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30-08-2018

18:45

Mauritanie: Bouamatou doute de la mort "naturelle" du président Ely ould Mohamed Vall

Le360 - S’exprimant à travers un appel à la résistance «contre la tyrannie» largement relayé par la presse, l’ancien président du patronat de Mauritanie, exprime «un engagement solennel, un jour ou l’autre, à ouvrir une enquête sur les circonstances de la mort suspecte de son frère et ami, feu le président Ely Ould Mohamed Vall, tragiquement disparu dans des conditions encore mystérieuses».

Feu Ely Ould Mohamed Vall est un ancien colonel, qui fût directeur général de la sûreté nationale (DGSN), pendant une vingtaine d’années sous le régime de Maaouya Ould Sid’Ahmed Taya, et chef de l’Etat sous la transition du Conseil militaire pour la justice et la démocratie (CMJD) entre 2005 et 2007.

Mohamed Ould Abdel Aziz et Ely Ould Mohamed Vall sont des cousins. Mohamed Ould Bouamatou, soutien de la première du pouvoir actuel de Nouakchott, avant une rupture fracassante, suivie d’un exil au Maroc, puis en Europe, est issu du même ensemble tribal que les deux hommes.

Avant son rappel à Allah, Ely Ould Mohamed Vall était devenu l’un des opposants les plus virulents au pouvoir de Nouakchott. L’appel du mercredi 29 août, après plusieurs années de silence, place formellement l’homme d’affaires mauritanien dans une posture d’opposant déclaré et comporte à bien des égards les ingrédients d’un futur programme politique.

Il évoque ainsi la nécessité absolue de l’instauration d’un véritable Etat de droit et d’une gestion plus rationnelle des ressources nationales, au-delà de l’impératif «d’une enquête sur les circonstances de la mort tragique d’Ely ould Mohamed Vall» notent les observateurs. D’où la question d’une éventuelle candidature de Boumatou à la présidentielle de 2019.

Reste alors à savoir si le document diffusé mercredi relève d’une démarche purement individuelle, ou si le banquier a décidé de parler après concertation avec des segments de l’opposition interne?

La réponse à cette question sera d’une grande importance par rapport au poids de la mouvance à l’occasion des élections générales du 1er septembre 2018, et au-delà, l’échéance capitale de la présidentielle de 2019.

Par notre correspondant à Nouakchott
Cheikh Sidya




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