Cridem

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07-09-2018

12:24

Qu’y a-t-il derrière l’élargissement du sénateur Ghadda?

Ely Abdellah - Qu’y a-t-il eu de neuf qui justifie l’élargissement inattendu du sénateur Ghadda, suivi de peu par la remise, aux journalistes et sénateurs placés sous contrôle judiciaire, de leurs passeports?

Sûrement, ce n’est la campagne électorale ni le scrutin du 1e septembre, sûrement aussi, ce n’est l’appel récent lancé par Bouamatou depuis son exil doré au Royaume-Uni. Sûrement également, ce n’est pas une volonté d’ouverture nouvelle du pouvoir qui n’a fait que durcir son ton durant toute cette période précédant le scrutin du 1e septembre 2018.

Que s’est-il donc passé pour que le pouvoir, au demeurant très autoritaire du général Abdelaziz, lâche subitement du lest et essaye de montrer patte blanche à travers un dossier qui a vu l’arrestation d’un sénateur en cours de mandat, sa séquestration et la mise sous contrôle judiciaire d’un groupe de journalistes et d’élus de la chambre haute?

Cette libération du sénateur Ghadda est-elle intervenue pour contrebalancer la mesure, jugée très dure, ayant frappé les comptes de Bouamatou et compagnie? Le pouvoir n’a même pas attendu la publication des résultats du scrutin législatif, régional et communal pour que certains puissent dire que c’est une décision dictée par une volonté d’apaisement du pouvoir, intervenant au terme d’un scrutin où de nombreuses irrégularités ont été constatées.

Ce qui est sûr, c’est que le pouvoir du général Abdelaziz ne doit pas avoir libéré le sénateur Ghadda pour rien, comme il ne doit pas avoir remis aux autres journalistes et sénateurs leurs passeports pour rien.

Peut-on s’autoriser à penser qu’une tierce partie a suggéré au pouvoir d’élargir ce sénateur et d’évoluer vers la clôture de ce dossier? Les pressions d’ordre tribal ont-elles fini par prendre effet après les frictions intra tribales qui ont émaillé la campagne?

Je crois que toutes ces questions se posent d’autant mieux que ce récent développement intervient à un moment où des appels, émanant de soutiens zélés du régime fusent d’un peu partout, demandant au président Abdelaziz d’en découdre, une fois pour toutes, avec le parti Tawassoul, apparemment juste parce que celui-ci a réalisé un bon score au scrutin du 1e septembre 2018.

Les semaines et les mois à venir permettront sûrement de nous éclairer sur tout ça. On verra.





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