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31-08-2018

17:16

Interview de Malal SECK, Candidat AJD/MR à la municipalité de Tevragh Zeina

Le Calame - L’Alliance pour la Justice et la Démocratie/Mouvement pour la Rénovation (AJD/MR) se définit comme «un parti dans l’opposition, très soucieuse de cohabitation harmonieuse entre les composantes de notre peuple et l'unité nationale » Elle présente une cinquantaine de listes dans toute la Mauritanie : 27 pour les municipales dont 2 coalitions (à Bababé et Zouérate) ; 16 pour les législatives dont 3 coalitions (à Bababé, Boghé et Zouérate) ; et 7, pour les régionales dont deux coalitions (à Zouérate, avec Tawassoul, et à Bababé).

Pour la conquête de la commune de Tevragh Zeïna, l’AJD/MR a jeté son dévolu sur Malal Seck, un cadre en ressources humaines, âgé de 49 ans. Il dispose d’une expérience de 15 ans en France où il effectua ses études, avant de rentrer définitivement en Mauritanie, en 2009, et d’exercer à Mauriac, représentant Caterpillar à Nouakchott, et responsable des ressources humaines, pour le compte de la J.A Delmas de Bordeaux, sur le site minier de Tasiast.

Seck a aussi travaillé à TPS, une entreprise de nettoyage industrielle de Nouakchott, comme responsable de l’exploitation, puis à SAS, une entreprise de sécurité, toujours en qualité de directeur des ressources humaines.

C’est en Juillet 2009 qu’il a commencé à militer politiquement, après avoir « étudié », dit-il, « toutes les offres politiques et se voir séduit par le programme de l'AJD/MR ». Une formation dont le « rôle est, entre autres, d’être à l’écoute des préoccupations des populations, avec, en bonnes places, l’éducation, la santé, la pauvreté, le chômage des jeunes, le manque d’eau, l’insécurité, l’exclusion ».

Au congrès extraordinaire de 2013 du parti, Seck en intègre le bureau politique, en tant que secrétaire national chargé de la jeunesse, et prend en charge, au départ de Ciré Kane, la communication. « J’ai donc fait mes classes auprès de mes aînés », dit-il, « tout particulièrement du président Ibrahima Moctar Sarr avec qui j’ai beaucoup appris, et à qui je dois l'essentiel de mon parcours politique ».

- Quelles sont les raisons de votre candidature ? Pourquoi Tevragh Zeïna ?

- Je me suis engagé dans ces municipales d’abord parce que mon parti m’a fait confiance, en me plaçant tête de liste. Ils me savent homme libre et pas de ceux qui pratiquent la langue de bois. Ensuite, je ne suis pas d’accord avec le mode de gestion de nos communes et j’ai décidé de ne plus signer de procuration à qui que ce soit, pour porter mes revendications, car j’ai l’impression que ceux qui nous gouvernent ont du mal à comprendre la souffrance des administrés, en général, et, plus particulièrement, des jeunes, des femmes et des plus démunis. J’ai donc décidé de me présenter moi-même à ces municipales de 2018, fin d’accomplir ce qu’il me semble le plus juste, pour la commune, ses habitants et, surtout, l’intérêt général.

Nous savons tous que les municipales représentent l’échelon le plus populaire, le plus proche et le plus bas de notre démocratie. C’est aussi une formidable expérience d’engagement, de dévouement envers autrui. Ma candidature est placée, dès le départ, sous le sceau de la sincérité. Tout mon programme est basé sur le principe de la promesse du juste possible, en ne proposant que des projets réalistes et réalisables.

Je pense qu’aucun projet municipal sérieux ne saurait être mené sans l’adhésion des populations et leur implication. Nos politiciens ont cette fâcheuse habitude de promettre sans évoquer la nécessaire participation des administrés. Étant moi-même de ce milieu, je côtoie, tous les jours, ces problèmes qui s’appellent éducation des enfants, santé, chômage des jeunes, absence d’aménagent d’espaces et d’infrastructures pour personnes handicapées, absence d’aide et de solidarité pour les personnes âgées, insuffisance de la politique d’aide aux femmes, en multipliant la fondation de coopératives, absence d’aménagent d’espaces culturels et de loisirs pour les jeunes, insécurité, inondations, insalubrité, exclusion, pauvreté, manque de canalisations, manque d’eau et d’électrification.

Absence, surtout, de politique culturelle et éducative, une carence qui nous éloigne de nous-mêmes, tout en produisant des hommes et des femmes incapables de s’insérer activement dans la société d’aujourd’hui et surtout, de demain.

- Une fois élu que proposerez-vous aux gens ?

