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20-01-2026

19:00

Commerce Maroc-Mauritanie : vers un renforcement des échanges agricoles et logistiques

Agri Maroc -- Les perspectives de renforcement des échanges économiques et commerciaux entre le Maroc et la Mauritanie ont été au cœur des discussions vendredi à Rabat entre le secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur, Omar Hejira, et une délégation du Patronat mauritanien conduite par Mohamed Zeine El Abidine Ould Cheikh Ahmed, président de l’Union nationale du Patronat mauritanien (UNPM).

Cet entretien, tenu en présence du directeur général de l’Administration des douanes et impôts indirects (ADII), Abdellatif Amrani, s’inscrit dans un contexte où les relations économiques entre les deux pays ont connu une croissance significative, portée notamment par une dynamique commerciale et des complémentarités sectorielles.

Selon les chiffres officiels, le volume des échanges commerciaux bilatéraux a atteint 3,3 milliards de dirhams en 2024, soit une progression notable par rapport aux années précédentes, portée principalement par l’augmentation des exportations marocaines vers la Mauritanie.

Ces dernières ont presque doublé depuis 2017, passant de 1,7 milliard à 3,3 milliards de dirhams, tandis que les importations en provenance de la Mauritanie restent marginales, autour de quelques dizaines de millions de dirhams seulement ; un déséquilibre structurel qui illustre la prépondérance du Maroc comme fournisseur sur le marché mauritanien.

Au plan agricole, cette relation commerciale revêt une dimension stratégique. La structure des exportations marocaines vers la Mauritanie inclut des produits frais et transformés tels que légumes frais et surgelés, conserves et préparations de poissons, ainsi que composants industriels comme appareils et fils électriques ; tandis que les importations mauritaniennes vers le Maroc restent concentrées sur des produits de la mer et des textiles.

Ces flux s’inscrivent dans une logique de complémentarité alimentaire : le Maroc, fort de sa production agricole diversifiée malgré les pressions climatiques, alimente un marché mauritanien où l’agriculture plante encore ses premières racines commerciales.

L’un des résultats les plus significatifs de ces entretiens a été l’annonce, pour la première fois en 2026, de l’arrivée de la pastèque mauritanienne sur les marchés marocains, une nouvelle qui pourrait marquer un tournant dans les échanges agroalimentaires entre les deux pays.

Ce développement intervient dans un contexte où la Mauritanie cherche à diversifier et intensifier sa production maraîchère pour répondre à une demande interne croissante et s’ouvrir à l’export. L’accueil de produits mauritaniens sur le marché marocain illustre la volonté d’aller au-delà des seules exportations marocaines vers la Mauritanie, en créant des ponts économiques plus équilibrés.

La facilitation du transit des marchandises via le poste frontière d’El Guerguarat, évoquée par M. Hejira, constitue un enjeu logistique majeur pour l’agriculture mauritanienne, où les contraintes de transport et de conditionnement pèsent sur la compétitivité des produits périssables.

Une collaboration étroite avec les autoroutes, les services logistiques marocains et le port de Tanger Med permettrait de réduire les délais de transit et de garantir la qualité des produits frais exportés vers d’autres marchés régionaux et européens.

Cela rejoint des constats de professionnels du secteur logistique qui soulignent les défis de congestion et de délais pour les marchandises agricoles en transit vers l’Europe, en particulier en période de haute saison.

L’ouverture de Rabat aux propositions visant à réduire le déficit commercial entre les deux pays et à faciliter l’accès des exportations africaines aux marchés européens et mondiaux s’inscrit dans une volonté plus large d’intégration régionale.

Pour le secteur agricole marocain, déjà engagé dans des stratégies d’exportation vers l’Union européenne, notamment pour des produits comme les melons et pastèques, qui représentent une part non négligeable des échanges agroalimentaires internationaux, cet axe témoigne d’une ambition d’élargir les débouchés tout en renforçant les liens commerciaux régionaux.

Historiquement, le commerce agricole marocain avec l’Afrique — dont la Mauritanie — a été marqué par des défis comme les barrières tarifaires ou les ajustements douaniers, qui ont parfois affecté le flux des légumes frais. Certaines mesures mauritaniennes de taxation et de restrictions avaient suscité des tensions, mais elles ont également encouragé Nouakchott à renforcer sa production locale.

La réunion de Rabat marque ainsi une étape importante vers une coopération économique plus solide et durable, en particulier pour les filières agricoles et agroalimentaires, où l’intégration logistique, la facilitation des échanges et l’ouverture des marchés constituent des leviers essentiels de croissance.

Dans un contexte africain de régionalisation croissante et de chaînes de valeur agroalimentaires en évolution, la consolidation des échanges Maroc-Mauritanie peut servir de modèle pour des initiatives économiques plus intégrées, tout en répondant aux besoins des producteurs et des consommateurs des deux pays.

Sources : MAP
Entreprises du Maroc
Hespress



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