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L'armée soudanaise accuse l'Éthiopie de servir de base arrière aux paramilitaires FSR
RFI AFRIQUE - Depuis près de 1000 jours de guerre au Soudan, les autorités et les renseignements soudanais n'ont eu de cesse d'accuser certains pays de la région de s'immiscer dans le conflit intérieur qui oppose l’armée régulière aux paramilitaires. Selon l’armée soudanaise, l’Éthiopie s'est mise au service des Émirats arabes unis pour acheminer armes et munitions aux Forces de soutien rapide (FSR) au Soudan.
La tension s’est accrue ces derniers jours à l’est du Soudan, dans l'État du Nil Bleu, près de la frontière commune avec l’Éthiopie, où l’on s’attend à de nouveaux affrontements entre belligérants soudanais.
L’armée soudanaise y a dépêché son unité d'élite, la force « bouclier du Soudan » qui s’est déployée à Damazine face à Benishangul dans la région éthiopienne d’Assosa.
Elle est appuyée par les forces communes et des volontaires arrivés en bon nombre pour faire face à toute tentative d’incursion des forces ennemies entrainées en Éthiopie, selon l'armée. Ces forces annoncent vouloir couper la route de ravitaillement depuis l’Éthiopie aux FSR.
Le général Chamseddine Kabbachi, numéro deux de l’armée, a fait le déplacement mardi dans cette région pour jauger le dispositif militaire adopté. Addis-Abeba est désormais accusée d’une tentative « de déstabilisation de l’État soudanais » basée sur une stratégie qui vise à ouvrir d’autres fronts pour affaiblir l’armée alors qu’elle réalise des avancées au Kordofan.
Une base arrière, selon Khartoum
Selon Khartoum, « des forces ont été rassemblées, entraînées et dotées de capacités de combat » dans cette région frontalière éthiopienne, avec le soutien logistique et financier des Émirats arabes unis, qui nient toujours toute implication au Soudan. Leur but est d'engager des affrontements avec l’armée au Nil Bleu. Ces forces sont affiliées notamment au SPLM-N dirigé par Yusuf Tekka, fidèle à Abdelaziz al-Hilu, allié des FSR.
Les mêmes sources affirment que ce soutien éthiopien a débuté il y a déjà quelque temps. Le matériel militaire était d’abord acheminé aux FSR par voie terrestre depuis l’Éthiopie via la Somalie. Plus récemment, par un pont aérien reliant directement Benishangul. À l’instar du sud de la Libye, l’Ouest éthiopien sert désormais de base arrière aux FSR.
Par RFI