Cridem

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23-07-2018

13:12

Déclaration : Nouvelle manifestation d’hostilité du régime contre des victimes des événements de 1989

FONADH - Le dimanche 22 juillet 2018, la police de l’aéroport Oum Toumsi a empêché une délégation de veuves, orphelins et rescapés de prendre l’avion pour Genève, où elle est invitée à participer à la 64e session du comité contre la torture.

Cette délégation était composée de : Maïmouna Alpha SY, Aïssata Mamadou Anne, Aïssata Alassane Diallo, du collectif des veuves, Yaya Sy, du collectif des orphelins et Baba Sy, du collectif des rescapés.

Ces militants des droits humains avaient reçu une invitation de Human Rights Watch et étaient en possession de visas délivrés par l’ambassade helvétique à Dakar. Ils ont été purement et simplement « débarqués » par la police, après avoir effectué toutes les formalités de police, sous le fallacieux prétexte de « soupçon de non validité » des visas (…).

La police mauritanienne n’a donc pas les moyens de contrôler la validité des visas ...La police a demandé aux intéressés de fournir une lettre de l’ambassade helvétique confirmant la validité des visas, un dimanche matin, pour prendre un vol à 11 heures…

En réalité, il fallait empêcher cette délégation d’aller délivrer son message, qui est celui de tous les militants des droits humains et de tous les Mauritaniens épris de paix et de justice.

La stratégie d’étouffement des revendications des victimes du « passif humanitaire » par le régime se renforce chaque jour, par une répression aveugle. Le 28 novembre dernier, les représentants de ces mêmes collectifs ont été brutalement réprimés, pour avoir simplement brandi des banderoles désignant leurs revendications.

Si le régime croit pouvoir étouffer à jamais ces revendications, il se trompe lourdement. Personne ne croit plus au mensonge de règlement, par une prière à Kaédi et des miettes attribuées clandestinement à certaines veuves. Le monde entier connaît et connaitra la réalité des exécutions extra judiciaires et des déportations.

Le devoir de vérité, celui de justice et celui de réparation demeurent incontournables, pour une solution juste, équitable et durable à ce douloureux problème.

C’est pourquoi les responsables et militants des organisations membres du FONADH :

○ protestent avec la dernière énergie contre cette pratique rétrograde de la police ;

○ flétrissent l’attitude du régime, visant à essayer de régler ces questions de violations graves des droits humains, par l’oubli et le mépris ;

○ invitent tous les Mauritaniens, épris de paix et de justice, ainsi que tous les militants des droits humains à travers le monde, à joindre leurs voix à celles des victimes, pour un règlement juste, équitable et durable de cette douloureuse question.

Fait à Nouakchott, le 23 juillet 2018

Le Secrétaire Exécutif

Mamadou Moctar Sarr



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