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11-09-2018

17:45

Mauritanie : 70 partis politiques à la corbeille!

Rimweb - Après une semaine d’attente et de tergiversations, la CENI a finalement rendu public les résultats du scrutin du 1er septembre mettant du coup fin a une guerre des nerfs qui en a éprouvé plus d’un.

Ainsi, les candidats et les partis politiques ont été enfin édifiés sur leur sort. Et ce sont par conséquent pas moins de 70 partis politiques, parmi les 98 qui étaient en compétition qui seront jetés à la poubelle car n’ayant pas obtenu les 1% de voix prévu par la loi.

En effet, la plupart de ces formations politiques appelées ici partis-cartables sont fondés sur des bases familiales, tribales, ethniques voire raciales. Ce sont généralement des partis de personnes où le président a droit de vie et de mort sur les militants.

Malheureusement, certains de ces partis vont échapper au couperet de la loi du fait que certains pontes du régime en rupture de banc avec le parti au pouvoir se sont présentés sous la bannière de ces partis leur offrant du coup un coup de fouet salvateur.

Et pour revenir aux résultats publiés par la CENI, notons qu’ils sont loin de faire l’unanimité et l’opposition n’a pas manqué de crier au scandale dénonçant une mascarade.

Malgré tout cette même opposition a su tirer son épingle du jeu avec une trentaine de députés au premier tour, une véritable aubaine pour des partis qui reviennent de très loin, avec une traversée du désert qui a duré près d’une décennie pour certains d’entre eux.

Cette opposition très divisé du reste et habituée à aller aux élections en rangs dispersés a pour une fois réussis à monter certaines alliances qui ont fait mouche, mettant du coup en échec le dessein avoué du président mauritanien qui tablait sur un raz-de-marée au parlement de la part des élus du parti au pouvoir, ce qui lui permettrait d’envisager une énième opération chirurgicale pour la constitution, ce qui lui ouvrirait le chemin d’une présidence à vie.

Notons que si la CENI a pu relever le défi d’organiser des élections en un laps de temps, elle n’a pas pu éviter les énormes embuches qui se sont dressés sur son chemin et qui ont entachés tout le processus.

Ce n’est donc pas un hasard si le nombre de bulletins nuls a atteint le chiffre faramineux de 529.296, un record qui aura sa place dans le Guiness. Et plus bizarre encore, les disparités qui ont été constatés au niveau d’un même bureau de vote pour les différents scrutins.

Autre équation paradoxale, il est arrivé que dans des localités où le taux d’éveil est plus important, on trouve plus de bulletins nuls que dans des zones rurales où la plupart des gens ont du mal à tenir un stylo dans la main.

Tous les couacs sont dus au manque de formation du personnel de la CENI, qui a été recruté sur des bases népotiques.

Par ailleurs la CENI n’a pas su respecter les B.A.BA des directives préconisées par la loi. Ainsi, les partis ont eu du mal à imposer leurs représentants dans les bureaux de vote, ce qui aurait pu contribuer à la transparence du scrutin et à une surveillance de proximité des opérations électorales. En principe chaque représentant de parti a le droit à une copie du PV au même titre que la CENI et le ministère de l’intérieur. Reste à savoir pourquoi la CENI n’a pas veillé à l’application de cette loi qui assure l’instauration d’un mécanisme de vérification indispensable.

Malheureusement beaucoup de candidats n’ont pas pu avoir accès directement aux résultats de certains bureaux, ce qui explique cette levée de bouclier contre une CENI qui a, sur ce plan, failli à sa mission.

Par Bakari Guèye



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