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Manifestations en Iran: l’ayatollah Khamenei affirme que la République islamique «ne reculera pas» face à des «vandales»
RFI - La République islamique ne reculera pas « face aux saboteurs » et aux « vandales » : le guide suprême iranien Ali Khamenei a mis en garde son pays, s'exprimant pour la première fois vendredi 9 janvier après une nuit de manifestations en Iran, en direct sur la télévision d’État. Il a également affirmé que Donald Trump avait « les mains tachées du sang » des Iraniens.
Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a averti vendredi 9 janvier que son pays, confronté à une vague de contestation, ne « reculerait pas » face à des manifestants qualifiés de « saboteurs » et de « vandales », dans un discours diffusé par la télévision d'État.
S'exprimant devant ses partisans, Ali Khamenei a déclaré que les mains de Donald Trump étaient « tachées du sang de plus d'un millier d'Iraniens », dans une référence apparente à la guerre de 12 jours déclenchée en juin par Israël et à laquelle les États-Unis s'étaient associés.
Il a également prédit que « l'arrogant » dirigeant américain serait « renversé », à l'image de la dynastie qui a gouverné l'Iran jusqu'à la Révolution islamique de 1979.
Nuit de manifestations
D'autres vidéos montrent d'importantes manifestations dans plusieurs villes du pays, notamment à Tabriz (nord), dans la ville sainte de Mashhad (est) ainsi que dans l'ouest du pays à majorité kurde, notamment autour de la grande ville de Kermanshah.
Des flammes étaient également visibles dans le bâtiment du gouvernorat à Shazand, dans le centre de l'Iran, après que des manifestants se sont rassemblés à l'extérieur, selon d'autres vidéos.
Sur plusieurs images que l'AFP n'a pas été en mesure d'authentifier à ce stade, on voit des manifestants mettre le feu à l'entrée de l'antenne régionale de la télévision d'État dans la ville d'Ispahan (centre).
Autant de scènes impressionnantes alors qu’Internet, coupé jeudi dans tout le pays, demeurait inaccessible, d'après l'ONG de surveillance de la cybersécurité Netblocks. L'Iran « est désormais déconnecté depuis 12 heures », écrit l'organisation sur son compte X, « dans une tentative d'étouffer la vague de contestation ».
Le fils de l'ancien chah et figure de l'opposition en exil, Reza Pahlavi, a exhorté vendredi à une nouvelle démonstration de force dans les rues afin d'amplifier la mobilisation et « affaiblir davantage le pouvoir répressif du régime ».
Ces manifestations sont les plus importantes en Iran depuis celles survenues après la mort en 2022 de Mahsa Amini, arrêtée pour un voile prétendument mal ajusté.
Paris et Berlin appellent Téhéran à la retenue
Des organisations de défense des droits humains ont accusé les autorités d'avoir ouvert le feu sur des protestataires, faisant des dizaines de morts depuis le début fin décembre de la contestation, initialement contre la vie chère.
La France, disant comprendre « les aspirations légitimes du peuple iranien », a appelé vendredi les autorités iraniennes « à la plus grande retenue » dans leur réponse aux manifestations, selon une source diplomatique.
La veille, Berlin avait dénoncé un « usage excessif de la force » de la part du pouvoir iranien « contre des manifestants pacifiques », et exhorté les autorités de Téhéran à « respecter leurs obligations internationales » en la matière.
PAR RFI