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Cri d’alarme d’un député face au naufrage du système de santé
SHEMS MAARIF - L’absence totale d’un appareil de dialyse destiné aux enfants sur l’ensemble du territoire national a été vivement dénoncée par le député Isselkou Ould Bahah, lors d’une séance parlementaire consacrée à l’interpellation du ministre de la Santé, ce jeudi.
S’exprimant devant l’hémicycle, le parlementaire a exprimé son étonnement face à cette situation, alors que le ministère de la Santé bénéficie d’un budget de 927 milliards d’ouguiyas, en plus d’importantes aides et dons extérieurs. Selon lui, cette carence illustre les profondes insuffisances du système de santé publique.
Le député a également dressé un tableau sombre de la prise en charge des personnes âgées et des patients souffrant d’insuffisance rénale, affirmant que leur situation à l’hôpital national et à l’hôpital Cheikh Zayed demeure préoccupante, voire plus grave encore.
Évoquant l’hôpital de la Mère et de l’Enfant, visité récemment par des parlementaires, Isselkou Ould Bahah a indiqué que son budget annuel avoisine les 3,5 milliards d’ouguiyas, dont seulement 430 millions sont assurés par le ministère de la Santé. Il a notamment pointé le manque criant d’équipements, en particulier l’absence d’un appareil d’imagerie par résonance magnétique (IRM), malgré les demandes répétées adressées aux ministres successifs.
Le député a par ailleurs regretté que les avertissements des spécialistes sur les risques des rayonnements du scanner pour les enfants n’aient pas été pris en compte, soulignant la nécessité urgente de doter les structures pédiatriques d’équipements adaptés.
En matière de capacités hospitalières, il a révélé que le pays ne dispose que de dix lits de réanimation pour les femmes et de quatorze lits pour les nouveau-nés, une situation jugée largement insuffisante au regard des besoins croissants.
Enfin, Isselkou Ould Bahah a alerté sur la pénurie d’oxygène dans les hôpitaux, estimant que si cet élément vital n’est pas assuré de façon continue dans les établissements de la capitale, les hôpitaux de l’intérieur du pays sont encore plus durement touchés.