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30-07-2018

13:12

Trarza : Plaidoyer pour la réalisation de projets pilotes de cultures fouragères dans les réserves pastorales

APESS/Trarza - En 2017, la Mauritanie, notamment dans les six Moughataa du Trarza, a connu une sécheresse qui a décimé au moins 20% de notre potentiel animalier, potentiel qui constitue, rappelons le, la principale source de revenus de nos éleveurs traditionnels.

A titre d’illustration de l’ampleur de la catastrophe qui a frappé les adhérents de notre association d’élevage, le niveau de production de lait qui était de l’ordre de 56000/jours pour le Trarza, ce chiffre a vertigineusement chuté de 50% au moins, causant ainsi une grande misère économique dans certains foyers pastoraux qui ne survivaient que de la vente de ce produit aux usines de laiteries.

Notre association qui connait bien le secteur et qui vit en permanence avec les éleveurs avait lancé plusieurs initiatives, dès le mois d’août 2017, en vue de se lancer dans des projets de cultures fourrages qui constituent le seul moyen d’anticiper ces crises répétitives d’absences d’aliments de bétail importés en période de pénurie.

C’est l’absence des moyens qui nous ont empêchés jusqu’ici de réaliser ce projet très utile. Les produits d’aliments de bétail sont soumis à toutes sortes de facteurs spéculatifs venant aussi bien des grossistes que des détaillants, ce qui les rend inaccessibles aux éleveurs et s’ils sont disponibles ils sont vendus à des prix hors de portée des éleveurs.

La dernière mission du PRAPS dans certaines zones du Trarza visant à déterminer et évaluer, entre autres, les zones de réserves pastorales nous parait très opportunes. Il s’agit d’une excellente idée portée par cet important projet régional d’appui au pastoralisme dans le Sahel.

Nous profitons de l’occasion pour suggérer les propositions suivantes qui rentrent dans le même sillage du thème de préservation et de développement des réserves fourragères.

Dans les zones pastorales du Trarza, la technologie de culture fourragère dans les réserves pastorales peut paraître simple et à portée de main en raison de l’importance des ressources hydriques de surface et souterraines qu’elles recèlent au niveau du bassin du fleuve Sénégal et ses cours d’eau, régulés par les barrages de Manantali et de Diama, d’une part, et de l’existence, d’autre part, d’une abondante nappe d’eau souterraine dans la dite Trarza.

C’est pourquoi nous proposons ici qu’en guise de mesures d’accompagnement aux efforts des pouvoirs publics, aux moments de la mise en place des plans d’urgence, qu’il soit envisagé aussi la réalisation de quatre grands projets pilotes de culture fourragère (100ha chacun) dans les zones de grandes concentrations du cheptel. Cette orientation vers ce type de culture est devenue d’ailleurs une priorité pour le gouvernement mauritanien, priorité réitérée par madame la ministre de l’Agriculture à Rosso lors de sa rencontre avec les agriculteurs et éleveurs.

La réalisation de ces projets qui doivent être réalisés par des spécialistes en la matière pourraient mettre à la disposition de nos bêtes, en périodes de sécheresses sévères, une quantité abondante de fourrage qui sera stockée et vendue à des prix dérisoires à nos éleveurs en attendant que les résidus agricoles soient disponibles.

Notre Bureau a déjà fait une esquisse de TDRS, en association avec nos adhérents, définissant les conditions techniques de réalisation de ce projet. Cette esquisse, peut encore être mieux adaptée par les techniciens.

L’objectif final est de concentrer dans les quatre zones de réserves pastorales toutes les bêtes de la région du Trarza pour leur éviter les tentations de transhumances, internes ou externes, qui causent beaucoup de problèmes en termes de conflits entre éleveurs et en termes sanitaires. Ces réserves seront ouvertes uniquement pendant les périodes de soudures (mars, avril, mai, juin).

Ces projets nécessitent de gros investissements, car il ne s’agit pas de les réaliser de manière artisanale, mais de façon durable et doivent répondre à des normes de standards internationaux.

Il s'agit de lancer un appel d’offre international associé à des nationaux afin de garantir des bonnes qualités techniques des infrastructures et de semences nutritives pour le cheptel.

Aux abords de ces projets pilotes des postes de santé vétérinaire pourraient être implantés pour la vaccination périodique afin de lutter contre certaines endémies Pour la gestion de ces projets nous suggérons d’écarter les procédures bureaucratiques habituelles afin de permettre aux associations d’éleveurs de prendre directement en charge la gestion de ces projets, une fois réceptionnés par le maître d’ouvrage. L’Etat supervisera la mise en place de ces organisations communautaires d’éleveurs et veillera à la gestion transparente de ces projets.

Rosso, le 29/07/2018

Le Président du Bureau Régional de l’APESS au Trarza

Hamedine Kane

Siège : ROSSO – MEDINA I Tel 46466801





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