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13-01-2026

13:51

La Somalie annule tous ses accords avec les Emirats arabes unis, sur fond de tensions liées à la reconnaissance par Israël du Somaliland

LE MONDE AFRIQUE - Les Emirats sont perçus par de nombreux experts comme étant derrière la reconnaissance par Israël de la république autoproclamée du Somaliland, territoire sur lequel Mogadiscio revendique sa souveraineté.

La Somalie a annoncé annuler, lundi 12 janvier, tous les accords conclus avec les Emirats arabes unis (EAU). Une décision qui survient deux semaines après la reconnaissance par Israël du Somaliland et après de récentes informations selon lesquelles les Emiratis auraient utilisé le territoire somalien pour aider un séparatiste yéménite à fuir son pays.

« Après avoir soigneusement évalué les récents développements et exerçant son autorité constitutionnelle, le conseil des ministres a annulé tous les accords conclus avec les Emirats arabes unis », peut-on lire dans un communiqué gouvernemental reçu par l’Agence France-Presse (AFP).

La décision d’annulation inclut « les accords bilatéraux de coopération en matière de sécurité et de défense », selon le texte, mais aussi ceux signés avec les administrations régionales. Elle « repose sur des rapports crédibles et des preuves convaincantes concernant des actions hostiles sapant la souveraineté nationale, l’unité territoriale et l’indépendance politique du pays », affirme le conseil des ministres.

« Les Emirats ont continué d’interférer dans les affaires intérieures de la Somalie et se sont livrés à des actes de mauvaise conduite et à une politique de double discours en Somalie », a commenté, sans plus de détail, un haut responsable du palais présidentiel interrogé par l’AFP.

Sont également concernés le port de Berbera au Somaliland, propriété d’un groupe émirati, ainsi que ceux de Bossasso (au Puntland, nord-est de la Somalie) et de Kismaayo (au Jubaland, sud-ouest), précise le texte.

Situé au nord-ouest de la Somalie, l’Etat séparatiste du Somaliland représente plus d’un quart de ce que l’Etat fédéral somalien considère comme étant son territoire. Quant au Puntland et au Jubaland, ils ont des relations compliquées avec le gouvernement fédéral.

Les Emirats n’ont pas condamné Israël

Les EAU sont perçus par de nombreux experts comme étant derrière la reconnaissance par Israël, le 26 décembre, de la république autoproclamée du Somaliland, territoire sur lequel Mogadiscio revendique sa souveraineté. L’Etat hébreu est ainsi devenu le premier pays à reconnaître le Somaliland comme « Etat indépendant et souverain » depuis sa sécession, en 1991, de la Somalie.

La république autoproclamée de 176 000 km2 fonctionne depuis en autonomie, avec ses propres monnaie, armée et police, et se distingue par sa relative stabilité par rapport à la Somalie minée par l’insurrection islamiste des Chabab et les conflits politiques chroniques.

Sa position sur le détroit de Bab Al-Mandab, qui relie la mer Rouge au golfe d’Aden, en fait un territoire stratégique.

Les Emirats arabes unis, cas rare dans le monde musulman, n’ont pas condamné Israël pour sa reconnaissance du Somaliland, contrairement à l’Arabie saoudite.

La coalition dirigée par l’Arabie saoudite au Yémen a également affirmé jeudi que le chef des séparatistes yéménites, soutenus par les EAU, avait été exfiltré à Abou Dhabi, la capitale émiratie, via les ports de Berbera et Mogadiscio. L’agence somalienne de l’immigration a alors déclaré qu’elle enquêtait sur une « utilisation non autorisée présumée de l’espace aérien et des aéroports nationaux de la Somalie ».

Arabie saoudite et Emirats arabes unis, autrefois unis contre les rebelles houthistes au Yémen, se battent désormais par factions interposées. Riyad et Abou Dhabi connaissent aussi de fortes divergences au Soudan.

Le Monde avec AFP





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