- Je me mettrai, avant tout, à l’écoute, pour trouver des solutions avec la population, première concernée par les problèmes fondamentaux auxquels elle est confrontée. Mon projet municipal va se singulariser par le pragmatisme et la prise en compte de la réalité. Rien ne sera possible sans une gestion rigoureuse et une redistribution équitable de nos sources de financements, à savoir : la bonne gestion du Fonds Régional de Développement (FRD), la recherche de financement de partenaires étrangers en montant des projets fiables et bien ficelés, le recouvrement des impôts locaux et la taxe sur les entreprises locales. Ces différentes sources de revenus nous permettront de financer les projets les plus urgents.

Voici les grandes lignes de mon programme : réduction des disparités entre zones nanties et zones moins favorisées, mise en place d’une bourse municipale, financée par la taxe sur les entreprises locales, pour réduire les inégalités ; rénovation des écoles communales, via des partenariats décentralisés ; fondation de centres de soins de proximité, avec appel aux partenaires au développement ; ; développement des espaces de loisir et de récréation pour les jeunes, aide à l’organisation d’événements culturels, sportifs et artistiques ; politique d’insertion visant les jeunes, les femmes, les handicapés et les plus démunis ? En bref, je voudrais faire, de Tevragh Zeina, l’exemple de ce que devrait être la Mauritanie : un laboratoire de notre projet pour une Mauritanie diverse, unie et prospère.

- Quels seront les objectifs ?

- Mon objectif est de produire des projets concrets, réalistes et réalisables, dont le financement sera toujours un mixage, entre l’effort nécessaire des populations et la recherche de financement extérieur, via des partenaires étrangers. En cas de de victoire, je ferai de sorte à réduire les disparités entre les quartiers et les populations de Tevragh Zeina. Nos équipes commenceront d’abord par bien évaluer la situation, en établissant, avec les gens, un état des lieux sérieux, pour adapter l’administration municipale et ses réseaux aux attentes de la population.

Simplifier la vie des habitants et, comme je l’ai dit tantôt, réduire les inégalités, en fondant des centres de soins de proximité, avec l’appui des partenaires au développement, en rénovant les écoles communales, via des partenariats décentralisés ; en développant des espaces de loisir et de récréation pour les jeunes ; en favorisant l’organisation d’événements culturels, sportifs et artistiques ; en fondant des centres de formations et d’insertion visant les jeunes, les femmes, les handicapés et les plus démunis..

Simplifier la vie des entreprises, en favorisant le partenariat donnant-donnant, entre la municipalité et les entreprises ; en favorisant la sous-traitance, pour permettre aux entreprises locales de recruter et de réduire, ainsi, le chômage des jeunes ; en facilitant les démarches administratives qui relèvent de la municipalité ; en renégocier diverses taxes municipales, en fonction du mode de partenariat entre les entreprises et la commune ; en instaurant un comité de suivi, avec les entreprises volontaires, pour mieux associer les entrepreneurs à la vie de la commune.

Mieux associer les habitants, en mettant en place une plateforme participative, pour l’organisation de débats publics permettant aux habitants, d’être de véritables acteurs associés à la co-construction des solutions envisagées par la commune ; en fondant un réseau social d'anciens et d’actuels habitants. Comme pour les réseaux d’anciens élèves d’écoles, il s’agit de faire vivre la métropole, par tous ceux qui la vivent et tous ceux qui l’ont fait vivre. La prospérité à venir doit s’appuyer sur les richesses du passé.

Trouver de nouvelles ressources, en diversifiant nos recherches de financement, vers des partenaires locaux et étrangers, et en incitant notablement au développement économique pour que toute la collectivité en profite. Au final, toutes ces dispositions se résument en quatre vocations : réduire les disparités, améliorer la qualité de vie pour tous, diminuer les coûts de gestion ; améliorer la compétitivité et l’attractivité de la commune.

- Quelles sont vos chances de gagne ?

- L’objectif premier est de faire, de ces élections, une tribune de communication et de conscientisation, vu le difficile accès de la jeunesse aux media. En ce qui me concerne, la vraie victoire, c’est de faire passer ce message : gagner les élections et être élu maire sera, pour moi, cerise sur le gâteau.

La campagne n’a pas été facile tant sur le côté financier que le côté ressources humaines. Je rends grâce à Allah qui m’a donné la force et la conviction de la mener à bien. Je profite de l’occasion que vous m’offrez pour remercier publiquement tout mon directoire de campagne, avec une mention spéciale au chargé de communication, Amadou Tamimou M’baye, venu spécialement de Paris pour s’impliquer, en abattant un travail de titan. Et merci encore au journal Le Calame qui m’a donné l’opportunité de m’adresser à la population.

Propos recueillis par THIAM Mamadou



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