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Mohamed Vall Ould Bellal plaide pour une meilleure représentation de la diversité dans l’État
SHEMS MAARIF -
Dans une contribution récente, l’ancien ministre Mohamed Vall Ould Bellal s’est exprimé sur le débat suscité par un message du président Biram Dah Abeid, relatif aux politiques de recrutement et de nomination dans l’administration publique, à l’occasion de la sortie d’une promotion de magistrats.
Tout en reconnaissant la légalité des concours et leur ouverture à tous les citoyens, Mohamed Vall Ould Bellal souligne que la conformité à la loi ne garantit pas toujours l’équité. Il invoque à ce propos un proverbe hassaniya selon lequel « le droit autorise parfois ce que la sagesse réprouve ».
Selon l’ancien ministre, le problème ne relève ni du racisme ni de la discrimination, mais découle du modèle de l’État unitaire centralisé de type jacobin, fondé sur une conception abstraite de la citoyenneté qui ignore les réalités sociales et culturelles. Ce modèle, estime-t-il, génère une tension persistante entre unité nationale et diversité.
Malgré les avancées constitutionnelles, notamment la reconnaissance de quatre langues, il déplore l’absence de mécanismes institutionnels garantissant une représentation équitable des différentes composantes sociales au sein de l’État. Une situation qui, selon lui, peut fragiliser la cohésion nationale et nourrir un sentiment d’exclusion.
Mohamed Vall Ould Bellal appelle ainsi à une évolution du système, en privilégiant la représentation plutôt que les quotas, afin que l’administration publique reflète la diversité sociale, culturelle et régionale du pays, tout en respectant les critères de compétence.
En conclusion, l’ancien ministre rappelle que l’unité nationale ne se décrète pas par la loi, mais se construit par un engagement collectif en faveur du vivre-ensemble, qu’il qualifie de « nécessité et non de simple option ».