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21-01-2026

19:00

Finalement, c’est de l’ordre mondial de Monsieur Trump qu’il s’agit !

Sidi El Moctar Taleb Hamme -- Dans Horizons du 06 mars 2000, j’avais écrit « à travers la mondialisation, la volonté des grandes puissances sera plus évidente à imposer au reste du monde une globalisation des systèmes politique, économique, culturel, social et même spirituel, ce qui voudrait dire la généralisation d’un modèle unique de pensée, d’action et de réussite ».

A l’occasion de l’Expo 2000 de Hanovre/Allemagne, j’avais précisé « pour restituer à l’homme son humanité, le premier pas à franchir dans ce sens serait la détermination du contenu du Nouvel Ordre Mondial en tant que projet universel de société ou projet de société universelle.

Ceci serait possible à travers une réforme profonde des missions et tâches de l’ONU et ses organes subsidiaires, du statut et de la composition des membres permanents du Conseil de Sécurité en particulier ainsi que la révision du contenu des conventions, des protocoles et accords à portée internationale ».

En 2011, l’écrit intitulé la roue tourne : les maîtres de l’Impérialisme angoissés

(http://www.cridem.org/C_Info.php?article=58978), avait dévoilé le vrai mobile des pays civilisés de race blanche, pour aller « apporter la civilisation à des races inférieures ». Cette colonisation, était une forme de l’impérialisme qui est, lui, « la politique d'un pays qui cherche à conserver ou à étendre sa domination sur d'autres peuples ou d'autres territoires ». Il exprime également l’inquiétude de voir ce genre de système, revenir de manière maquillée ou vulgaire et flagrante.

« Le printemps arabe et la théorie de succession des cycles » et « les jérémiades des humains du 21eme siècle », étaient d’autres cris d‘alarme qui furent lancé en 2012 pour attirer l’attention sur les profondes mutations qui s’opèrent et qui risquent fort de changer radicalement l’avenir de l’humanité tout entière (http://www.cridem.org/C_Info.php?article=59620).

En somme, le système international que j’ai décrit dans plus de dix articles publiés dans les médias et que j’ai tant redouté et craint, semble s’agir finalement de la vision de Monsieur Trump au sujet de ce que doit être dorénavant le nouvel ordre mondial.

En effet, depuis son retour à la Maison Blanche, Monsieur le Président Trump ne cesse d’annoncer, à travers ses décisions et sa manière de gouverner, l’émergence d’un nouvel ordre mondial inspiré, entre autres, du philosophe Thomas Hobbes.

Pour ce leader nationaliste d’extrême droite, la suprématie est désormais aux « Supergrands », auxquels tentent de s’accrocher « les Grands pays » et « les Autres » qui, eux, espèrent encore maintenir leur domination impérialiste sur leurs anciennes zones d’influences par le biais d’une redynamisation du droit international et des valeurs démocratiques et humanistes, bref des objectifs pour lesquels l’ONU a été créée au lendemain de la deuxième guerre mondiale.

La réponse de Monsieur Trump à ces rêveurs crédules et naïfs, est claire. C’est fini l’ère de coloniser sous prétexte de civiliser, de faire gouverner les pays par des traitres nationaux, de diriger à distance des pays apparemment indépendants grâce (i) aux institutions de Bretons Wood (BM et FMI), (ii) à ce qu’on appelait les nouvelles technologies de l’Information et de la Communication (NTIC) et enfin, (iii) à la dissuasion et la vente de la peur.

Monsieur Trump est pragmatique. Il constate, à travers une lecture rapide du processus historique de la marche du monde, que les peuples ont aujourd’hui découvert les revers des concepts de ‘’démocratie’’, de ‘’mondialisation’’ et de ‘’colonisation à distance’’, notamment en ce qui concerne l’universalisation des valeurs de l’Occident, la dilution de la souveraineté nationale, la muabilité des frontières et le droit ou l’auto autorisation des puissances étrangères quant à accéder aux opportunités existantes dans le reste du monde (colonisation et mondialisation).

Ce leader franc et direct, soutient à haute voix qu’il ne dit que ce que les autres impérialistes pensent et ne fait que ce que ces derniers avaient souplement fait dans le passé et envisagent, aujourd’hui, se préparer pour s’octroyer une place sur le nouvel échiquier que Monsieur Trump se presse d’imposer, comme fait accompli, à eux, et au reste du monde.

Est éligible au club des ‘’Supergrands’’, tout pays ayant une force de frappe militaire comme les USA et disposant de bases militaires déjà installées dans les zones les plus stratégiques de la planète et non loin des principales voies maritimes et des pays détenteurs d’importantes sources d’énergie et de métaux rares ou de fabricants des semi-conducteurs.

Ce club, fort d’une crise morale et éthique généralisée et acceptée, va agir sous le slogan « tout est permis au nom de la sécurité/souveraineté nationale », concept dont le vrai sens et les vrais contours dans l’espace devront se préciser au fur et à mesure que l’on mette en application.

A mon humble avis, personne ne peut contester à Monsieur Trump, comme s’est-il passé dernièrement pour le Prix Nobel de la Paix, d’être le Chef de ce club en constitution. L’Homme mérite ce poste pour sa franchise dans les discours et son courage d’avoir agi au Venezuela pour donner du crédit aux menaces qu’il distribue directement aux dirigeants des pays dans son viseur et brandit çà et là dans le reste du monde.

Pour justifier davantage sa politique anti-migration, il faudra s’attendre à ce que le Président Trump catégorise ses compatriotes en (i) Américains blancs européens et selon la date d’arrivée des ancêtres et le pays d’origine, (ii) les descendants d’immigrés appartenant à d’autres nations et (iii) les Autochtones.

La confiscation des avoirs des pays tiers sur le sol américain (biens volés aux concitoyens) et la nationalisation des grandes sociétés concurrentes qui opèrent aux Etats Unis, feront certainement partie des décisions à venir.

Par ailleurs, balayer d’un revers de main les fondements ayant jusqu’ici régi les relations internationales et le sens de l’Etat de droit pour faire émerger, avec la force, une Amérique encore plus grande, pourrait créer un microclimat favorable au développent de germes pouvant éventuellement conduire à l’échec de la politique entreprise, à la guerre civile, ou à la dislocation de l’Etat Fédéral.

Attention, il ne s’agit pas là des prophéties de Nostradamus ou de la vieille bulgare Baba Vanga !

Dr Sidi El Moctar TALEB HAMME



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