses compatriotes :

“Face à cette situation, nous avons l’honneur d’en appeler à votre diligence pour que soit mis fin à ce calvaire de nos joueurs et que leurs passeports leur soient restitués pour regagner leur pays dans les 48 heures qui suivent, afin d’éviter un tollé de presse pouvant générer d’autres conséquences. Leur acheminement en Mauritanie étant à notre charge. Nous estimons que c’est la moindre des doléances qu’on puisse formuler et le moindre des droits dont ils puissent jouir.”

Questionné sur cette affaire, le président de la LFP a affirmé dans une déclaration à Liberté qu’il s’est entretenu avec le président de l’USB, Saou, un député de surcroît, sur le cas des deux joueurs. “On ne peut pas rester insensible à cette situation. J’ai parlé avec le président de l’USB, qui m’a promis de régler cette affaire au plus vite”, nous dira Mahfoud Kerbadj. À travers cette grave affaire, c’est tout le football national qui en pâtit, d’autres joueurs subsahariens ont vécu la même situation au point où des supporters ont cotisé pour permettre aux joueurs africains de prendre leurs repas.

L’Algérie est-elle devenue un enfer pour les joueurs africains qui rêvent de l’eldorado algérien ?

RACHID ABBAD




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