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29-08-2018

07:00

Mauritanie, le pouvoir prépare son coup de force électoral

Mondafrique - Le chef d’Etat mauritanien sait qu’au lendemain des élections législatives peu démocratiques qui auront lieu le premier septembre, ses opposants pourraient contester la légitimité du scrutin dans la rue.

Du coup il se prépare à cette éventualité en emprisonnant le leader du mouvement anti esclavagiste mauritanien, un des rares politiques susceptible, demain, d’affronter la répression.

Le principal souci du pouvoir mauritanien aujourd’hui est de gérer au mieux les lendemains d’une élection qui sera marquée nécessairement par la fraude et la violence.

On voit bien que dans le Mali voisin, le président IBK, qui vient d’être réélu, n’a pas eu beaucoup de mal à frauder le résultat des élections, en provoquant de légères critiques des journalistes étrangers peu nombreux à être présents et des observateurs internationaux. Les uns et les autres se sont contentés de regretter de simples « irrégularités », alors que de nombreux bureaux de vote n’ont pas ouvert dans le Nord du pays et que des milices protégées par l’armée ont tué quelques 500 peuls dans le centre du pays. La vraie difficulté pour IBK aujourd’hui est de faire taire la contestation massive du processus électoral qui a choisi la rue comme seul moyen d’expression disponible.

Des lendemains qui déchantent

Dans ces conditions, le président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, qui « encadre » le processus électoral dans son pays avec tous les moyens de l’Etat, prépare les lendemains électoraux qui pourraient déchanter. La situation serait d’autant plus tendue qu’il se prépare à annoncer, au terme des élections, qu’il se présenterait à nouveau en avril 2019 après avoir juré le contraire au printemps. Lors d’un rassemblement qu’il a présidé à Rosso, le président Aziz a fait explicitement référence à un troisième mandat, malgré le caractère inconstitutionnel d’une telle candidature. Il a demandé à la population de voter massivement aux législatives pour son parti, l’Union pour la République (UPR), pour le soutenir dans son projet.

Dans ces conditions, le chef de l’Etat mauritanien a préféré prendre ses précautions en plaçant Biram Dah Abeid en prison pour l’empêcher de mobiliser, demain, les forces populaires susceptibles de dénoncer les tricheries du pouvoir. Le leader du mouvement anti esclavagiste IRA, Biram Dah Abeid, est en effet le seul aujourd’hui dans le paysage politique mauritanien qui soit capable de faire descendre dans la rue ses très nombreux partisans. Lesquels ont montré ces dernières années leur capacité à braver la féroce répression de la police mauritanienne.

Par Nicolas Beau



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