15:16
A Jérusalem-Est, Israël démolit le siège l'UNRWA
ONU INFO - La démolition du siège de l'agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) par les forces de sécurité israéliennes avec des bulldozers, mardi, à Jérusalem-Est occupée, a suscité une vive condamnation de la part de l'agence onusienne.
Le chef de l’UNRWA, Philippe Lazzarini, a qualifié cet acte d'« attaque sans précédent » contre l'ONU, dont les locaux sont protégés par le droit international.
La démolition représente « un nouveau niveau de mépris ouvert et délibéré du droit international, y compris des privilèges et immunités des Nations Unies, par l'État d'Israël », a déclaré M. Lazzarini sur le réseau social X.
La même chose pourrait arriver à toute autre organisation ou mission diplomatique, « que ce soit dans le Territoire palestinien occupé ou ailleurs dans le monde », a averti M. Lazzarini. « Cela doit servir d'avertissement », a-t-il souligné.
« Indignation » du chef des droits de l'homme
Faisant écho à ces préoccupations, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Volker Türk, a exprimé son « indignation » face à ce qui marque une escalade des tensions entre les autorités israéliennes et l'UNRWA.
« Cela s'ajoute à ce que nous constatons depuis un certain temps : des attaques contre les organisations humanitaires et les acteurs des Nations Unies qui tentent d'apporter de l'aide », a déclaré Ravina Shamdasani, porte-parole du Haut-Commissaire.
Le 14 janvier, les forces israéliennes sont entrées dans un centre de santé de l'UNRWA à Jérusalem-Est et ont ordonné sa fermeture. Au moment de l'incident, l'agence a indiqué que ses employés étaient « terrifiés ». Dans les semaines à venir, les approvisionnements en eau et en électricité des installations de l'UNRWA devraient être coupés, y compris pour les bâtiments utilisés pour les soins de santé et l'éducation.
Législation anti-UNRWA
« Il s'agit d'une conséquence directe de la législation adoptée par le Parlement israélien en décembre, qui a renforcé les lois anti-UNRWA existantes adoptées en 2024 », a déclaré M. Lazzarini.
Auparavant, les locaux de l'UNRWA avaient été la cible de pyromanes dans le cadre d'une « campagne de désinformation à grande échelle » menée par Israël, a affirmé le chef de l'agence onusienne.
Cela s'est produit malgré une décision rendue en octobre dernier par la plus haute juridiction des Nations Unies, la Cour internationale de Justice (CIJ), qui a réaffirmé qu'Israël était tenu « de faciliter les opérations de l'UNRWA, et non de les entraver ou de les empêcher ».
La Cour a également souligné qu'Israël n'avait aucune compétence sur Jérusalem-Est », a noté M. Lazzarini. « Le droit international est de plus en plus bafoué depuis trop longtemps et risque de perdre toute pertinence en l'absence de réaction des États membres ».
L’expansion des colonies continue
De son côté, le Bureau des droits de l’homme de l’ONU dans les Territoires palestiniens occupés (TPO) a déploré mardi la poursuite de l’expansion illégale des colonies dans la zone E1, au nord-est de Jérusalem, menaçant la continuité territoriale et démographique palestinienne entre Jérusalem-Est, Ramallah et Bethléem.
« Dans toute la Cisjordanie occupée, nous assistons à des taux sans précédent de déplacements forcés, de saisies de terres, de violences commises par les colons et d’expansion des colonies, ce qui renforce encore l’annexion et entrave le droit des Palestiniens à l’autodétermination », a déclaré dans un communiqué, Ajith Sunghay, Représentant dans les TPO du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH).
Ces pratiques s’inscrivent dans une stratégie déclarée par Israël pour renforcer son contrôle sur la Cisjordanie, a-t-il dit, rappelant que cette politique a été condamnée par la CIJ en juillet 2024.
Chassés du bassin de la vieille ville
Malgré cette condamnation internationale, les tribunaux israéliens ont continué à valider les expulsions sur le terrain.
Cette tendance se poursuit aujourd’hui avec de nouvelles expulsions imminentes à Silwan, un quartier de Jérusalem-Est. La semaine dernière, les autorités israéliennes ont remis des avis d’expulsion définitifs à 32 ménages, rendant imminente la déportation de 250 Palestiniens.
Les expulsions entraînent généralement le transfert des maisons palestiniennes à des colons israéliens, affaiblissant encore la présence palestinienne autour de la vieille ville.
Le 10 décembre, Israël a publié des appels d’offres pour plus de 3.400 logements dans la zone E1. Le 8 janvier, l’annonce d’une route destinée à détourner le trafic palestinien, tout en réservant la route principale 1 aux Israéliens, complique encore l’accès à E1.
L’effet cumulatif de ces mesures fragmenterait Jérusalem-Est, renforcerait la ségrégation et forcerait le déplacement de 18 communautés. « La communauté internationale doit agir pour mettre fin à ces violations et protéger les droits des Palestiniens », a insisté Ajith Sunghay.