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21-01-2026

07:12

Riyad ferme sur le protocole, Nouakchott sans crise : les dessous d’une accréditation avortée

POINTS CHAUDS - Le dossier de la représentation diplomatique mauritanienne au Royaume d’Arabie saoudite connaît une situation singulière, après l’échec de l’accréditation de Mokhtar Ould Dahi en tant qu’ambassadeur, alors même qu’il a exercé pendant un certain temps depuis les locaux de l’ambassade à Riyad sans que les procédures diplomatiques requises ne soient pleinement achevées.

Selon des informations circulant dans des cercles bien informés, Ould Dahi ne bénéficie toujours pas du statut officiel lui permettant d’exercer ses fonctions en qualité d’ambassadeur accrédité. La poursuite de sa présence à son poste a toutefois créé une forme de flou administratif, conduisant à un traitement prudent du dossier dans l’attente d’un règlement définitif mettant fin à cette situation inédite.

Les mêmes sources indiquent que des tentatives informelles ont été menées pour dépasser cet obstacle, à travers des démarches sociales et des contacts parallèles. Néanmoins, l’approche saoudienne en la matière repose sur un respect strict des usages diplomatiques et sur le refus de toute tentative d’imposer un fait accompli en dehors des canaux officiels.

Parallèlement, une activité médiatique soutenue de la part de Mokhtar Ould Dahi a été observée, marquée par des éloges publics à l’égard du Royaume et de ses politiques. Des sources proches des cercles décisionnels estiment toutefois que cette méthode ne correspond pas à la doctrine diplomatique saoudienne, laquelle privilégie un travail discret, éloigné des projecteurs, en accordant une importance particulière au parcours professionnel et au respect rigoureux du protocole.

Le refus d’accréditation de Mokhtar Ould Dahi n’est pas le premier cas du genre sous la présidence de Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani. Les autorités saoudiennes avaient déjà décliné l’agrément d’Abdallah Ould Kebde en tant qu’ambassadeur de Mauritanie à Riyad, après que son nom eut été cité dans ce qui fut médiatiquement qualifié de scandale du « Qatar Gate ». Cette affaire avait directement compromis ses chances d’acceptation et conduit au retrait de sa candidature.

Ces deux épisodes illustrent la rigueur de Riyad dans l’application de ses critères d’acceptation des ambassadeurs, en particulier lorsque des soupçons politiques ou des dossiers sensibles sont susceptibles de porter atteinte à l’image de la représentation diplomatique.

Malgré ces complications de nature essentiellement protocolaire, des recoupements d’informations confirment que les relations entre Nouakchott et Riyad demeurent solides et stables, sans aucune crise diplomatique ni refroidissement politique.

La coopération bilatérale se poursuit dans plusieurs domaines et la coordination reste active à différents niveaux, ce qui démontre que le refus d’accréditation de certaines personnalités relève d’une question strictement procédurale, sans incidence sur la qualité des relations entre les deux pays.

Entre la fermeté saoudienne dans l’application des normes et la volonté mauritanienne d’éviter des situations embarrassantes à répétition, la solution semble résider dans le choix d’une représentation diplomatique faisant l’objet d’un consensus et d’une acceptation pleine et entière, à même de refléter la solidité des relations entre les deux capitales, à l’abri de toute ambiguïté.

Moulaye





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