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30-10-2018

17:30

Arafat : Comment l’UPR a-t-elle perdu la partie?

Le Calame - Jamais deux sans trois ! C’est ce qu’on a l’habitude de dire, en pareille circonstance.

Après deux victoires contestées par son concurrent, l’UPR, mais validées par la CENI, Tawassoul vient de confirmer sa mainmise sur Arafat, le plus grand bourg de Nouakchott. Les citoyens de ce quartier ont renouvelé, contre vents et marées, leur bail avec le parti islamiste et leur maire, El Hacen Mohamed qui va entamer, de ce fait, un 3e mandat. La tâche n’a pas été facile.

Outre la contestation par l’UPR et la décision de la Cour suprême de reprendre les élections, pour la 3e fois, Tawassoul aura tout vu et subi à Arafat, seul point de mire de scrutin, contrairement à El Mina, autre commune concernée par le 3e tour. Comme l’a si bien dit, le maire sortant et candidat à sa propre succession, toute la République s’est déportée à Arafat.

En effet, les élus, les cadres, les ministres et même le 1er d’entre eux ont visité Arafat, pourtant quartier dont les infrastructures routières voire scolaires sont délabrées. Pareille à El Mina. On ne s’est subitement rappelé de ces deux quartiers que pendant ces élections.

Certains ministres, comme le tonitruant Ould Diaye ont pris leur quartier général à Arafat. Le coordinateur de cette campagne, le puissant ministre de l’économie s’est même permis de débarquer son collègue, chargé d’Arafat, d’El Mina et Ryad, Dia Moctar Malal, après le 2er tour. Des élus du parti et toutes les personnes influentes du pays ont été mis à contribution pour arracher cette commune de Tawassoul. Les fonctionnaires de l’état ont tous été embrigadés, voire contraints à voter pour le parti au pouvoir. Devant certaines écoles, abritant des bureaux de vote, des cas de corruption on été signalés. Certains « rabatteurs » sont allés chercher des électeurs dans leurs maisons, leur promettant « quelque chose », après avoir voté UPR.

Malgré toutes ces mesures, l’UPR a été battue à Arafat. Pour la 3efois. Cette défaite de l’UPR est celle aussi et surtout d’Ould Diaye et de ses équipes. Cette défaite vient confirmer, une fois encore combien l’UPR était incapable de gagner sans le concours d’Ould Abdel Aziz. Que fera celui-ci dont le parti s’était engagé à arracher Arafat?

La défaite de l’UPR pourrait s’expliquer par une cette espèce d’ « harcèlement » contre les islamistes, les intimidations, l’ embrigadement outrancier des fonctionnaires, la corruption, l’omnipotence du gouvernement, de son PM, mais également cette sortie malencontreuse de Mint Abdel Maleck, à la veille du scrutin. En menaçant de punir les citoyens des communes qui ne marcheraient pas avec le pouvoir, la présidente du Conseil Régional de Nouakchott, a fini de révolter les populations et tous les démocrates. Toute cette atmosphère a fini de transformer le parti Islamiste en une victime du système qui a bénéficié de la sympathie des citoyens.

Résultat des courses, les citoyens d’Arafat ont choisi de renouveler leur bail avec leur maire, Ould Mohamed qui entretient de bons rapports, non seulement avec les populations, mais également avec les autorités administratives et les forces de sécurité de sa circonscription.





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