14:19
Mohamed El Amine Othmane Seck : le désengagement d’un militant face aux dérives du combat des droits humains
LE QUOTIDIEN DE NOUAKCHOTT -
Après de longues années d’engagement dans la défense des droits humains, Mohamed El Amine Othmane Seck a rendu public un communiqué empreint de gravité et de lucidité, dans lequel il annonce son retrait définitif de toute affiliation à des mouvements ou partis politiques.
Un choix qu’il décrit comme douloureux mais nécessaire, au nom de la cohérence morale, de la fidélité à ses convictions et de la préservation de l’intérêt national.
Dans son texte adressé à l’opinion publique nationale, le militant revient sur un parcours marqué par le sacrifice, l’isolement et les désillusions.
Il rappelle avoir toujours considéré la lutte pour la dignité humaine et la justice comme un engagement éthique, et non comme un tremplin personnel ou un moyen d’accéder à des privilèges. Une précision lourde de sens dans un contexte où, selon lui, le militantisme a parfois été vidé de sa substance.
Mohamed El Amine Othmane Seck déplore en effet que certains acteurs aient instrumentalisé le combat des droits humains à des fins étroites, transformant une cause collective en outil de promotion individuelle. Une dérive qu’il juge contraire à l’essence même du militantisme et qui, selon ses mots, a profondément affecté la crédibilité du mouvement des droits humains.
Le militant souligne également la solitude qu’il a souvent éprouvée dans les moments décisifs, lorsque la fermeté des principes exigeait courage et constance, alors que d’autres choisissaient le silence ou la compromission. Cette marginalisation, assumée mais douloureuse, constitue l’un des fils conducteurs de son témoignage.
Au cœur de son annonce figure une prise de distance claire avec certaines organisations, notamment la mouvance IRA, qu’il cite explicitement. Mohamed El Amine Othmane Seck affirme avoir longtemps gardé le silence sur les préjudices subis, par souci de préserver les points communs dans la lutte. Mais face à ce qu’il décrit comme des reniements répétés et un manque de solidarité dans les moments difficiles, il estime que le maintien de ces liens n’est plus justifiable.
Son retrait ne signifie toutefois ni renoncement ni abandon. Il insiste sur le fait qu’il continuera à défendre les droits humains en tant que citoyen libre, sans tutelle organisationnelle ni calcul politique. Une posture qu’il revendique comme plus fidèle à l’esprit originel de son engagement.
Le communiqué prend également un ton profondément humain lorsque le militant exprime sa gratitude envers les personnes et institutions qui l’ont soutenu durant des périodes de grave fragilité sanitaire, notamment en facilitant son accès aux soins. Pour lui, cette solidarité constitue la preuve que les valeurs d’entraide et d’humanité subsistent, malgré les déceptions.
En conclusion, Mohamed El Amine Othmane Seck réaffirme son attachement indéfectible à la justice, à la dignité humaine et à l’unité nationale, qu’il place au-dessus de toute considération partisane. Son départ des cadres organisationnels apparaît ainsi moins comme une rupture que comme une tentative de sauvegarder l’essentiel : les principes, loin des récupérations et des instrumentalisation politiques.
Un texte rare, à la fois intime et politique, qui interroge l’état du militantisme des droits humains et pose une question fondamentale : comment préserver la pureté des causes justes dans un environnement marqué par les intérêts, les calculs et les renoncements.